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	<title> G&#233;riatrie, soins palliatifs - Michel Cavey </title>
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	<description>Pratiquer la m&#233;decine g&#233;riatrique, c'est se confronter tous les jours avec des humains qui vivent leurs derniers temps. On ne peut pas faire ce m&#233;tier sans se questionner, non seulement sur la mort mais plus largement sur le sens m&#234;me de l'existence. Que valent ces r&#233;flexions ? Je ne sais pas. En voici quelques-unes, juste pour les partager.</description>
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		<title> G&#233;riatrie, soins palliatifs - Michel Cavey </title>
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		<title>Un Village Alzheimer</title>
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		<dc:date>2020-08-07T10:45:31Z</dc:date>
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		<dc:creator>Michel</dc:creator>



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&lt;p&gt;Ces derniers jours &#224; la t&#233;l&#233;vision on a pu voir un reportage sur un village Alzheimer. Il s'agit de l'aboutissement d'un projet visant &#224; cr&#233;er une maison de retraite sp&#233;cialement con&#231;ue pour accueillir des d&#233;ments. &lt;br class='autobr' /&gt;
En soi le projet n'est pas radicalement nouveau : cela fait bien des ann&#233;es qu'on travaille, avec des projets et des r&#233;sultats plus ou moins convaincants, sur la mani&#232;re dont l'architecture pourrait aider &#224; la prise en charge de ces malades. Et des exp&#233;rimentations en ce sens ont &#233;t&#233; men&#233;es &#224; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Organisation g&#233;riatrique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces derniers jours &#224; la t&#233;l&#233;vision on a pu voir un reportage sur un village Alzheimer. Il s'agit de l'aboutissement d'un projet visant &#224; cr&#233;er une maison de retraite sp&#233;cialement con&#231;ue pour accueillir des d&#233;ments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En soi le projet n'est pas radicalement nouveau : cela fait bien des ann&#233;es qu'on travaille, avec des projets et des r&#233;sultats plus ou moins convaincants, sur la mani&#232;re dont l'architecture pourrait aider &#224; la prise en charge de ces malades. Et des exp&#233;rimentations en ce sens ont &#233;t&#233; men&#233;es &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vais certainement pas ici analyser une proposition dont je ne sais rien d'autre que ce qu'on pouvait trouver dans ce reportage. Encore moins la critiquer, d'autant que les choses se passent &#224; Dax ; pour avoir eu l'occasion (m&#234;me si cela fait maintenant bien longtemps) de fr&#244;ler l'&#233;quipe g&#233;riatrique de Dax, j'en connais la grande valeur. Non. Ce qui m'int&#233;resse ici c'est l'id&#233;e que le t&#233;l&#233;spectateur a pu se faire de l'op&#233;ration, c'est l'imaginaire de la d&#233;mence. Je vais donc parler beaucoup moins du projet que de son soubassement, et plus encore peut-&#234;tre du reportage. C'est important, car quand nous consid&#233;rons la d&#233;mence l'une des principales difficult&#233;s auxquelles nous nous heurtons est bien la fantasmatique ; ou la fantasmagorie : mettons un journaliste devant le projet, et demandons-nous ce qui l'a frapp&#233;, lui qui ne conna&#238;t de la d&#233;mence que ce que le grand public en conna&#238;t. Pour le projet lui-m&#234;me on pourra se reporter &#224; &lt;a href=&#034;https://villagealzheimer.landes.fr/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;https://villagealzheimer.landes.fr/&lt;/a&gt;. Je ne ferai sur lui que des remarques th&#233;oriques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet me semble au croisement de deux d&#233;marches d&#233;j&#224; anciennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233; on constate que la mani&#232;re dont les maisons de retraite classiques ont &#233;t&#233; con&#231;ues n'est pas adapt&#233;e aux besoins de d&#233;ments. L'exemple classique est la d&#233;ambulation : on sait que dans la d&#233;mence de type Alzheimer il y a une forme dans laquelle le malade &#233;prouve le besoin irr&#233;pressible de marcher. Il est toujours catastrophique d'essayer de l'en emp&#234;cher : s'il doit marcher il faut qu'il marche. Encore faut-il que les lieux s'y pr&#234;tent, faute de quoi le d&#233;ment d&#233;ambulant n'aura d'autre ressource que d'errer de chambre en chambre, avec les cons&#233;quences sociales qu'on conna&#238;t bien, ou de chercher &#224; sortir de l'&#233;tablissement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Le &#171; d&#233;ment qui fugue &#187; ne fugue pas : il a besoin de marcher, donc il marche (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce qui implique des restrictions de libert&#233; sur lesquelles je reviendrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233; on a vu &#233;clore ces derni&#232;res ann&#233;es un nombre (assez limit&#233;) de projets visant &#224; cr&#233;er des communaut&#233;s de vie de personnes &#226;g&#233;es : quelle est l'organisation minimale n&#233;cessaire ? L'exemple le plus caract&#233;ristique aura &#233;t&#233; sans doute le projet des Baba Yagas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='https://www.independanceroyale.com/fr/la-maison-des-babayagas' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; je ne le connais pas davantage que le projet landais ; simplement j'ai toujours &#233;t&#233; fascin&#233; par le fait que ce projet, qui est tr&#232;s attirant et semble frapp&#233; au coin du bon sens, fait l'impasse sur ce qui va se passer &#224; mesure que la d&#233;pendance des participants ira croissant ; de mani&#232;re tr&#232;s r&#233;ductrice je serais tent&#233; de dire en somme que le projet des Baba Yagas est parfaitement adapt&#233; aux vieilles personnes qui n'en ont pas besoin ; mais ce serait tr&#232;s injuste, bien s&#251;r, et le projet a toute sa pertinence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES MAISONS DE RETRAITE :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci nous renvoie &#224; notre conception m&#234;me des maisons de retraite. Je m'obstine &#224; parler de &#171; maisons de retraite &#187; parce que je me m&#233;fie toujours autant des innovations s&#233;mantiques qui ne changent en rien la nature de ce qu'on fait. Il y a eu d'abord l'hospice, puis l'asile de vieillards, qui existaient principalement pour des raisons socio-&#233;conomiques : on y accueillait surtout les n&#233;cessiteux ; puis on est pass&#233; &#224; la maison de retraite, &#224; mesure que la situation &#233;conomique du troisi&#232;me &#226;ge s'am&#233;liorait (car elle s'est am&#233;lior&#233;e). Mais il y a toujours eu un probl&#232;me : m&#234;me renomm&#233;es ainsi on n'a jamais su inventer des maisons de retraite o&#249; les vieilles personnes viendraient avec plaisir ; l'immense majorit&#233; des r&#233;sidents de maison de retraite sont l&#224; parce qu'ils ne pouvaient plus faire autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Banalit&#233;, dira-t-on : qui de nous ne pr&#233;f&#233;rerait cent fois rester dans son domicile ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute. Pour ce qui me concerne, en tout cas, c'est &#233;vident, au point que j'ai &#233;crit dans mes directives anticip&#233;es : &lt;i&gt;il y aurait lieu de consid&#233;rer la situation comme palliative (&#8230;) si l'alt&#233;ration de mes fonctions cognitives imposait que je sois admis en maison de retraite&lt;/i&gt;. Mais&#8230; cela suffit-il ? Ce que j'ai &#233;crit sexag&#233;naire en pleine possession de mes moyens, l'&#233;crirais-je vingt ans plus tard veuf et perdant les moyens de jouer de la musique et d'entretenir (fort mal) mon jardin ? Ce n'est pas s&#251;r, m&#234;me si je ne sais pas l'imaginer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='appendix' title='Tout comme je ne sais pas comprendre comment certains de mes amis (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Allons plus loin : ce que je pense n'a pas lieu d'&#234;tre &#233;rig&#233; en norme, et rien ne nous permet de dire que, si les conditions s'y pr&#234;taient, certains ne choisiraient pas de vivre en collectivit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='appendix' title='L'aventure des Baba Yagas montre pr&#233;cis&#233;ment que les choses ne sont pas si (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me est que cette id&#233;e que tout le monde souhaite vivre &#224; domicile le plus longtemps possible est devenue une &lt;i&gt;doxa&lt;/i&gt; qu'on ne se donne pas la peine de v&#233;rifier. On a commis la m&#234;me erreur en r&#233;p&#233;tant jusqu'il y a peu que &#171; tous les humains ont toujours voulu vivre le plus longtemps possible et &#224; n'importe quel prix &#187;, alors qu'il suffit de conna&#238;tre un tant soit peu l'histoire des civilisations, ou de c&#244;toyer quelques malades en fin de vie, pour s'apercevoir qu'il n'en est rien. Mais c'est la &lt;i&gt;doxa&lt;/i&gt;, et cela a de multiples cons&#233;quences. Par exemple : &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La vieille personne, soucieuse qu'elle est de se conformer &#224; l'image que ses enfants attendent d'elle, ne s'autorise que rarement &#224; dire qu'elle &lt;i&gt;veut&lt;/i&gt; aller en maison de retraite. Il est vrai que quand elle le dit on ne l'&#233;coute pas. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Du coup, puisque cela ne peut pas &#234;tre un projet positif, elle arrive en institution quand il n'est vraiment pas possible de faire autrement ; elle y arrive affaiblie, diminu&#233;e, et cela ne fait que majorer, le mot est faible, ses difficult&#233;s d'adaptation ; quiconque a assist&#233; &#224; l'&#233;laboration d'un &lt;i&gt;projet de vie&lt;/i&gt;, tel qu'il est obligatoire d'en dresser un &#224; l'entr&#233;e en maison de retraite, en conna&#238;t le caract&#232;re path&#233;tique.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Il est probable que cela inhibe l'ambition des concepteurs de maisons de retraite, qui n'osent pas imaginer des lieux de vie dignes de ce nom. La maison de retraite n'est rien d'autre qu'une derni&#232;re demeure (ou un mouroir, si on tient &#224; cette ignoble, injuste et m&#233;prisante appellation : la maison de retraite que j'ai dirig&#233;e &#233;tait un lieu o&#249; on venait mourir ; j'ai &#233;t&#233; tr&#232;s fier de ce que j'ai accompli dans ce mouroir). &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Un sous-exemple de cette &lt;i&gt;doxa&lt;/i&gt; est particuli&#232;rement frappant : quand on b&#226;tit une nouvelle maison de retraite il va de soi qu'on doit pr&#233;voir une &#233;crasante majorit&#233; de chambres individuelles. Je me suis toujours demand&#233; si on a pens&#233; &#224; demander aux int&#233;ress&#233;s ce qu'ils en pensent r&#233;ellement (&#233;tant entendu que, soumises elles-m&#234;mes &#224; cette &lt;i&gt;doxa&lt;/i&gt;, les vieilles personnes ne vont pas forc&#233;ment admettre qu'en r&#233;alit&#233; elles souhaiteraient avoir de la compagnie).
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Etc. Le grand Lucien Mias&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='appendix' title='https://www.agevillage.com/actualite-6758-1-un-entretien-exclusif-avec-lucie (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui a tant fait pour l'invention du prendre soin en g&#233;riatrie, r&#233;p&#232;te volontiers que pour une vieille personne, m&#234;me encore valide, isol&#233;e &#224; son domicile avec le minimum vieillesse et sa t&#233;l&#233;vision pour seule compagnie, il y a des alternatives simples &#224; inventer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Passons, d'ailleurs je n'en sais rien. Ce qui en revanche est certain c'est que, s'adressant par hypoth&#232;se &#224; des personnes qui n'en peuvent plus, la question de la d&#233;pendance est devenue centrale dans la prise en charge. Or s'il est une &#233;vidence en g&#233;riatrie c'est que prise isol&#233;ment la d&#233;pendance n'a pas de sens : la d&#233;pendance est toujours la cons&#233;quence de la maladie, et c'est pour de seules raisons comptables qu'on a choisi d'isoler, dans le financement des s&#233;jours en maison de retraite, la partie h&#233;bergement qui est &#224; la charge de la personne (ou de l'aide sociale), la partie soins qui est &#224; la charge de l'Assurance-maladie, et la partie d&#233;pendance qui rel&#232;ve du D&#233;partement. Dans les faits les trois sont inextricablement li&#233;s, mais il s'agissait bel et bien d'all&#233;ger le poids de la partie soins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cons&#233;quence a &#233;t&#233; au moins quadruple :
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Les maisons de retraite ont &#233;t&#233; pri&#233;es de se conformer &#224; un mod&#232;le hospitalier, avec une forte proportion d'infirmi&#232;res et d'aides-soignantes (curieusement, pour les m&#233;decins c'est plus difficile) ; le symbole en est l'invasion des blouses blanches l&#224; o&#249; pourtant elles n'ont que faire. Et c'est si ancr&#233; qu'on tombe des nues quand un Directeur un peu plus avis&#233; que les autres propose et obtient de ses &#233;quipes qu'elles travaillent en tenue de ville&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='appendix' title='Alors que rien en pratique ne s'y oppose, pourvu que l'&#201;tablissement les (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Pour les familles, cela permettait d'entretenir l'illusion (illusion n&#233;cessaire si on veut continuer &#224; m&#233;conna&#238;tre la mort qui r&#244;de) que si leur proche est en maison de retraite ce n'est pas parce qu'il vieillit mais parce qu'il est malade. Pendant les derni&#232;res ann&#233;es de mon activit&#233;, quand j'envisageais pour un patient une entr&#233;e en institution la remarque qui venait immanquablement &#233;tait : &#171; Oui, Docteur, mais alors une maison de retraite m&#233;dicalis&#233;e &#187;. Je n'ai jamais trouv&#233; de texte d&#233;finissant ce qu'&#233;tait une maison de retraite &lt;i&gt;m&#233;dicalis&#233;e&lt;/i&gt; par rapport &#224; une autre qui ne l'aurait pas &#233;t&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Comme il n'y avait pas de limite claire, encore moins de limite respect&#233;e, entre les malades qui pouvaient aller en maison de retraite et ceux qui relevaient d'une entr&#233;e en service de long s&#233;jour (les Unit&#233;s de Soins de Longue Dur&#233;e), on a envoy&#233; en maison de retraite (et cela continue) des vieilles personnes qu'elles ne sont pas en mesure d'assumer. C'est ainsi que les indiscutables avanc&#233;es du &lt;i&gt;Plan Solidarit&#233;-Grand &#226;ge 2007-2012&lt;/i&gt;, obtenues sous l'impulsion de Val&#233;rie L&#233;tard, ont &#233;t&#233; rapidement r&#233;duites &#224; n&#233;ant par l'alourdissement des prises en charge.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Et bien entendu l'autorit&#233; de tutelle en a profit&#233; pour r&#233;duire l'offre de soins en long s&#233;jour, qui &#233;tait pourtant la place de ces malades. Le massacre a &#233;t&#233; terrible : on va r&#233;p&#233;tant que la France a ferm&#233; des dizaines de milliers de lits d'hospitalisation ; on oublie de dire que plus de la moiti&#233; &#233;taient des lits de long s&#233;jour&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='appendix' title='https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/es2019.pdf' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans le droit fil de cette &#233;volution que sont n&#233;s les EHPAD : &#233;tablissements d'h&#233;bergement pour personnes &#226;g&#233;es d&#233;pendantes. On ne se m&#233;fie jamais assez des acronymes. Il y aurait lieu de m&#233;diter chaque lettre de ce vocable. Passons. Ce qui est clair en revanche c'est que : &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La maison de retraite dispara&#238;t au profit d'une structure aussi impersonnelle que les c&#233;achus.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Dans laquelle on n'entre que dans la mesure o&#249; on est &#226;g&#233; et d&#233;pendant : on exclut donc de travailler sur l'accueil des personnes qui voudraient vivre en collectivit&#233; pour d'autres motifs.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La fronti&#232;re entre maison de retraite et long s&#233;jour s'estompe de plus en plus. Ce qui ne serait pas sans int&#233;r&#234;t, car &#224; bien le consid&#233;rer le long s&#233;jour a quelque chose d'un peu monstrueux, dans lequel il est bien difficile d'&#233;laborer un projet de vie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb8' class='spip_note' rel='appendix' title='Je n'ai d'ailleurs jamais su quel est le statut juridique exact d'un patient (...)' id='nh8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais cela suppose que les moyens ad&#233;quats soient attribu&#233;s au secteur des EHPAD. Et cela fait planer un danger auquel on ne r&#233;fl&#233;chit pas assez : il faut faire quelque chose pour que les longs s&#233;jours deviennent davantage des lieux de vie se rapprochant des maisons de retraite ; le risque est de faire que les maisons de retraite deviennent des longs s&#233;jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons &#224; notre sujet, dont je vois bien que, incorrigible, je me suis beaucoup &#233;loign&#233;. Que voyons-nous dans le reportage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb9' class='spip_note' rel='appendix' title='Redisons-le : je ne suis pas all&#233; sur place, et je ne connais pas le projet. (...)' id='nh9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE VILLAGE ALZHEIMER &lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re chose qu'on nous dit est qu'il s'agit d'un &lt;i&gt;village Alzheimer&lt;/i&gt;. Ce d&#233;tail est d'une &#233;norme importance. Car on ne parle pas de d&#233;mence. Ne revenons pas sur le d&#233;bat s&#233;mantique autour du mot &lt;i&gt;d&#233;mence&lt;/i&gt;, qui r&#233;pugne &#224; cause de ses connotations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb10' class='spip_note' rel='appendix' title='J'ai dit ailleurs qu'il vaudrait mieux travailler sur les repr&#233;sentations que (...)' id='nh10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; il s'agit de savoir si on veut r&#233;unir des personnes atteintes de maladie d'Alzheimer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb11' class='spip_note' rel='appendix' title='N'insistons pas davantage sur ce que je soutiens : par d&#233;finition la maladie (...)' id='nh11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou d'une d&#233;mence. Ce n'est pas un d&#233;tail : la maladie d'Alzheimer est une maladie dont la d&#233;mence est le r&#233;sultat &#233;volutif le plus fr&#233;quent ; encore faut-il pour que la d&#233;mence survienne que la maladie s'aggrave, et que le sujet ne d&#233;c&#232;de pas avant. Beaucoup de sujets atteints de malade d'Alzheimer ne feront jamais de d&#233;mence, et beaucoup de d&#233;ments n'ont pas la maladie d'Alzheimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question sous-jacente est de savoir quel est le stade &#233;volutif des r&#233;sidents admis dans le village : si ce sont des malades atteints de formes l&#233;g&#232;res ou mod&#233;r&#233;es, c'est un projet ; s'il s'agit de d&#233;ments c'en est un autre. Du coup viennent plusieurs questions :
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Aurait-il &#233;t&#233; possible de les maintenir &#224; domicile ? Et qui a pris la d&#233;cision de les institutionnaliser ? Comment cela s'est-il pass&#233; ? Cette admission r&#233;pond-elle &#224; leur d&#233;sir ou &#224; celui de leur entourage ? Que validerait-on en les institutionnalisant somme toute trop t&#244;t ? &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Que se passerait-il quand, la maladie &#233;voluant, leur &#233;tat deviendrait difficilement compatible avec l'organisation de la structure ? Cela pose d'immenses probl&#232;mes : juridiquement, r&#233;p&#233;tons-le, le r&#233;sident d'une maison de retraite est titulaire de sa chambre. Il ne va pas de soi de la promener de chambre en chambre &#224; mesure que son &#233;tat se d&#233;t&#233;riore, comme on a coutume de le faire dans tous les EHPAD. Ce n'est pas qu'il ne faille pas le faire, la force des choses est l&#224;. Mais outre que ce n'est pas sans cons&#233;quences, notamment psychologiques, pour la personne, cela fait appara&#238;tre la pr&#233;tention &#224; les tenir pour des locataires comme d'autres locataires pour ce qu'elle est : une pure fiction destin&#233;e &#224; nous donner bonne conscience.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Qu'en est-il de la mixit&#233; ? J'ai toujours h&#233;sit&#233; entre deux dangers : si on d&#233;cide que les d&#233;ments doivent &#234;tre mis &#224; part en raison de leurs troubles du comportement, on cr&#233;e une s&#233;gr&#233;gation et on les &#233;loigne encore plus de la &#171; normalit&#233; &#187; ; si on ne le fait pas on place les personnes non d&#233;mentes dans des situations souvent ing&#233;rables. J'ai fini par me dire que les d&#233;ments sont mieux entre eux ; mais cela reste &#224; prouver, et cela n'en constitue pas moins un renoncement. On voit bien d'ailleurs que les pays nordiques balancent entre les deux options : maintenir le d&#233;ment (&#224; domicile le plus souvent) dans un environnement normal ou leur cr&#233;er un monde sp&#233;cifique. Tout d&#233;pend, dira-t-on, du degr&#233; de la maladie. C'est bien ce qui me fait poser la question : s'agit-il d'un village Alzheimer ou d'un village de d&#233;ments ? &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Qu'en est-il de la sp&#233;cificit&#233; ? La maladie d'Alzheimer a beau &#234;tre la cause principale des d&#233;mences, ce n'est pas la seule. Que fait-on des autres ? &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#201;DUIRE LA CONSOMMATION DE M&#201;DICAMENTS :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des premi&#232;res choses qu'on nous annonce est qu'un des objectifs est de r&#233;duire la consommation de m&#233;dicaments. C'est une n&#233;cessit&#233; absolue, m&#234;me si un peu de pratique de ces projets conduit vite &#224; se demander s'il s'agit vraiment d'autre chose que d'une figure impos&#233;e, une case &#224; cocher dans le cahier des charges, en somme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que la personne &#226;g&#233;e souffrant de troubles cognitifs prend trois types de m&#233;dicaments.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Ceux qui sont rendus n&#233;cessaires par les autres pathologies dont elle souffre. Ils n'ont pas lieu d'&#234;tre concern&#233;s ici.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Les m&#233;dicaments dits sp&#233;cifiques de la maladie. Ne revenons pas sur le d&#233;bat auquel ils ont donn&#233; lieu quand il s'est agi de les d&#233;rembourser&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb12' class='spip_note' rel='appendix' title='On pourra se reporter &#224; http://michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article127, (...)' id='nh12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Les psychotropes, rendus n&#233;cessaires par les troubles du comportement. Dans la mesure o&#249; ces troubles du comportement sont largement induits par les difficult&#233;s que le malade &#233;prouve &#224; s'adapter &#224; son environnement, on r&#233;duit certainement leur consommation en adaptant ce dernier. Je noterai simplement, pour l'avoir exp&#233;riment&#233; pendant de longues ann&#233;es, qu'avec un peu de tol&#233;rance il est possible, m&#234;me dans une maison de retraite non sp&#233;cifiquement organis&#233;e en cons&#233;quence, d'en prescrire fort peu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb13' class='spip_note' rel='appendix' title='Je ne prescrivais pratiquement jamais de neuroleptiques. Avec le recul je (...)' id='nh13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons l&#224; encore. Toujours est-il que je ne suis pas absolument certain que l'apport d'une telle structure dans le domaine de la consommation de m&#233;dicaments soit essentiel. Ce qui pr&#233;domine l&#224; est sans doute davantage l'id&#233;e que les soignants se font de leur r&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;STIMULER LES FONCTIONS COGNITIVES :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On agite l&#224; la bouteille &#224; l'encre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on pr&#233;server les fonctions cognitives du sujet atteint de maladie d'Alzheimer ? Je n'en sais rien, et les donn&#233;es sur ce point sont contradictoires, faute sans doute de savoir de quoi on parle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a &#233;crit r&#233;cemment encore qu'un haut niveau intellectuel et culturel pr&#233;serve de la maladie. Cela demande un peu de pr&#233;caution. Rappelons tout d'abord qu'il ne manque pas de personnalit&#233;s de renom qui n'en ont pas moins &#233;t&#233; terrass&#233;es. Mais ce n'est pas le plus important. Il semble aller de soi que si on dispose d'un stock cognitif important, il se passera plus de temps avant que les d&#233;g&#226;ts caus&#233;s par son amenuisement deviennent visibles, les milliardaires sont moins expos&#233;s &#224; la pauvret&#233; que les smicards. Mais cela ne signifie nullement que la maladie &#233;volue moins vite ; et cela ne change rien &#224; la souffrance engendr&#233;e : si un acteur se met &#224; perdre la m&#233;moire, il en p&#226;tira plus vite que d'autres personnes pour qui l'enjeu est moins crucial ; par contre il se peut qu'il puisse plus longtemps faire cuire ses &#339;ufs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a beaucoup dit que les exercices intellectuels permettent de ralentir le processus &#233;volutif. Je ne suis pas s&#251;r que des d&#233;monstrations d&#233;finitives en aient &#233;t&#233; apport&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb14' class='spip_note' rel='appendix' title='Ce que je sais en revanche c'est que cela nous rassure : nous ne sommes pas (...)' id='nh14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Deux points au moins me semblent &#233;vidents : &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Le premier est que la m&#233;moire doit se comporter comme toutes les fonctions : il vaut mieux la maintenir en bon &#233;tat.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Le second est qu'il est possible d'en optimiser le fonctionnement. Le cerveau reste (longtemps en tout cas) un organe plastique, adaptable, et qui sait compenser la perte de certaines habilet&#233;s par la mise en action d'autres zones. Et c'est l&#224; un enjeu majeur. Mais une chose est de dire qu'on peut compenser les pertes, une autre est de dire qu'on peut les ralentir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb15' class='spip_note' rel='appendix' title='L'exemple de ce dilemme est celui de l'agenda. Si je commence &#224; perdre la (...)' id='nh15'&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;br class='autobr' /&gt;
Bref il faut &#234;tre &#224; la fois &#233;moustill&#233; et prudent : de tels lieux sont propices &#224; l'invention d'une foule de proc&#233;d&#233;s permettant, &#224; tout le moins, &#224; la personne accueillie de se sentir mieux, rassur&#233;e, plus &#224; l'aise. Quant &#224; ralentir l'&#233;volution de la maladie, c'est une autre affaire, sur laquelle je me garderais bien de me prononcer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je le redis : mon but n'est pas de critiquer une r&#233;alisation que je sais port&#233;e par une &#233;quipe de professionnels de haut niveau. De surcro&#238;t je ne l'ai pas visit&#233;e. Je ne fais que r&#233;agir &#224; un reportage qui a &#233;t&#233; vu par des t&#233;l&#233;spectateurs. Ce que j'&#233;cris dans ces lignes, mes confr&#232;res le savent fort bien et n'ont nul besoin que je le leur rappelle. Le t&#233;l&#233;spectateur, lui, si. Et tout se joue sur les d&#233;tails.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#201;TRANGET&#201; :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne r&#233;fl&#233;chit pas suffisamment &#224; ce qu'on fait quand on organise l'environnement du d&#233;ment. Deux exemples suffiront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des probl&#232;mes que le malade pose, on l'a vu, est sa fr&#233;quente tendance &#224; d&#233;ambuler, et &#224; vouloir sortir de l'unit&#233;. Voici une quinzaine d'ann&#233;es (je ne sais pas ce qu'il en est maintenant) on avait longuement r&#233;fl&#233;chi aux mani&#232;res d'organiser l'espace de fa&#231;on &#224; diminuer, ou tout au moins &#224; canaliser, cette propension &#224; bouger. Parmi les techniques pr&#233;conis&#233;es l'une &#233;tait de poser des miroirs sur les portes : le patient se trouvait devant un miroir, ne comprenait plus qu'il s'agissait d'une porte et du coup avait moins tendance &#224; la franchir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb16' class='spip_note' rel='appendix' title='C'&#233;tait faire bon march&#233; des capacit&#233;s intellectuelles du d&#233;ment, j'en ai connu (...)' id='nh16'&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Je me suis toujours demand&#233; ce que cela pouvait faire &#224; un d&#233;ment de se retrouver dans un espace o&#249; il n'y a pas de porte : rien, peut-&#234;tre, mais ce que je sais c'est que les professionnels ne se posaient pas la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou encore, on a tendance &#224; penser que le d&#233;ment pourrait se sentir rassur&#233; si on lui cr&#233;e un environnement qui ressemble &#224; celui qu'il a toujours connu. Et certes il faut le faire. Mais cela demande une vigilance de tous les instants, car la r&#232;gle du jeu ne saurait se r&#233;duire au projet de le faire se sentir &#171; comme chez lui &#187; ; non seulement parce qu'on n'y parviendra pas, mais bien plus parce qu'il y a quelque chose de kafka&#239;en &#224; vouloir le faire habiter dans un monde qui est &#171; comme chez lui &#187;, alors que la seule chose qu'il n'oublie jamais est que, pr&#233;cis&#233;ment, &lt;i&gt;il n'est pas chez lui.&lt;/i&gt; Ce qu'on cr&#233;e ainsi, c'est le monde du &lt;i&gt;Prisonnier&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb17' class='spip_note' rel='appendix' title='https://www.dailymotion.com/video/x77hsl?syndication=273844' id='nh17'&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour autant il faut se m&#233;fier : lui cr&#233;er un monde o&#249; il serait comme chez lui est un fantasme ; dire que ce monde lui serait frapp&#233; d'irr&#233;alit&#233; est &lt;i&gt;mon&lt;/i&gt; fantasme. Ce qui permet d'en juger, c'est le simple crit&#232;re d'efficacit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb18' class='spip_note' rel='appendix' title='Je crois que tout est affaire de pragmatisme et d'imagination. Par exemple (...)' id='nh18'&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La marge est tr&#232;s &#233;troite. Dans le reportage on voit que le village Alzheimer est dot&#233; d'une sup&#233;rette o&#249; les r&#233;sidents peuvent aller faire leurs courses. C'est une excellente chose. Reste &#224; s'interroger sur un d&#233;tail : dans cette sup&#233;rette les r&#233;sidents font leurs courses &lt;i&gt;mais on n'y manipule pas d'argent&lt;/i&gt;. C'est un pari dont les cons&#233;quences demanderont &#224; &#234;tre explor&#233;es, surtout quand on sait combien les d&#233;ments sont attach&#233;s &#224; la question de l'argent, signe de leur ind&#233;pendance et de leur capacit&#233; &#224; assumer la vie. Le projet est bon s'il ne s'&#233;carte en rien de la r&#232;gle : les personnes accueillies g&#232;rent tout ce qu'elles peuvent, et on ne les aide qu'en tant que de besoin. Dans une structure tr&#232;s voisine aux Pays-Bas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb19' class='spip_note' rel='appendix' title='https://hogeweyk.dementiavillage.com/en/ ; notons l'appellation : dementia (...)' id='nh19'&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; on est formel : les r&#233;sidents g&#232;rent leur propre entretien domestique avec le concours permanent d'une &#233;quipe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb20' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; The residents manage their own households together with a constant team of (...)' id='nh20'&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Toute la difficult&#233; est de se tenir &#224; distance la tentation de l'assistanat et celle du faux-semblant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste encore &#224; se poser une question &#233;thique, r&#233;currente, douloureuse. L'environnement est s&#233;curis&#233; ; ce qui traduit le fait que le village est enti&#232;rement clos et qu'il n'est pas possible d'en sortir. On en voit bien la n&#233;cessit&#233;. Mais alors on renonce &#224; r&#233;soudre le probl&#232;me qui na&#238;t du fait que ce lieu demeure un lieu de privation de libert&#233; ; et que les questions pos&#233;es par cette privation de libert&#233; ne sont pas r&#233;solues. En France il est permis d'enfermer un citoyen dans deux lieux sp&#233;cifiques que sont les prisons et les h&#244;pitaux psychiatriques, et ces enfermements se font sous le contr&#244;le d'un juge. Tout autre enfermement tombe sous le coup de l'article 224-1 du Code P&#233;nal&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb21' class='spip_note' rel='appendix' title='&#171; Le fait, sans ordre des autorit&#233;s constitu&#233;es et hors les cas pr&#233;vus par la (...)' id='nh21'&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Jusqu'&#224; preuve du contraire les unit&#233;s sp&#233;cifiques Alzheimer qu'on trouve dans les maisons de retraite ne se sont pas vu attribuer un statut juridique qui leur permette de fonctionner ; bien au contraire la loi prend la peine de disposer que &lt;i&gt;La personne prot&#233;g&#233;e choisit le lieu de sa r&#233;sidence. Elle entretient librement des relations personnelles avec tout tiers, parent ou non. Elle a le droit d'&#234;tre visit&#233;e et, le cas &#233;ch&#233;ant, h&#233;berg&#233;e par ceux-ci&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb22' class='spip_note' rel='appendix' title='Code Civil, art. 459-2.' id='nh22'&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le fait que cette disposition est d'une invraisemblable hypocrisie n'y change rien. En l'&#233;tat le Village Alzheimer est contraint de devenir lui aussi un lieu de privation de libert&#233;, ce qui est d'autant plus absurde qu'il serait simple de r&#233;soudre la question, encore faudrait-il que le l&#233;gislateur s'en donne la peine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb23' class='spip_note' rel='appendix' title='Je plaide pour ma part pour qu'on institue une proc&#233;dure de type r&#233;f&#233;r&#233; qui (...)' id='nh23'&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SE RASSURER :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on invente des structures de prise en charge de la vieille personne il existe un danger permanent : celui de nous rassurer. Dans les maisons de retraite on sait bien ce qu'il en est : le r&#233;sident, c'est la vieille personne ; le client c'est la famille. Et la famille ne veut pas se confronter &#224; la vieillesse, tout simplement parce qu'elle sait bien que la vieillesse de l'&#234;tre cher pr&#233;figure la sienne propre ; elle ne veut pas se confronter &#224; l'in&#233;luctable de la mort parce que cela pr&#233;figure l'in&#233;luctable de sa propre mort. Il ne faut pas chercher plus loin pourquoi elle veut que la vieille personne entre en institution pour cause non de vieillesse mais de maladie : on peut toujours r&#234;ver &#233;chapper &#224; la maladie, ou en gu&#233;rir, ou composer avec elle, alors qu'on ne compose pas avec la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reportage nous montre un village. Et les prises de vues &#233;taient &#233;tonnantes. Ce qu'on nous montrait c'&#233;tait un village de vacances. Ou une sorte de &lt;i&gt;Sun City&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb24' class='spip_note' rel='appendix' title=')' id='nh24'&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , organis&#233;, s&#233;curis&#233;, aseptis&#233;. La s&#233;curit&#233; est celle des r&#233;sidents, elle est au moins autant celle des proches. Mais cette s&#233;curit&#233; se paie de l'adh&#233;sion implicite &#224; une illusion, celle d'un monde attirant, magique, enfantin, d&#233;responsabilis&#233;. L'esth&#233;tique mise en sc&#232;ne par le reportage m'a fait penser &#224; celle d'un lieu extraordinaire : le centre commercial Val d'Europe, dans la plaine de Brie, &#224; un jet de pierre (ce n'est pas un hasard) d'Eurodisney. C'est un lieu magnifique, plaisant, rassurant, un pays des jouets&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb25' class='spip_note' rel='appendix' id='nh25'&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; o&#249; sans nul doute il fait bon errer ou passer une journ&#233;e ; il y a m&#234;me un village fait de maisons pimpantes qui sont autant de boutiques de fringues&#8230; Je n'ai pas tenu une heure, et n'y suis pas retourn&#233; depuis pr&#232;s de vingt ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dis &#231;a en pensant que, d&#233;couvrant le reportage, les promoteurs du Village Alzheimer ont d&#251; &#233;prouver comme une pointe d'agacement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le &#171; d&#233;ment qui fugue &#187; ne fugue pas : il a besoin de marcher, donc il marche ; ce n'est que dans un second temps, en somme, qu'il se souvient que quand on marche c'est pour aller quelque part.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.independanceroyale.com/fr/la-maison-des-babayagas&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;https://www.independanceroyale.com/fr/la-maison-des-babayagas&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tout comme je ne sais pas comprendre comment certains de mes amis vieillissants choisissent de vendre leur belle maison bien entour&#233;e pour s'acheter un appartement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'aventure des Baba Yagas montre pr&#233;cis&#233;ment que les choses ne sont pas si simples.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.agevillage.com/actualite-6758-1-un-entretien-exclusif-avec-lucien-mias-ancien-capitaine-de-l-equipe-de-france-de-rugby-et-ancien-chef-du-service-geriatrie-de-l-hopital-de-mazamet.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;https://www.agevillage.com/actualite-6758-1-un-entretien-exclusif-avec-lucien-mias-ancien-capitaine-de-l-equipe-de-france-de-rugby-et-ancien-chef-du-service-geriatrie-de-l-hopital-de-mazamet.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alors que rien en pratique ne s'y oppose, pourvu que l'&#201;tablissement les fournisse et les g&#232;re ; mais l&#224; &#233;galement, si ancr&#233;e est la &lt;i&gt;doxa&lt;/i&gt; qu'il n'est pas si simple pour les professionnels de se positionner autrement que comme des soignants, il y aurait des articles entiers &#224; &#233;crire sur ce sujet ; la saga de l'int&#233;gration des Aides M&#233;dico-psychologiques en t&#233;moigne encore plus &#233;loquemment.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/es2019.pdf&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/es2019.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh8' class='spip_note' title='Notes 8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je n'ai d'ailleurs jamais su quel est le statut juridique exact d'un patient de long s&#233;jour : on sait que le r&#233;sident en maison de retraite passe avec l'&#233;tablissement un contrat de location qui fait de sa chambre un domicile, avec toutes les cons&#233;quences que cela implique ; je ne suis pas s&#251;r que quelqu'un comprenne ce que signifie &#171; &#234;tre locataire d'une chambre d'h&#244;pital &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh9' class='spip_note' title='Notes 9' rev='appendix'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Redisons-le : je ne suis pas all&#233; sur place, et je ne connais pas le projet. Ce dont je parle c'est d'un reportage.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh10' class='spip_note' title='Notes 10' rev='appendix'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J'ai dit ailleurs qu'il vaudrait mieux travailler sur les repr&#233;sentations que se borner &#224; changer le mot.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh11' class='spip_note' title='Notes 11' rev='appendix'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;N'insistons pas davantage sur ce que je soutiens : par d&#233;finition la maladie d'Alzheimer touche le sujet &lt;i&gt;jeune &lt;/i&gt; ; la personne &#226;g&#233;e n'a pas de maladie d'Alzheimer, mais une affection proche, d'origine n&#233;cessairement diff&#233;rente. En banalisant le terme de &lt;i&gt;maladie d'Alzheimer&lt;/i&gt; on se borne &#224; cr&#233;er un fourre-tout dans lequel on entasse des situations de m&#233;canismes divers, comme notamment les d&#233;mences o&#249; la part psychog&#232;ne pr&#233;domine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb12'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh12' class='spip_note' title='Notes 12' rev='appendix'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On pourra se reporter &#224; &lt;a href=&#034;http://michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article127&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;http://michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article127&lt;/a&gt;, et qui semble clos. J'en parle ici parce qu'on a beaucoup dit, &#224; tort, que ces m&#233;dicaments avaient pour int&#233;r&#234;t de retarder l'entr&#233;e en institution.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb13'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh13' class='spip_note' title='Notes 13' rev='appendix'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je ne prescrivais pratiquement jamais de neuroleptiques. Avec le recul je crains d'avoir &#233;t&#233; un peu trop dogmatique sur ce point, mais cela demande examen.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb14'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh14' class='spip_note' title='Notes 14' rev='appendix'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce que je sais en revanche c'est que cela nous rassure : nous ne sommes pas d&#233;munis devant la maladie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb15'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh15' class='spip_note' title='Notes 15' rev='appendix'&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'exemple de ce dilemme est celui de l'agenda. Si je commence &#224; perdre la m&#233;moire, faut-il me conseiller de lutter pour mieux retenir mes rendez-vous, ou de m'ouvrir un agenda permettant de les noter ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb16'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh16' class='spip_note' title='Notes 16' rev='appendix'&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'&#233;tait faire bon march&#233; des capacit&#233;s intellectuelles du d&#233;ment, j'en ai connu une, tr&#232;s lourdement atteinte, qui ne m&#233;morisait plus rien mais n'avait pas son pareil pour espionner et reproduire la combinaison du digicode.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb17'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh17' class='spip_note' title='Notes 17' rev='appendix'&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.dailymotion.com/video/x77hsl?syndication=273844&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;https://www.dailymotion.com/video/x77hsl?syndication=273844&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb18'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh18' class='spip_note' title='Notes 18' rev='appendix'&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je crois que tout est affaire de pragmatisme et d'imagination. Par exemple on conna&#238;t le probl&#232;me pos&#233; par ces d&#233;ments qui ont tendance &#224; uriner partout, et de pr&#233;f&#233;rence dans les parties communes. On parvient &#224; ce comportement, certes, en perdant ce qu'&#224; tort ou &#224; raison on a d&#233;crit comme une fonctionnalit&#233; c&#233;r&#233;brale sp&#233;cifique sous le nom de &#171; sens des convenances sociales &#187;, mais aussi en perdant tout simplement le chemin des toilettes. J'avais propos&#233; qu'on installe, bien visible dans la salle commune, un urinoir en fa&#239;ence. Je ne l'ai jamais obtenu, et je le regrette : je conviens que ce n'aurait pas &#233;t&#233; aussi d&#233;coratif que ne le croyait Duchamp, mais par rapport &#224; une salle commune souill&#233;e en permanence, c'e&#251;t &#233;t&#233; peut-&#234;tre un moindre mal.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb19'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh19' class='spip_note' title='Notes 19' rev='appendix'&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://hogeweyk.dementiavillage.com/en/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;https://hogeweyk.dementiavillage.com/en/&lt;/a&gt; ; notons l'appellation : &lt;i&gt;dementia&lt;/i&gt; village.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb20'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh20' class='spip_note' title='Notes 20' rev='appendix'&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; The residents manage their own households together with a constant team of staff members &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb21'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh21' class='spip_note' title='Notes 21' rev='appendix'&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le fait, sans ordre des autorit&#233;s constitu&#233;es et hors les cas pr&#233;vus par la loi, d'arr&#234;ter, d'enlever, de d&#233;tenir ou de s&#233;questrer une personne, est puni de vingt ans de r&#233;clusion criminelle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb22'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh22' class='spip_note' title='Notes 22' rev='appendix'&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Code Civil, art. 459-2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb23'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh23' class='spip_note' title='Notes 23' rev='appendix'&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je plaide pour ma part pour qu'on institue une proc&#233;dure de type r&#233;f&#233;r&#233; qui pourrait permettre &#224; un juge de valider en urgence la pr&#233;conisation d'un m&#233;decin sur ce seul point. C'est d'autant plus capital qu'il existe une foule de situations o&#249; une vieille personne, qu'il serait abusif de mettre sous tutelle au pr&#233;texte d'une d&#233;mence qu'elle n'a pas, s'accroche d&#233;sesp&#233;r&#233;ment au projet, devenu pourtant notoirement irr&#233;aliste, de continuer &#224; vivre chez elle. Au quotidien on s'en sort avec des bouts de ficelle qui ne tiendraient pas une seconde devant un tribunal, voir par exemple &lt;a href=&#034;http://infosdroits.fr/wp-content/uploads/2013/05/Cour-Appel-Douai-8-f%C3%A9vrier-2013-choix-r%C3%A9sidence-majeur-protege.pdf&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;http://infosdroits.fr/wp-content/uploads/2013/05/Cour-Appel-Douai-8-f%C3%A9vrier-2013-choix-r%C3%A9sidence-majeur-protege.pdf&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb24'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh24' class='spip_note' title='Notes 24' rev='appendix'&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Sun_City_(Arizona&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Sun_City_(Arizona&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb25'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh25' class='spip_note' title='Notes 25' rev='appendix'&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pinocchio&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Pinocchio&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Et si on grandissait ? </title>
		<link>http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article142</link>
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		<dc:date>2020-04-04T16:16:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Parlant de la crise actuelle, non seulement sanitaire mais sociale et politique, une correspondante m'&#233;crit ceci : &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne sais pas si &#231;a s'applique exactement &#224; la situation pr&#233;sente, mais j'avais bien aim&#233;, dans une de vos r&#233;ponses, cette id&#233;e qu'il faudrait peut-&#234;tre se poser la question de la &#034;rusticit&#233;&#034;. Peut-&#234;tre en effet notre monde n'est-il plus assez &#034;rustique&#034;. Peut-&#234;tre avons-nous, aveugl&#233;s par une prosp&#233;rit&#233; globale immense et soudaine, perdu le lien avec les exigences et les valeurs basiques (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Organisation g&#233;riatrique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parlant de la crise actuelle, non seulement sanitaire mais sociale et politique, une correspondante m'&#233;crit ceci :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Je ne sais pas si &#231;a s'applique exactement &#224; la situation pr&#233;sente, mais j'avais bien aim&#233;, dans une de vos r&#233;ponses, cette id&#233;e qu'il faudrait peut-&#234;tre se poser la question de la &#034;rusticit&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre en effet notre monde n'est-il plus assez &#034;rustique&#034;. Peut-&#234;tre avons-nous, aveugl&#233;s par une prosp&#233;rit&#233; globale immense et soudaine, perdu le lien avec les exigences et les valeurs basiques de la survie de toute soci&#233;t&#233; humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Peut-&#234;tre cela pourrait-il expliquer le &#034;on veut vivre et pas survivre&#034; tellement entendu dans les manifs du samedi depuis plus d'un an, et cette folle certitude que demain, comme si rien ne s'&#233;tait pass&#233;, la priorit&#233; sera de &#034;traquer les coupables&#034; plut&#244;t que de survivre (reconstruire) ensemble&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonjour, ch&#232;re amie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que nous approchons en effet de quelque chose de cet ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'abord que je me demande ce que je fais &#224; avoir repris un poste &#224; l'h&#244;pital. Comment se fait-il que j'aie repris un travail dans des conditions de s&#233;curit&#233; qui sont tout sauf satisfaisantes (non par la faute de mon employeur, mais simplement parce que des conditions de s&#233;curit&#233; qui seraient satisfaisantes sont tout bonnement irr&#233;alisables), et que j'assume ce risque avec un calme olympien ? Cela me surprend d'autant plus que le courage physique n'est pas ma vertu dominante. Et que la bonne vieille question des cours de r&#233;cr&#233; : &lt;i&gt;me serais-je engag&#233; dans la R&#233;sistance ? &lt;/i&gt; resurgit en des termes apr&#232;s tout identiques, alors que je vois trop souvent mes convictions fluctuer au gr&#233; des circonstances. Alors, d'o&#249; me vient aujourd'hui cette t&#233;m&#233;rit&#233; ? Je me pose cette question, non pour me targuer de ma modestie, non par go&#251;t de la flagellation, mais parce qu'elle se pose, et qu'il est n&#233;cessaire d'en passer par l&#224; si on veut avoir une chance de comprendre ce qui se passe dans l'esprit de nos concitoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si j'essaie de r&#233;fl&#233;chir, je ne trouve gu&#232;re qu'une seule explication : le danger qui me guette est un danger invisible. Mes peurs sont des peurs infantiles, elles supposent que je voie, peur de la beigne qui s'approche. Or, l'ennemi, je ne le vois pas. Il en va, tant qu'&#224; ressaisir, quoi qu'on en puisse penser par ailleurs, la m&#233;taphore guerri&#232;re, comme de la guerre des drones : l'agent qui pilote le drone n'est pas sur le terrain, il n'a pas de contact avec sa victime, il ne fait que jouer &#224; un jeu vid&#233;o. Et cela ne date pas d'hier, le courage de l'&#233;p&#233;e n'est pas celui de l'arquebuse. Mon courage est statistique : je n'ai pas tant que &#231;a de risque d'&#234;tre contamin&#233;, et si je le suis mon risque mortel ne d&#233;passe pas 10%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l&#224; est pr&#233;cis&#233;ment l'anomalie : car ce risque, modeste, calcul&#233;, que je prends est celui que majoritairement mes contemporains jugent insupportable. Plus encore : c'est ce fait, rassurant pour moi, que l'ennemi ne se voit pas qui les effraie.Il serait indispensable de m&#233;diter cette anomalie pour comprendre ce qui se passe vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je crois, m&#234;me si je ne sais pas le penser, qu'il y a un lien entre cette question, celle que je pose sur les scandales, et celle que vous posez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenons l'&#233;pisode des gilets jaunes. J'ai d&#233;test&#233; ce mouvement, et je ne l'aime toujours pas. C'est parce qu'il a chang&#233; en cours de route que ma d&#233;testation a &#233;volu&#233; en r&#233;pugnance. Je l'ai d&#233;test&#233; parce qu'&#224; son commencement il &#233;tat compos&#233; de petits patrons, de salari&#233;s moyens, d'ind&#233;pendants, qui n'avaient d'autre but que la d&#233;fense d'un bifteck dont nul ne peut nier qu'il va se r&#233;duisant, mais dont pour une notable part cette r&#233;duction est la cons&#233;quence de leurs choix. Je regardais les (rares) voitures arborant le gilet jaune sur la plage avant, et je voyais bien que c'&#233;taient des Volvo, des BM, des 4x4. Ma premi&#232;re Clio pourrie, je l'ai vue mi-d&#233;cembre. C'&#233;taient des gens qui se parfumaient de &lt;i&gt;Pourtant moi, Monsieur, je n'ai jamais fait gr&#232;ve, je n'ai jamais manifest&#233;, je n'ai jamais vot&#233;&lt;/i&gt;. Ben oui, mon gars, maintenant tu l'as. La vraie mis&#232;re des campagnes de Seine et Marne, je ne l'y ai pas vue. Ce que j'ai vu, ce sont des retrait&#233;s disant : &lt;i&gt;avec la pension que j'ai, je ne peux pas emmener mes petits-enfants au restaurant&lt;/i&gt;. Je ne commente pas : moi, je peux emmener mes petits-enfants au restaurant. Mais les pauvres, les vrais, je peux vous les montrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence du mouvement, imm&#233;diate, majeure, elle est l&#224;, dans cette ill&#233;gitimit&#233; de ceux qui r&#226;lent alors que leur veulerie pass&#233;e leur donnait surtout droit de se taire. Ajoutons que c'est la cons&#233;quence directe de Notre-Dame des Landes. Entendons-nous : je crois qu'il y a bien mieux &#224; faire en ce moment que construire des a&#233;roports, et je suis tr&#232;s heureux que le projet ait &#233;t&#233; abandonn&#233;. Mais il s'agit d'un projet qui avait &#233;t&#233; organis&#233; dans les r&#232;gles de l'art, bonnes ou mauvaises, au plan juridique, qui avait pass&#233; toutes les &#233;tapes pr&#233;vues, qui avait m&#234;me fait l'objet d'un r&#233;f&#233;rendum, et pour lequel finalement le Pouvoir a d&#233;cid&#233;, assis sur toutes les proc&#233;dures, de commander une nouvelle expertise avec pri&#232;re de trouver le r&#233;sultat qui va bien, pour avoir un pr&#233;texte &#224; l&#226;cher l'affaire. C'est bon pour la plan&#232;te, mais cette pantalonnade a mis en &#233;vidence qu'une poign&#233;e d'excit&#233;s suffit &#224; faire manger son chapeau &#224; un membre permanent du Conseil de S&#233;curit&#233;. C'est cher pay&#233;, et on se demandera pourquoi la parole publique est d&#233;cr&#233;dibilis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois qu'il faut faire le lien avec l'omnipr&#233;sence du scandale. Avec ce fait &#233;trange et consternant : il suffit qu'un homme politique prenne la parole pour qu'une petite troupe, &#224; la t&#234;te de laquelle se trouvent les m&#233;dias, cherche en quoi son propos est inadmissible. Il y a trop d'exemples pour que j'en cite beaucoup ; mais ce qui me fascine dans le dernier &#233;pisode, celui du pr&#233;fet Lallement, c'est qu'en r&#233;alit&#233; chacun a compris ce qu'il a voulu faire passer : que parmi les gens qui entrent actuellement en r&#233;animation il y en a un nombre significatif qui paient leur non-respect du confinement. Certes c'est pour le moins approximatif ; certes il aurait fallu le dire autrement ; mais ce n'est pas le propos de nos censeurs, la seule clameur est &lt;i&gt;Lallement-d&#233;mission&lt;/i&gt;, on ne cherche m&#234;me plus &#224; comprendre. Sans compter que pour ma part je n'aurai garde de demander la d&#233;mission de Sibeth N'Diaye, les occasions de rigoler se font un peu trop rares pour qu'on se paie le luxe d'&#233;vincer les pitres. Naturellement le fin du fin est de trouver des situations o&#249;, quoi que dise la personne, on pourra le retourner contre elle : Micron parle, il ferait mieux de se taire ; il se tait, il abandonne les Fran&#231;ais. Ainsi on a cr&#233;&#233; un monde o&#249; la parole m&#234;me est neutralis&#233;e, n&#233;antis&#233;e, o&#249; seule la forme, ce qu'on peut toujours attraper quand on n'a pas &#233;cout&#233; le fond, compte et fait l'objet du d&#233;bat. La seule chose qui compte est de pouvoir s'offusquer. C'est cela qui d&#233;truit la d&#233;mocratie. (Et quand j'apprends qu'on va cr&#233;er au baccalaur&#233;at une &#233;preuve d'&#233;loquence, accordant ainsi &#224; Protagoras une revanche tardive sur Platon, je fr&#233;mis).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette neutralisation de la parole en tant qu'elle charg&#233;e de porter du sens, cette efflorescence de revendications d&#233;pourvues de toute r&#233;flexion (ah, l'exigence de diviser les imp&#244;ts par deux tout en doublant le nombre de fonctionnaires&#8230;) et port&#233;e par des gens qui n'ont de leur vie revendiqu&#233; quoi que ce soit quand l'heure &#233;tait &#224; le faire, nous dessine un portrait que pourtant nous connaissons bien : celui du gosse capricieux, de l'enfant-roi qui ne sait pas ce qu'il veut, qui d'ailleurs ne veut rien, sauf le droit de se faire entendre, non par le sens de ce qu'il dit mais par le bruit qu'il fait. Nous sommes dans une civilisation d'infantilis&#233;s. M&#234;me ce nouveau leitmotiv : &lt;i&gt;pass&#233; la crise il faudra que ces gens-l&#224; rendent des comptes&lt;/i&gt;, peut ais&#233;ment se traduire en &lt;i&gt;tawar ta gueule &#224; la r&#233;cr&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un record, probablement mondial, a &#233;t&#233; battu le jour o&#249; des athl&#232;tes fran&#231;ais ont cri&#233; au charron parce qu'on laissait les p&#233;kins faire leur jogging alors qu'eux-m&#234;mes &#233;taient confin&#233;s. La seule explication que je voie est que &lt;i&gt;c'est pas juste&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'examinerai pas ici, mais c'est d&#233;lib&#233;r&#233;ment que je m'en abstiens, le fait qu'il y a des d&#233;cisions, des propos, des comportements sur lesquels j'aurais moi aussi des questions &#224; poser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'examinerai pas davantage ici le fait, pourtant &#233;vident, que cette infantilisation fait largement les affaires de ce complot n&#233;o-lib&#233;ral qui,&lt;a href=&#034;https://lafabrique.fr/la-societe-ingouvernable/&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;Gr&#233;goire Chamayou&lt;/a&gt; l'a magistralement montr&#233;, existe bel et bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, venons-en &#224; la rusticit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour moi une &#233;vidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, il est judicieux de reprendre les ambitions du programme du Conseil national de la R&#233;sistance. Oui, il faut redonner toute sa place &#224; la S&#233;curit&#233; Sociale, oui, il faut reb&#226;tir un &#201;tat-providence. Et cela implique une lutte acharn&#233;e contre le complot n&#233;o-lib&#233;ral que je viens de mentionner. Mais cela a un prix, qui est celui de la parcimonie. Je ne souviens que quand j'&#233;tais gamin, et au moins dans la classe ouvri&#232;re d'o&#249; je suis issu, la S&#233;curit&#233; Sociale &#233;tait l'affaire de tous, et qu'on avait le sentiment qu'il ne fallait pas faire n'importe quoi avec. Il y avait une culture du service public, et cette culture &#233;tait bas&#233;e sur la confiance et le respect de ce service. La casse du service public est multifactorielle. Notamment elle a &#233;t&#233; planifi&#233;e, comme Chamayou le montre bien. Mais cette casse a &#233;t&#233; largement aid&#233;e par la mani&#232;re dont les b&#233;n&#233;ficiaires de ce service, cessant de le consid&#233;rer comme leur bien, se sont mis &#224; le consid&#233;rer comme leur chose. Ajoutons que les syndicats ont pr&#234;t&#233; la main au crime : on reproche &#224; Jupp&#233; d'avoir pris le pouvoir sur la S&#233;curit&#233; Sociale, qui &#233;tait jusque-l&#224; g&#233;r&#233;e paritairement par les syndicats ; mais on m&#233;conna&#238;t que s'il a pu le faire c'est parce qu'il n'y avait plus depuis longtemps d'&#233;lections &#224; la S&#233;curit&#233; Sociale (et la raison pour laquelle il n'y en avait plus, c'est que la CGT, craignant que son d&#233;clin n'y f&#251;t trop visible, refusait de s'y pr&#234;ter). Quelle belle occasion, pourtant, pour le syndicalisme, de redorer son blason, que de prendre &#224; bras le corps la question de la protection sociale&#8230; Bref, reprenons le programme du Conseil national de la R&#233;sistance. Mais reprenons aussi ce qui y pr&#233;sidait : la protection sociale est notre bien, dont nous devons prendre collectivement soin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux exemples pour finir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) : Le programme du Conseil national de la R&#233;sistance a pr&#233;vu un volet Assurance-vieillesse. L'assurance-vieillesse n'est pas une retraite, je n'ai pas cotis&#233; &#224; des caisses de retraite mais &#224; des caisses d'assurance-vieillesse. C'est un syst&#232;me qui me permet, quand je ne peux plus travailler, de recevoir quand m&#234;me de quoi vivre. En gros l'assurance-vieillesse couvre les cinq derni&#232;res ann&#233;es de la vie. Je veux bien que ce syst&#232;me &#233;volue. Mais il y a deux points &#224; consid&#233;rer :
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Le premier est qu'on ne finance pas de la m&#234;me mani&#232;re les cinq derni&#232;res ann&#233;es de la vie et les trente derni&#232;res. Et je doute que la r&#233;ponse &lt;i&gt;yaka faire payer les patrons&lt;/i&gt; suffise.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Le second est que la notion m&#234;me de &lt;i&gt;retraite bien m&#233;rit&#233;e&lt;/i&gt; n'a pas de sens. Je ne supporte pas d'entendre que le retrait&#233; &lt;i&gt;va enfin pouvoir profiter de la vie&lt;/i&gt;. Non seulement parce qu'il faudrait se demander si la vie est r&#233;ellement faite pour qu'on en profite, mais encore parce que si le retrait&#233; a attendu la retraite pour profiter de la vie, c'est qu'il est pass&#233; &#224; c&#244;t&#233; de quelque chose. J'entends bien que tout le monde n'a pas la chance d'avoir un travail passionnant, et qu'il faut consid&#233;rer les cas d'esp&#232;ce. Mais si la vie active du retrait&#233; ne lui a pas permis de profiter de la vie, ce n'est pas la retraite qu'il faut am&#233;liorer c'est le travail. Heureusement, j'ai quelques informations qui me permettent de penser que celui qui &lt;i&gt;va enfin pouvoir profiter de la vie&lt;/i&gt; n'a, en fait, pas attendu la retraite pour &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref il y a assur&#233;ment du m&#233;nage &#224; faire dans les retraites, et je ne saisis pas pourquoi il faut que j'aie une retraite plus &#233;lev&#233;e que mon voisin au motif que j'ai eu un salaire plus &#233;lev&#233;. La retraite doit avoir une composante basique, d&#233;cente, rustique, universelle, permettant de vivre, disons 1,5 SMIC pour tout le monde. Ceux qui veulent davantage sont libres d'adh&#233;rer &#224; un fonds de pension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) : Ce que nous voyons &#224; l'&#233;vidence c'est que l'Allemagne se sort mieux que nous de l'&#233;pid&#233;mie. Il semble que son syst&#232;me de sant&#233; soit plus performant. Ceci s'explique par deux consid&#233;rations :
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Les d&#233;penses de sant&#233; par habitant sont 10% sup&#233;rieures &#224; celles de la France (mais le PIB par habitant est 10% sup&#233;rieur).
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; L'Allemagne a r&#233;form&#233; son syst&#232;me de sant&#233;. Et pour la pratique quotidienne, il est d'une rusticit&#233; qui ferait hurler le Fran&#231;ais moyen. Je ne dois pas &#234;tre un Fran&#231;ais moyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je partage donc totalement votre analyse. Mais pour en revenir au bon sens il va falloir autre chose que de l'infantilisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La d&#233;tresse des h&#244;pitaux fran&#231;ais</title>
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		<dc:date>2019-11-25T17:07:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le monde hospitalier fran&#231;ais est en r&#233;volution, et il ne fait gu&#232;re de doute qu'il sera au premier rang de la manifestation du 5 d&#233;cembre. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai voulu reprendre ci-dessous quelques &#233;l&#233;ments de la discussion. Ceci ne concerne pas pr&#233;cis&#233;ment la g&#233;riatrie ou les soins palliatifs, mais il m'a sembl&#233; important et urgent de rappeler de quoi il s'agit. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je le fais parce que ma carri&#232;re m'a permis de conna&#238;tre beaucoup d'aspects de ce sujet : J'ai commenc&#233; par &#234;tre m&#233;decin de campagne. Puis je suis devenu (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Organisation g&#233;riatrique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le monde hospitalier fran&#231;ais est en r&#233;volution, et il ne fait gu&#232;re de doute qu'il sera au premier rang de la manifestation du 5 d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai voulu reprendre ci-dessous quelques &#233;l&#233;ments de la discussion. Ceci ne concerne pas pr&#233;cis&#233;ment la g&#233;riatrie ou les soins palliatifs, mais il m'a sembl&#233; important et urgent de rappeler de quoi il s'agit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je le fais parce que ma carri&#232;re m'a permis de conna&#238;tre beaucoup d'aspects de ce sujet : &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; J'ai commenc&#233; par &#234;tre m&#233;decin de campagne.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Puis je suis devenu praticien hospitalier.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Et pour finir j'ai pass&#233; quelques ann&#233;es &#224; m'occuper de probl&#232;mes relatifs au financement des h&#244;pitaux. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est au nom de cette exp&#233;rience que je parle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les chiffres que je cite sont tous issus d'organismes officiels (OMS, OCDE, DREES, etc.). On n'aura gu&#232;re de difficult&#233; &#224; r&#233;torquer que tous ces organismes sont &#224; la solde du grand capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA TARIFICATION &#192; L'ACTIVIT&#201; POUSSE LES H&#212;PITAUX &#192; MULTIPLIER LES ACTES :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis toujours sid&#233;r&#233; de lire une pareille ineptie. C'est d'autant plus loufoque que le but de la tarification &#224; l'activit&#233; est au contraire de &lt;i&gt;r&#233;compenser les &#233;tablissements qui hospitalisent moins&lt;/i&gt;. Encore faut-il avoir compris comment elle fonctionne. Et si j'en parle c'est parce que dans les derni&#232;res ann&#233;es de ma carri&#232;re je me suis consacr&#233; &#224; temps complet &#224; l'application de cette tarification dans un gros &#233;tablissement de la banlieue parisienne. D&#233;taillons donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on prend une population de patients pr&#233;sentant des pathologies similaires, on constate deux choses :
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Dans la plupart des cas, les m&#233;decins les d&#233;crivent de la m&#234;me fa&#231;on.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Dans la plupart des cas les m&#233;decins les soignent de la m&#234;me fa&#231;on. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et il est heureux qu'il en aille ainsi : cela signifie simplement que les m&#233;decins sont g&#233;n&#233;ralement d'accord sur le diagnostic et d'accord sur le traitement &#224; appliquer. C'est ce qu'on appelle le savoir m&#233;dical. S'il en allait autrement cela aboutirait &#224; dire qu'il n'y a pas de connaissance scientifique. Rappelons que dans leur &#233;crasante majorit&#233; les connaissances scientifiques sont de nature statistique : comme le dit Hume, on ne sait pas si le soleil va se lever demain matin ; ce que nous savons en revanche c'est qu'on ne l'a jamais vu ne pas se lever. Ce n'est que secondairement qu'on en tire des conclusions sur la nature du syst&#232;me solaire. L'argument : &#171; On traite des patients, pas des chiffres &#187; est l'un des plus stupides qui soient. J'ose &#224; peine rappeler que tout le contenu de ce site est l&#224; pour t&#233;moigner du fait que je sais ce que signifie : &#034;soigner des patients&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons &#224; notre sujet : du fait que quand les patients sont d&#233;crits de la m&#234;me fa&#231;on ils sont trait&#233;s de la m&#234;me fa&#231;on, il suit qu'en moyenne la d&#233;pense occasionn&#233;e a &#233;t&#233; la m&#234;me. On peut d&#232;s lors calculer un tarif &lt;i&gt;moyen&lt;/i&gt;, qu'on appliquera &#224; chaque malade faisant partie de la population consid&#233;r&#233;e. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; C'est une moyenne : certains patients auront co&#251;t&#233; plus cher, d'autres moins cher ; par exemple si l'observation a montr&#233; que 10% des malades souffrant de pneumonie ont eu un scanner, on paiera 10% d'un scanner &#224; tous les malades, m&#234;me s'ils ne l'ont pas eu. Par contre on ne le paiera pas &#224; ceux qui l'ont eu. C'est la conscience professionnelle des m&#233;decins qui d&#233;termine ce qui sera r&#233;ellement fait. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Autant dire que la tarification &#224; l'&lt;i&gt;activit&#233;&lt;/i&gt; n'est pas une tarification &#224; l'&lt;i&gt;acte&lt;/i&gt; ; le syst&#232;me ne s'int&#233;resse absolument pas &#224; ce qui aura &#233;t&#233; r&#233;ellement fait : dans les fractures du bras il y a un tarif pour les fractures op&#233;r&#233;es, un autre pour les fractures non op&#233;r&#233;es, mais la mani&#232;re dont on op&#232;re n'a aucune importance. &lt;i&gt;Il n'y a aucun int&#233;r&#234;t &#224; multiplier les actes&lt;/i&gt;, sauf &#224; pr&#233;tendre qu'on op&#233;rerait des gens qui n'en ont pas besoin. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Ce qui fixe le tarif, c'est donc l'observation de la d&#233;pense. Et il n'est pas pr&#233;vu que l'&#233;tablissement fasse un &lt;i&gt;b&#233;n&#233;fice&lt;/i&gt; : si donc un h&#244;pital voulait am&#233;liorer sa situation financi&#232;re en augmentant son activit&#233; globale il commettrait une b&#233;vue : il augmenterait certainement sa recette, mais il augmenterait d'autant sa d&#233;pense (nous verrons plus loin que ce n'est pas exact dans le d&#233;tail).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a donc pas de sens &#224; pr&#233;tendre que la tarification &#224; l'activit&#233; serait un syst&#232;me inflationniste. En soi, c'est un &lt;i&gt;bon&lt;/i&gt; syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut cependant nuancer, mais ces nuances ne remettent pas en cause le syst&#232;me lui-m&#234;me.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; L'h&#244;pital a des frais fixes (&#233;quipements, amortissements, etc.). Dans cette mesure (mais ces frais sont limit&#233;s, nous y reviendrons), il a moins de difficult&#233;s &#224; faire face &#224; ces frais quand son activit&#233; augmente.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Le syst&#232;me est imparfait : il ne prend en compte qu'avec retard les innovations th&#233;rapeutiques, il est bas&#233; sur une classification d'origine am&#233;ricaine dont la pertinence laisse largement &#224; d&#233;sirer, il n'est pas toujours r&#233;aliste, il ne s'adapte pas assez aux particularit&#233;s de certains &#233;tablissements, etc. Il y a l&#224; un combat permanent &#224; mener, mais qui ne remet pas en cause l'organisation g&#233;n&#233;rale de la tarification &#224; l'activit&#233;. Il est frappant de voir que la grande majorit&#233; des critiques que les m&#233;decins lui adressent proc&#232;de de leur m&#233;connaissance du sujet. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Le syst&#232;me est &#233;volutif : les tarifs, m&#234;me avec retard, sont revus, &#224; la hausse quand les progr&#232;s des soins tendent &#224; alourdir les prises en charge ; &#224; la baisse quand ce qu'on peut sans honte appeler des gains de productivit&#233; diminuent la d&#233;pense constat&#233;e (curieusement, les ajustements &#224; la baisse semblent plus faciles &#224; r&#233;aliser que les autres).
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Il y a, m&#234;me si c'est marginal, des effets d'aubaine. Par exemple il est possible de s&#233;lectionner les patients pour que la d&#233;pense r&#233;elle soit en moyenne dans la fourchette basse de la d&#233;pense th&#233;orique (il suffit de refuser les patients &#226;g&#233;s). Le syst&#232;me est juste pour les &#233;quipes qui jouent le jeu, et la conscience professionnelle a ses limites. Ou encore, la puissance de l'outil statistique est imparfaite, et certaines situations permettent de procurer un b&#233;n&#233;fice alors que d'autres seront toujours un peu d&#233;ficitaires.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Il faut que les professionnels appliquent les r&#232;gles convenues, mais il faut que l'autorit&#233; de tutelle en fasse autant : rien n'est plus simple que de baisser un tarif pour imposer autoritairement une baisse de la d&#233;pense que rien ne justifierait. On peut comprendre certaines manipulations : on constate par exemple que dans la plupart des pays &#233;volu&#233;s la chirurgie de la v&#233;sicule biliaire se fait majoritairement en ambulatoire ; la France a du retard sur ce point ; c'est la raison pour laquelle la tutelle a arr&#234;t&#233; un tarif incitatif sur la chirurgie v&#233;siculaire en ambulatoire. Mais il va de soi que la tentation est grande pour elle de baisser les tarifs pour des raisons strictement comptables. Ne faisons pas de proc&#232;s d'intention, toutefois : les gens ont une conscience. Il reste un devoir de vigilance, qui serait l'affaire des syndicats de m&#233;decins. &#192; ma connaissance ce n'est pas fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sumons-nous : la tarification &#224; l'activit&#233; ne m&#233;rite pas les critiques qu'on lui adresse. On oublie vite que les autres syst&#232;mes (prix de journ&#233;e, budget global) &#233;taient bien plus pernicieux (d'ailleurs ce syst&#232;me est si mauvais qu'il est progressivement mis en place dans toute l'Europe). Encore faut-il : &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Que les m&#233;decins l'utilisent correctement ; ils n'ont jamais voulu s'y int&#233;resser, raison pour laquelle ils racontent tant d'&#226;neries &#224; son sujet.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Que la tutelle ne triche pas avec. Il n'y a pas d'argument pour dire qu'elle le fait, mais la prudence s'impose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela implique que les m&#233;decins s'int&#233;ressent au syst&#232;me de la tarification &#224; l'activit&#233;, pour le comprendre, l'utiliser &#224; bon escient (l'exp&#233;rience courante montre que les professionnels, quand ils d&#233;crivent leurs malades, tendent &#224; &lt;i&gt;sous-estimer&lt;/i&gt; l'importance des soins qu'ils ont dispens&#233;s), et lutter contre les d&#233;rives et les imperfections. Encore faut-il pour cela qu'ils cessent de r&#233;p&#233;ter qu'ils sont l&#224; pour soigner, pas pour compter, comme si la puissance de nos moyens diagnostiques et th&#233;rapeutiques, mais aussi leur co&#251;t, ne nous cr&#233;aient pas quelques responsabilit&#233;s. La situation est telle que si on ne compte pas on ne va plus soigner tr&#232;s longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;ciproquement cela implique aussi que l'autorit&#233; de tutelle cesse de modifier le syst&#232;me &#224; sa guise, ou en fonctions d'imp&#233;ratifs qu'elle est seule &#224; conna&#238;tre, et sans jamais consulter les praticiens. La r&#233;vision des tarifs par exemple se fait dans un entre-soi r&#233;unissant des financiers, des statisticiens et des experts issus des soci&#233;t&#233;s savantes. Je me contenterai d'insinuer que les experts en question n'ont pas tous les mains dans le cambouis, et qu'il y aurait certainement d'autres interlocuteurs &#224; imaginer pour parvenir &#224; un fonctionnement plus transparent (je suppose que le mot &#171; d&#233;mocratique &#187; serait incongru).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA CRISE ACTUELLE VIENT D'UN PROBL&#200;ME DE MOYENS :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai dans une certaine mesure, mais cela demande &#224; &#234;tre nuanc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chiffre le plus int&#233;ressant &#224; consid&#233;rer est probablement la d&#233;pense de sant&#233; par an et par habitant. Si on consid&#232;re des pays dont les indicateurs de sant&#233; sont comparables on trouve (en 2017) : &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Su&#232;de : &#167; 5 219.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Pays-Bas : &#167; 5 202.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Allemagne : &#167; 5 182.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; France : &#167; 4 508.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;ficit de d&#233;pense par rapport &#224; la Su&#232;de est de 15%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela suffit-il ? Non, et pour trois raisons : &lt;br class='autobr' /&gt;
1&#176;) : Il n'y a pas forc&#233;ment un lien entre le niveau de d&#233;pense et la qualit&#233; du service rendu, car l'objectif n'est pas de d&#233;penser mais de soigner. Rappelons notre point de d&#233;part, qui est la comparaison de pays qui ont &lt;i&gt;la m&#234;me performance sanitaire&lt;/i&gt; ; il se pourrait fort bien que si la France d&#233;pense moins que la Su&#232;de c'est parce qu'elle est plus efficace, car ses r&#233;sultats en termes de sant&#233; sont les m&#234;mes. Au reste si on consid&#232;re le cas du Canada, la d&#233;pense par habitant y est &#224; peu pr&#232;s identique &#224; celle de la France : $ 4 641, et on n'entend pas dire que son syst&#232;me de sant&#233; soit en crise. De m&#234;me la Belgique est &#224; &#167; 4 392, l'Australie &#224; &#167; 4 357, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) : Il faut se demander comment on finance le syst&#232;me de sant&#233;. Si on regarde les d&#233;penses de sant&#233; par rapport au produit int&#233;rieur brut, l'Allemagne, la Su&#232;de et la France consacrent &#224; la sant&#233; un peu plus de 11%. Mais si on consid&#232;re le produit int&#233;rieur brut par habitant, on trouve : &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Su&#232;de : &#167; 56 530.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Allemagne : &#167; 49 276.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; France : &#167; 41 867.&lt;br class='autobr' /&gt;
En d'autres termes chaque Fran&#231;ais produit tout simplement moins de richesses qu'un Su&#233;dois ou un Allemand. Et la diff&#233;rence est terrible : si on voulait que la d&#233;pense par habitant en France soit la m&#234;me qu'en Allemagne, c'est 12,8 du PIB qu'il faudrait y consacrer, soit un surco&#251;t de 42 milliards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) : Le seul point commun de ces pays est qu'ils figurent dans le peloton de t&#232;te en terme d'indicateurs de sant&#233;. Mais leurs syst&#232;mes de soins sont tr&#232;s dissemblables : par exemple l'Allemagne et la Su&#232;de ont &#224; tr&#232;s peu pr&#232;s la m&#234;me d&#233;pense par habitant. Mais le parc hospitalier allemand compte 8 lits pour 1 000 habitants, le parc su&#233;dois 2,2 ; ou, &#224; d&#233;pense comparable, le parc fran&#231;ais compte 6 lits pour 1 000 habitants, le parc canadien 2,5. &lt;i&gt;Il y a des mani&#232;res tr&#232;s diff&#233;rentes d'utiliser l'hospitalisation&lt;/i&gt;. Et ceci n'est pas une affaire d'&#233;conomie : s'il y a moins de lits en Su&#232;de qu'en Allemagne, la d&#233;pense par habitant est la m&#234;me ; ce qui se passe c'est que la Su&#232;de investit bien plus que l'Allemagne dans les soins &#224; domicile. Cet exemple su&#233;dois doit nous inciter &#224; r&#233;fl&#233;chir avant de dire que le monde hospitalier fran&#231;ais manque de lits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref il faut &#234;tre prudent avant de parler de manque de moyens. Les sommes en jeu sont &#233;normes, et le yaka&#239;sme serait irresponsable. Le plus probable est que les moyens sont l&#224;, en suffisance, mais qu'ils sont mal utilis&#233;s. Redisons-le : un Fran&#231;ais est aussi bien soign&#233; qu'un Allemand, alors que la d&#233;pense par habitant est plus faible, ce qui indique, non que le syst&#232;me fran&#231;ais est paup&#233;ris&#233;, mais qu'il est plus efficace. Cela n'emp&#234;che pas qu'on peut encore faire progresser cette performance ; mais cela suppose, on le verra, une r&#233;volution de l'ensemble du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ON A FERM&#201; TROP DE LITS :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'abord s'entendre : on n'a jamais eu aucune raison de fermer des lits. Les locaux, les mat&#233;riels, tout cela ne co&#251;te gu&#232;re. Ce qui dans un h&#244;pital fait la d&#233;pense, c'est la masse salariale. Quand on dit qu'on ferme des lits il faut entendre qu'on supprime des effectifs soignants ou, plut&#244;t, qu'on les r&#233;affecte dans d'autres services. Ce n'est pas la p&#233;nurie de lits qui pose probl&#232;me c'est la p&#233;nurie de soignants. Un lit hospitalier, c'est un lit avec du monde autour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi fermerait-on des lits ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, un lit, c'est une chambre, du mobilier, mais surtout du personnel. L'essentiel de la d&#233;pense n'est pas dans les murs ou les meubles mais dans les salaires ; et il faut que les salaires soient pay&#233;s. Un lit n'a de sens que s'il y a un malade dedans. &lt;i&gt;C'est quand le lit est occup&#233; que le syst&#232;me de la tarification &#224; l'activit&#233; permet d'&#233;quilibrer recette et d&#233;pense&lt;/i&gt;. Quand il n'est pas occup&#233; il y a une d&#233;pense sans recette. Il faut donc consid&#233;rer le taux d'occupation du lit (le taux d'occupation s'obtient tr&#232;s simplement en divisant le nombre de journ&#233;es au cours desquelles il y a eu un malade dans le lit par le nombre de jours d'une ann&#233;e). &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Il n'est pas question de rechercher un taux d'occupation de 100%, qui ne laisserait aucune marge d'adaptation. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Mais en 2017 le taux d'occupation en soins aigus &#233;tait de 77% : &lt;i&gt;tout se passe comme si pr&#232;s du quart des lits &#233;taient rest&#233;s inoccup&#233;s&lt;/i&gt;. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Il est donc faux de dire que les h&#244;pitaux manquent de lits. C'est d'autant plus faux que, comme on l'a vu, de nombreux syst&#232;mes de sant&#233; fonctionnent tr&#232;s bien avec beaucoup moins de lits : citons encore le Danemark (2,5 pour 1 000) ; ou beaucoup plus, comme le Japon (13 pour 1 000), ce qui pousse &#224; conclure au moins que le nombre de lits d'h&#244;pital n'est pas un indicateur de la qualit&#233; des soins.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Le probl&#232;me est donc un probl&#232;me d'organisation : il faut pouvoir faire face &#224; un afflux de malades, mais cela ne peut pas raisonnablement se faire en param&#233;trant le nombre de lits sur la pire des situations envisageables, car cela conduirait &#224; geler des moyens trop importants. S'il y a une solution elle ne peut &#234;tre que dans la souplesse, ce qui suppose que soit n&#233;goci&#233;e une adaptation des personnels, y compris des m&#233;decins, &#224; qui un peu de souplesse ferait le plus grand bien. Cela implique qu'on ne pousse pas des cris d'orfraie quand un malade de cardiologie se retrouve temporairement en chirurgie (comme si les m&#233;decins ne savaient pas ce qu'ils font), ou qu'un soignant de neurologie est envoy&#233; faire quelques piges en gastro-ent&#233;rologie. Tout cela s'organise (notamment on n'explore pas suffisamment les possibilit&#233;s qui seraient offertes par des &#233;quipes volantes de renfort). Mais nous verrons cela en conclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu le principal facteur permettant d'expliquer le taux d'occupation est la dur&#233;e de s&#233;jour. En th&#233;orie un service de 10 lits peut sur un mois offrir 300 journ&#233;es d'hospitalisation. Si sa dur&#233;e de s&#233;jour moyenne est de 5 jours, il peut donc accueillir 60 patients. Mais si sa dur&#233;e moyenne de s&#233;jour passe &#224; 4 jours, alors il peut accueillir 75 patients (ou, s'il reste &#224; 60 patients, voir son taux d'occupation baisser &#224; 75%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce point, il y a quatre &#233;l&#233;ments &#224; consid&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) : Une hospitalisation n'est jamais une bonne chose : on ne doit hospitaliser que la main forc&#233;e. La raison en est que, du moins pass&#233; un certain &#226;ge (or les malades hospitalis&#233;s sont tr&#232;s majoritairement &#226;g&#233;s), l'&#233;tat g&#233;n&#233;ral des patients tend r&#233;guli&#232;rement &#224; s'aggraver en cours de s&#233;jour. Il est donc de l'int&#233;r&#234;t du patient d'&#234;tre hospitalis&#233; le moins possible, et de rester le moins longtemps possible. La meilleure hospitalisation est celle qui dure le temps strictement n&#233;cessaire &#224; la r&#233;alisation du programme de soins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) : Or, et m&#234;me si de tr&#232;s gros progr&#232;s ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s, la France accuse en la mati&#232;re un retard substantiel sur les pays comparables. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Parce qu'elle n'utilise pas suffisamment les immenses possibilit&#233;s des prises en charge ambulatoires.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Parce que l'organisation des soins demande encore &#224; progresser.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Parce qu'il existe un certain nombre de malades dont le s&#233;jour se prolonge parce qu'on ne trouve pas de solution d'aval. Contentons-nous d'ajouter sur ce point, d'une part que ces malades sont moins nombreux qu'on ne le croit, d'autre part que cela montre, mais j'y reviendrai, qu'il n'y a pas de sens &#224; vouloir r&#233;gler les probl&#232;mes de l'h&#244;pital sans consid&#233;rer l'ensemble du syst&#232;me de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) : La dur&#233;e de s&#233;jour varie consid&#233;rablement d'un service &#224; l'autre. Globalement elle devrait tourner autour de 4 jours. Mais, par exemple, en m&#233;decine aigu&#235; g&#233;riatrique elle est n&#233;cessairement beaucoup plus longue : non seulement parce que les probl&#232;mes sont plus complexes, non seulement parce que la vieille personne va souvent plus mal, mais simplement parce qu'il faut la laisser se poser, prendre ses marques, faute de quoi il sera illusoire de vouloir seulement l'examiner dans de bonnes conditions. C'est pourquoi il est difficile de descendre au-dessous de 12 jours, sauf &#224; compromettre la qualit&#233; des soins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176;) : La diminution de la dur&#233;e de s&#233;jour est pour un h&#244;pital le moyen le plus puissant de diminuer sa d&#233;pense. Il faut s'&#233;vertuer &#224; faire en sorte que le s&#233;jour ne dure pas au-del&#224; du strict n&#233;cessaire, aussi bien dans l'int&#233;r&#234;t du patient que de celui de l'h&#244;pital. Dans les h&#244;pitaux publics elle est de 5,9 jours. Si on arrivait &#224; la m&#234;me performance que la Su&#232;de (5,5 jours), c'est 10% de la capacit&#233; d'accueil qui serait d&#233;gag&#233;e. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Il suffirait de ce gain pour que la question des services d'urgences soit pratiquement r&#233;gl&#233;e.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Mais pour gagner cette petite demi-journ&#233;e il faut un colossal effort d'organisation.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Et bien entendu l'exercice a des limites : on voit mal comment on pourrait, sauf &#224; compromettre la qualit&#233; des soins, descendre au-dessous de 4 jours, &#224; supposer qu'on puisse y arriver : seuls les Pays-Bas, l'Australie et la Nouvelle Z&#233;lande sont au dessous de 5 jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc trop rapide de dire qu'on manque de lits. Mais comment am&#233;liorer les choses ? Il faut bien faire fonds sur la bonne volont&#233; des professionnels, d'autant qu'il serait criminel de passer outre ce que leur conscience leur dicte. Ce serait toutefois faire preuve d'ang&#233;lisme que de feindre d'ignorer comment un m&#233;decin s'y prend pour sanctuariser un lit qu'il ne veut pas mettre &#224; la disposition des Urgences, comment il ren&#226;cle &#224; pratiquer de la m&#233;decine ambulatoire parce qu'elle est pour lui un peu moins confortable, comment&#8230; Il est d'ailleurs piquant de constater que, nous dit-on, les m&#233;decins d&#233;sertent l'h&#244;pital public pour aller dans le priv&#233; o&#249; la premi&#232;re chose qu'on leur fera sera de leur imposera ce rythme et ces pratiques qu'ils clament impossible dans le public ; il est vrai qu'on les paiera mieux, il faut croire que, parfois, les m&#233;decins savent quitter probit&#233; et lin blanc pour s'int&#233;resser aux chiffres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES SOIGNANTS SONT MAL CONSID&#201;R&#201;S :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soyons clairs : &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Les soignants ne seront jamais assez bien consid&#233;r&#233;s. C'est vrai des infirmi&#232;res, c'est encore plus vrai des aides-soignantes (c'est d&#233;j&#224; une insulte que de les appeler ainsi : comme si ce n'&#233;taient pas des soignantes), et plus encore des agents de service. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Par &#171; reconnaissance &#187; on entend, dans la pratique, une augmentation de salaire. C'est une bonne mani&#232;re de reconna&#238;tre le travail, il y en a d'autres.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Tout cela dit, le niveau de r&#233;mun&#233;ration des professionnels de sant&#233; est anormalement bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faudrait tout de m&#234;me nuancer. L'&#233;tude pr&#233;cise des niveaux de salaire dans les principaux pays europ&#233;ens montre que l'infirmi&#232;re fran&#231;aise est pay&#233;e &#224; peu pr&#232;s comme ses coll&#232;gues allemandes, et italiennes, et que si elle est moins bien r&#233;mun&#233;r&#233;e qu'une infirmi&#232;re belge ou anglaise cette diff&#233;rence s'efface si on consid&#232;re que son temps de travail annuel est moindre. Seules les Scandinaves et les Suisses ont un niveau de r&#233;mun&#233;ration incomparablement plus &#233;lev&#233; (le cas de la p&#233;ninsule Ib&#233;rique est &#224; part) ; mais cette diff&#233;rence dispara&#238;t quand on compare le salaire de la profession au salaire moyen dans le pays consid&#233;r&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir pour d&#233;tails https://www.actusoins.com/4395/salaire-des-infirmiers-en-europe' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela est donc tr&#232;s compliqu&#233;. Ajoutons que les chiffres sont brutaux : ce n'est pas trop demander que vouloir que le salaire des infirmi&#232;res soit augment&#233; de &#8364; 300 par mois. Le co&#251;t de cette mesure fr&#244;le le milliard d'euros. Et l'urgence est bien plus chez les aides-soignantes que chez les infirmi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES URGENCES SONT D&#201;BORD&#201;ES :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de s'y rendre pour le constater.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on ne peut gu&#232;re s'imaginer qu'on va trouver une solution si on n'a pas compris d'o&#249; vient le probl&#232;me. Or il va de soi qu'il pr&#233;sente deux aspects. S'il y a trop de monde aux Urgences c'est parce qu'il en arrive trop et qu'il en part trop peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) : Il arrive trop de monde aux Urgences, et ceci est d&#251; au fait que les m&#233;decins lib&#233;raux ne r&#233;pondent plus &#224; la demande. C'est tout &#224; fait vrai. &#192; condition de noter deux points.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Un point d&#233;mographique : au 1er janvier 2018 il y avait 226 000 m&#233;decins en France, soit un pour 300 habitants. Certes il y a les g&#233;n&#233;ralistes, les sp&#233;cialistes, les hospitaliers, les administratifs, etc. On a tout de m&#234;me un peu de mal &#224; penser qu'il en faudrait davantage. L&#224; aussi on pourrait suspecter un probl&#232;me d'organisation.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Un point historique : il n'y a pas trente ans les m&#233;decins de ville assuraient les urgences et faisaient des gardes. Il ne faut pas inverser l'ordre des &#233;v&#233;nements : ce n'est pas la carence des m&#233;decins lib&#233;raux qui a entra&#238;n&#233; le d&#233;veloppement des Urgences, c'est le contraire : ce sont les Urgences qui ont subtilis&#233; le march&#233;. Elles en paient aujourd'hui le prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, les Urgences craquent, et il faut voler &#224; leur secours. &#192; condition de ne pas oublier que la question est plut&#244;t de savoir comment on va s'y prendre pour tarir le flux qui les submerge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) : Il part trop peu de malades, et la question des lits d'aval est un enjeu crucial. Mais nous avons vu en &#233;tudiant la question d'une &#233;ventuelle p&#233;nurie de lits de m&#233;decine que la situation est plus complexe qu'annonc&#233;. On peut d'ailleurs en avoir une intuition en observant que les &#233;tablissements qui ont cr&#233;&#233; un poste d'infirmier r&#233;gulateur charg&#233; de trouver des lits d'hospitalisation ont vu leur temps d'attente aux Urgences baisser d'un bon tiers ; les infirmiers r&#233;gulateurs ne fabriquent pas les lits, ils se contentent de trouver ceux qui existent bel et bien dans la vraie vie. De toute mani&#232;re la conclusion qui s'impose est que l&#224; non plus on ne r&#233;soudra pas le probl&#232;me des Urgences si on veut le traiter isol&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des solutions, mais elles passent l&#224; aussi par un effort d'organisation. Car si l'on se place d'un point de vue strictement m&#233;dical :
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; 50% des personnes se pr&#233;sentant aux Urgences n'avaient rien &#224; y faire.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; 25% ne posaient pas de probl&#232;me d'urgence, mais le doute &#233;tait l&#233;gitime.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; 25% ont &#233;t&#233; hospitalis&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a donc probablement un moyen de d&#233;river la moiti&#233; des personnes qui se pr&#233;sentent aux Urgences, r&#233;glant ainsi durablement le probl&#232;me. Or si les Urgences fonctionnent comme elles le font, c'est parce qu'elles compensent des d&#233;faillances du syst&#232;me social en g&#233;n&#233;ral, et de la m&#233;decine lib&#233;rale en particulier. Il serait temps de les rendre &#224; leur mission, plut&#244;t que de rechercher les moyens, toujours insuffisants, de leur permettre de faire autre chose que leur m&#233;tier. Par exemple :
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Imposer le tiers-payant g&#233;n&#233;ralis&#233; (&#224; condition qu'il marche) &#224; tous les professionnels de sant&#233; : il est notoire que certains viennent aux Urgences parce qu'ils ne peuvent pas faire l'avance des frais.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Tirer les cons&#233;quences du fait que les professionnels lib&#233;raux exercent une mission de service public, que d'ailleurs leur r&#233;mun&#233;ration provient de fonds somme toute publics, et que cela cr&#233;e des devoirs, notamment celui d'assurer la continuit&#233; du service ; ou l'interdiction de refuser de nouveaux patients.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Imposer aux Urgences de s'occuper d'urgences. Je veux dire par l&#224; qu'on pourrait, pour dissuader les recours intempestifs (et &#224; condition d'avoir pr&#233;alablement r&#233;solu, entre autres, les deux points pr&#233;c&#233;dents) aux Urgences, d&#233;cider que les services d'urgence ne seront pas autoris&#233;s &#224; &#233;tablir des ordonnances pour la ville. Les patients seraient examin&#233;s, mais si les soins s'av&#233;raient non urgents le patient serait renvoy&#233; vers son m&#233;decin. Au Danemark il n'est pas possible d'aller aux Urgences autrement qu'en ambulance. On n'est pas forc&#233; d'en venir l&#224;, mais il y a tout de m&#234;me des pistes &#224; creuser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES D&#201;SERTS M&#201;DICAUX PROGRESSENT :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; un point indiscutable. Je ne sais pas s'il est utile d'&#233;piloguer sur ce point, je me contenterai de quelques notations sur les g&#233;n&#233;ralistes :
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Le m&#233;tier perd de son attractivit&#233; : les m&#233;decins veulent gagner plus et travailler moins. C'est humain. Rappelons toutefois que le revenu net imposable moyen d'un g&#233;n&#233;raliste &#233;tait d'un peu plus de &#8364; 7 000 par mois en 2018. Leur temps de travail moyen est de 54 heures par semaine. Ma position, toute personnelle, mais assise sur le fait que j'ai pratiqu&#233; la m&#233;decine g&#233;n&#233;rale pendant vingt-cinq ans, est que j'ai du mal &#224; plaindre quelqu'un qui gagne &#8364; 7 000 par mois, et que s'agissant de mon temps de travail je savais, en m'installant, &#224; quoi je m'engageais. Mais il est vrai qu'on a probablement laiss&#233; filer cette conception, jadis qualifi&#233;e de sacerdotale, du m&#233;tier, et que cette disponibilit&#233; qui faisait partie de la culture n'est plus maintenant une &#233;vidence pour certains jeunes confr&#232;res.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Les zones qui se d&#233;sertifient en m&#233;decins sont celles qui se d&#233;sertifient tout court. Il y a longtemps qu'on n'a pas entendu parler d'am&#233;nagement du territoire.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; On oublie un peu vite la mani&#232;re dont les pouvoirs publics se sont ing&#233;ni&#233;s &#224; d&#233;courager les m&#233;decins, notamment g&#233;n&#233;ralistes. Le discours officiel des ann&#233;es 1980 &#233;tait qu'il y avait trop de m&#233;decins en France, notamment dans le secteur lib&#233;ral, et que le meilleur moyen de r&#233;guler les d&#233;penses de sant&#233; &#233;tait de diminuer l'offre. Ne d&#233;taillons pas, mais il y a eu au tournant de ces ann&#233;es-l&#224; une volont&#233; de mainmise du secteur hospitalier sur l'ensemble de la m&#233;decine, et une v&#233;ritable entreprise d'hospitalocentrisme. Les m&#233;decins lib&#233;raux qui ont milit&#233; pour la mise en place des fili&#232;res et r&#233;seaux de soins gardent un souvenir amer des combats qu'ils ont d&#251; mener, pas toujours avec succ&#232;s, pour &#233;viter que les correspondants hospitaliers, flairant l'aubaine de ces budgets qui tombaient du ciel et qu'ils pourraient d&#233;tourner &#224; leur profit, renoncent &#224; revendiquer le leadership exclusif de r&#233;seaux dont les lib&#233;raux se retrouveraient les grouillots. Le tout de la meilleure foi du monde, il est vrai que c'est &#224; cette &#233;poque qu'est n&#233;e cette rodomontade du syst&#232;me-de-soins-centr&#233;-sur-le-patient. Et on a pu constater depuis la mani&#232;re dont les r&#233;seaux existants, notamment ceux d&#233;di&#233;s aux soins palliatifs &#224; domicile ou &#224; la g&#233;rontologie, ont vu leurs dotations fondre au m&#233;pris de tous les beaux discours. Bref le syst&#232;me lib&#233;ral est d&#233;sorganis&#233;, et l'individualisme des m&#233;decins n'y est pas pour peu. Ce n'est pas la seule cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut cependant tirer les conclusions et d&#233;cider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je l'ai dit : les m&#233;decins lib&#233;raux remplissent de fait une mission de service public. Ils ont l'exclusivit&#233; d'une pratique professionnelle, ils tirent leurs revenus de l'Assurance-maladie, institution totalement solvable et aliment&#233;e par des fonds publics. Dans ces conditions il est l&#233;gitime d'attendre d'eux qu'ils assurent cette mission ce qui implique, entre autres :
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Un maillage du territoire.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Une garantie de permanence des soins.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Une participation dynamique aux actions de sant&#233; publique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela entra&#238;ne des contraintes. Mais actuellement on continue &#224; financer des acteurs lib&#233;raux avec des fonds publics ; c'est irresponsable (et bien plus inflationniste que la tarification &#224; l'activit&#233;). Cela suppose aussi, bien s&#251;r, une r&#233;mun&#233;ration ad&#233;quate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne manquera pas de r&#233;pliquer qu'une telle mutation entra&#238;nerait une lev&#233;e de boucliers des m&#233;decins. Sans doute. Mais :
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; On a l'habitude : les boucliers s'&#233;taient lev&#233;s de la m&#234;me mani&#232;re quand il a fallu mettre en place la convention entre m&#233;decins et Assurance-maladie.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; On ferait mieux de se souvenir qu'au d&#233;but des ann&#233;es 80 la moiti&#233; des g&#233;n&#233;ralistes se disaient pr&#234;ts &#224; envisager de renoncer au paiement &#224; l'acte pour opter pour une m&#233;decine salari&#233;e.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La question est de savoir combien de temps on va pouvoir tenir dans le syst&#232;me tel qu'il est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;UNE BONNE FOIS POUR TOUTES :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est &#224; craindre, c'est qu'on poursuive sur la voie qui est actuellement emprunt&#233;e : on fait des propositions, des r&#233;formes, on prend des initiatives, mais c'est toujours en ordre dispers&#233;. Par exemple :
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; On a cr&#233;&#233; (apr&#232;s s'&#234;tre couvert de ridicule par les d&#233;lais de mise en place) un dossier m&#233;dical partag&#233;. Mais il n'est pas obligatoire.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; On a cr&#233;&#233; le parcours de soins. Mais il reste poreux, car il est possible &#224; qui en a les moyens de s'en affranchir.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; On cr&#233;e des maisons de sant&#233;. Mais cela reste &#224; la convenance de qui veut en cr&#233;er.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; On vole (&#224; basse altitude) au secours des Urgences, mais on le fait sans lien avec la situation de la m&#233;decine ambulatoire, et sans lien avec le questionnement sur la gouvernance des services hospitaliers.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; On a donn&#233; aux m&#233;decins responsables des p&#244;les hospitaliers une certaine autonomie financi&#232;re. Mais cette autonomie est rest&#233;e symbolique, et l'implication du corps m&#233;dical dans la gestion (et la prise de responsabilit&#233;s de l'h&#244;pital) reste totalement embryonnaire : on aimerait &#233;crire qu'on s'est arr&#234;t&#233; au milieu du gu&#233;, mais c'est tout juste si on a quitt&#233; la berge.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La r&#233;flexion sur les solutions d'aval (soins de suite, soins de longue dur&#233;e, EHPAD, soins et hospitalisation &#224; domicile) se limite &#224; un jeu de mistigri, sans autre projet d'ensemble que celui de refiler la d&#233;pense au voisin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour peu je donnerais raison &#224; la Ministre : il ne faut pas que les mesures d&#233;cid&#233;es en catastrophe pour &#233;teindre l'incendie retardent, voire compromettent la n&#233;cessaire r&#233;flexion de fond. Mais&#8230; je lui donnerais raison si on la voyait venir, cette r&#233;flexion de fond. Or il s'agit de rien de moins que de refonder int&#233;gralement notre syst&#232;me de sant&#233;. Il faut le refonder dans toutes ses composantes :
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Quel h&#244;pital voulons-nous ? Il y a le syst&#232;me hospitalier su&#233;dois, avec 2,2 lits pour 1 000 habitants et une dur&#233;e de s&#233;jour de 5,5 jours ; et il y a le syst&#232;me japonais, avec 13,1 lits pour 1 000 habitants et une dur&#233;e de s&#233;jour de 16,2 jours. En termes de sant&#233; publique la performance est la m&#234;me. Mais il va de soi que derri&#232;re ces &#233;normes disparit&#233;s il y a d'&#233;normes diff&#233;rences de conception. Que voulons-nous ? Combien de temps allons-nous pr&#233;tendre que notre syst&#232;me est le seul possible ? Et comment accomplir une telle r&#233;volution si on ne met pas autour de la table tous les interlocuteurs ? Il faudra pour cela contraindre les m&#233;decins &#224; s'int&#233;resser &#224; ces d&#233;tails mat&#233;riels qu'ils d&#233;nigrent tant, sans comprendre que si les m&#233;decins ne veulent pas faire de la comptabilit&#233; ils n'&#233;viteront pas que les comptables se mettent &#224; faire de la m&#233;decine.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Quelle m&#233;decine de ville voulons-nous ? La conclusion qu'on peut tirer de ce que nous voyons, c'est simplement que le mode actuel d'organisation de la m&#233;decine lib&#233;rale &#233;choue &#224; remplir la mission de service public dont elle devrait se savoir investie. Il est grand temps de d&#233;cider quelles contraintes nous acceptons, et comment nous les imposons.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Comment organisons-nous les structures post-hospitali&#232;res, qu'il s'agisse de l'hospitalisation &#224; domicile, des services de soins, des r&#233;seaux ? Comment reprend-on la probl&#233;matique des EHPAD, dont la souffrance tient largement &#224; la mise &#224; mort des services de long s&#233;jour ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etc. Ce que je sais, c'est qu'on n'arrivera &#224; rien sans une r&#233;volution compl&#232;te de tout le syst&#232;me. Avec ce que cela comporte d'abandons et de contraintes. Mon propos n'est pas de d&#233;crire cette r&#233;volution : j'ai mes id&#233;es mais tout est &#224; n&#233;gocier. Ce que je sais aussi c'est qu'on n'en prend pas le chemin et qu'on va une fois de plus se borner &#224; des cataplasmes. Ce que je sais c'est que ceux qui, en gr&#232;ve, expriment leur (authentique) souffrance n'imaginent rien d'autre que d'obtenir des moyens pour faire vivre le mod&#232;le actuel, alors que c'est ce mod&#232;le qu'il faut changer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je sais c'est qu'il ne faut pas craindre ce qui pourrait s'apparenter &#224; une nationalisation de l'ensemble du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple est &#224; m&#233;diter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fut un temps o&#249; nous pr&#233;tendions que le syst&#232;me de sant&#233; fran&#231;ais &#233;tait le meilleur du monde (son seul d&#233;faut &#233;tait de ne pas &#234;tre financ&#233;) ; en ce temps-l&#224; il &#233;tait de bon aloi de se gausser du National Health Service, qui &#233;tait le plus mauvais du monde, &#224; telle enseigne qu'on enregistrait un v&#233;ritable exode des Britanniques qui venaient se faire soigner chez nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de nos jours les choses sont, me semble-t-il, un peu diff&#233;rentes : &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La France n'est plus, loin de l&#224;, au premier rang : elle pointe grossi&#232;rement &#224; une honorable quinzi&#232;me place, souvent juste devant&#8230; le Royaume Uni.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; C'est tout de m&#234;me au National Health Service que nous devons l'invention et le d&#233;veloppement des soins palliatifs, dont on ne peut pas dire que ce soit une discipline o&#249; on se donne pour objectif de rationner les soins. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; On attend toujours l'exode massif de patients britanniques sur le continent.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Quiconque s'int&#233;resse un peu &#224; l'actualit&#233; n'a pas manqu&#233; de noter que l'un des points essentiels de la campagne &#233;lectorale outre-Manche est la pr&#233;servation de ce d&#233;testable National Health Service auquel les Britanniques ont le mauvais go&#251;t d'&#234;tre farouchement attach&#233;s. Il est vrai que ce sont des Britanniques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir pour d&#233;tails &lt;a href=&#034;https://www.actusoins.com/4395/salaire-des-infirmiers-en-europe-la-france-est-elle-bien-placee.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;https://www.actusoins.com/4395/salaire-des-infirmiers-en-europe-la-france-est-elle-bien-placee.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'habilitation familiale</title>
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		<dc:date>2017-11-28T11:53:08Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Depuis quelque temps la loi (ordonnance n&#176; 2015-1288 du 15 octobre 2015, ratifi&#233;e par la loi n&#176; 2016-1547 du 18 novembre 2016) propose une alternative &#224; la tutelle appel&#233;e habilitation familiale. Il s'agit d'une disposition par laquelle un proche peut assumer des responsabilit&#233;s habituellement d&#233;volues &#224; un tuteur. Sur le papier c'est une alternative s&#233;duisante. Mais que peut-on en penser ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Lisons les textes. C'est l'article 494 du Code Civil. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsqu'une personne est hors d'&#233;tat de manifester sa (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Organisation g&#233;riatrique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis quelque temps la loi (ordonnance n&#176; 2015-1288 du 15 octobre 2015, ratifi&#233;e par la loi n&#176; 2016-1547 du 18 novembre 2016) propose une alternative &#224; la tutelle appel&#233;e &lt;i&gt;habilitation familiale&lt;/i&gt;. Il s'agit d'une disposition par laquelle un proche peut assumer des responsabilit&#233;s habituellement d&#233;volues &#224; un tuteur. Sur le papier c'est une alternative s&#233;duisante. Mais que peut-on en penser ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lisons les textes. C'est l'article 494 du Code Civil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Lorsqu'une personne est hors d'&#233;tat de manifester sa volont&#233; pour l'une des causes pr&#233;vues &#224; l'article 425, le juge des tutelles peut habiliter une ou plusieurs personnes choisies parmi ses ascendants ou descendants, fr&#232;res et s&#339;urs ou (&#8230;) le conjoint, le partenaire auquel elle est li&#233;e par un pacte civil de solidarit&#233; ou le concubin &#224; la repr&#233;senter ou &#224; passer un ou des actes en son nom (&#8230;) afin d'assurer la sauvegarde de ses int&#233;r&#234;ts&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, les conditions pour proc&#233;der &#224; une habilitation familiale sont les m&#234;mes que celles de la tutelle. En particulier l'article 425 stipule que la population cibl&#233;e est &lt;i&gt;toute personne dans l'impossibilit&#233; de pourvoir seule &#224; ses int&#233;r&#234;ts en raison d'une alt&#233;ration, m&#233;dicalement constat&#233;e, soit de ses facult&#233;s mentales, soit de ses facult&#233;s corporelles de nature &#224; emp&#234;cher l'expression de sa volont&#233;&lt;/i&gt;. Elle est subordonn&#233;e &#224; une expertise m&#233;dicale, comme pour une mesure de tutelle. D'ailleurs le texte poursuit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La personne habilit&#233;e doit remplir les conditions pour exercer les charges tut&#233;laires&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule diff&#233;rence est qu'&lt;i&gt;Elle exerce sa mission &#224; titre gratuit&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'habilitation familiale ne peut &#234;tre ordonn&#233;e par le juge qu'en cas de n&#233;cessit&#233; et lorsqu'il ne peut &#234;tre suffisamment pourvu aux int&#233;r&#234;ts de la personne par l'application des r&#232;gles du droit commun de la repr&#233;sentation, de celles relatives aux droits et devoirs respectifs des &#233;poux et des r&#232;gles des r&#233;gimes matrimoniaux (&#8230;) ou par les stipulations du mandat de protection future conclu par l'int&#233;ress&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve ici les m&#234;mes restrictions que pour la tutelle : l'habilitation familiale ne peut intervenir que quand on ne peut pas faire autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disons-le tout de suite : ce qui guide le l&#233;gislateur dans tous les textes qui sont produits depuis dix ans c'est un seul objectif : r&#233;duire par tous les moyens le co&#251;t de la justice des tutelles. Le reste, c'est de l'annonce, de l'affichage. Certes, il &#233;tait bon de rappeler par exemple que la tutelle ne se justifie que quand elle est absolument n&#233;cessaire : ainsi quand la personne &#224; prot&#233;ger est mari&#233;e et que son conjoint est en &#233;tat de s'en occuper, le mariage comporte un devoir d'assistance qui rendrait intempestive une mesure de tutelle (disposition m&#233;connue qui pourtant figure dans la loi) ; mais la loi serait s&#251;rement moins ardente &#224; limiter le nombre de mesures de tutelle si la raison principale &#233;tait le respect de la libert&#233; des personnes et non le d&#233;sir de faire des &#233;conomies. De la m&#234;me fa&#231;on la loi sur les tutelles parle du respect des droits de la personne : elle pr&#233;cise que la personne prot&#233;g&#233;e conserve la libert&#233; de d&#233;cider de son lieu de r&#233;sidence. Sauf que c'est une plaisanterie : si la personne sous tutelle &#233;tait en &#233;tat de prendre une telle d&#233;cision elle ne serait pas sous tutelle&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La demande aux fins de d&#233;signation d'une personne habilit&#233;e peut &#234;tre pr&#233;sent&#233;e au juge par l'une des personnes mentionn&#233;es &#224; l'article 494-1 ou par le procureur de la R&#233;publique &#224; la demande de l'une d'elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La demande est introduite, instruite et jug&#233;e conform&#233;ment aux r&#232;gles du code de proc&#233;dure civile et dans le respect des dispositions des articles 429 et 431.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La personne &#224; l'&#233;gard de qui l'habilitation est demand&#233;e est entendue ou appel&#233;e selon les modalit&#233;s pr&#233;vues au premier alin&#233;a de l'article 432. Toutefois, le juge peut, par d&#233;cision sp&#233;cialement motiv&#233;e et sur avis du m&#233;decin mentionn&#233; &#224; l'article 431, d&#233;cider qu'il n'y a pas lieu de proc&#233;der &#224; son audition si celle-ci est de nature &#224; porter atteinte &#224; sa sant&#233; ou si la personne est hors d'&#233;tat de s'exprimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le juge s'assure de l'adh&#233;sion ou, &#224; d&#233;faut, de l'absence d'opposition l&#233;gitime &#224; la mesure d'habilitation et au choix de la personne habilit&#233;e des proches mentionn&#233;s &#224; l'article 494-1 qui entretiennent des liens &#233;troits et stables avec la personne ou qui manifestent de l'int&#233;r&#234;t &#224; son &#233;gard et dont il conna&#238;t l'existence au moment o&#249; il statue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le juge statue sur le choix de la personne habilit&#233;e et l'&#233;tendue de l'habilitation en s'assurant que le dispositif projet&#233; est conforme aux int&#233;r&#234;ts patrimoniaux et, le cas &#233;ch&#233;ant, personnels de l'int&#233;ress&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci recopie ce qui est pr&#233;vu pour la tutelle. La seule curiosit&#233; est probablement que le Procureur peut demander une mesure d'habilitation ; on se demande dans quelles circonstances il pourrait d&#233;cider de le faire : l'habilitation familiale ne se con&#231;oit que dans des familles tr&#232;s unies, et dans ce cas ce sont ces familles qui feront la demande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'habilitation peut porter sur :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; un ou plusieurs des actes que le tuteur a le pouvoir d'accomplir, seul ou avec une autorisation, sur les biens de l'int&#233;ress&#233; ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; un ou plusieurs actes relatifs &#224; la personne &#224; prot&#233;ger. Dans ce cas, l'habilitation s'exerce dans le respect des dispositions des articles 457-1 &#224; 459-2 du code civil&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On continue de recopier les dispositions relatives &#224; la tutelle, avec la m&#234;me volont&#233; de pr&#233;ciser la question de la protection des biens ou de la personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivent quelques pr&#233;cisions sur les limites de l'habilitation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La personne habilit&#233;e ne peut accomplir un acte de disposition &#224; titre gratuit qu'avec l'autorisation du juge des tutelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'int&#233;r&#234;t de la personne &#224; prot&#233;ger l'implique, le juge peut d&#233;livrer une habilitation g&#233;n&#233;rale portant sur l'ensemble des actes ou l'une des deux cat&#233;gories d'actes mentionn&#233;s aux deuxi&#232;me et troisi&#232;me alin&#233;as.&lt;br class='autobr' /&gt;
La personne habilit&#233;e dans le cadre d'une habilitation g&#233;n&#233;rale ne peut accomplir un acte pour lequel elle serait en opposition d'int&#233;r&#234;ts avec la personne prot&#233;g&#233;e. Toutefois, &#224; titre exceptionnel et lorsque l'int&#233;r&#234;t de celle-ci l'impose, le juge peut autoriser la personne habilit&#233;e &#224; accomplir cet acte&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout de m&#234;me, par rapport &#224; une mesure de tutelle on a l'impression que l'&#233;tendue de l'habilitation est en principe limit&#233;e &#224; des situations pr&#233;cises : par exemple proc&#233;der &#224; la vente d'une maison en cas d'habilitation aux biens, &#224; une intervention chirurgicale en cas d'habilitation &#224; la personne. L'habilitation g&#233;n&#233;rale n'est pas pr&#233;sent&#233;e comme la r&#232;gle ; reste &#224; savoir ce que les Juges en feront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En cas d'habilitation g&#233;n&#233;rale, le juge fixe une dur&#233;e au dispositif sans que celle-ci puisse exc&#233;der dix ans. Statuant sur requ&#234;te de l'une des personnes mentionn&#233;es &#224; l'article 494-1 ou du procureur de la R&#233;publique saisi &#224; la demande de l'une d'elles, il peut renouveler l'habilitation lorsque les conditions pr&#233;vues aux articles 431 et 494-5 sont remplies. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La personne habilit&#233;e peut, sauf d&#233;cision contraire du juge, proc&#233;der sans autorisation aux actes mentionn&#233;s au premier alin&#233;a de l'article 427&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; une diff&#233;rence avec la tutelle : l'article 427 alin&#233;a 1 mentionne en effet : &lt;i&gt;La personne charg&#233;e de la mesure de protection ne peut proc&#233;der ni &#224; la modification des comptes ou livrets ouverts au nom de la personne prot&#233;g&#233;e, ni &#224; l'ouverture d'un autre compte ou livret aupr&#232;s d'un &#233;tablissement habilit&#233; &#224; recevoir des fonds du public&lt;/i&gt;. Cette interdiction ne s'applique pas en cas d'habilitation. J'aimerais toutefois avoir une pr&#233;cision sur ce point : car si l'habilitation n'est pas g&#233;n&#233;rale, alors elle est express&#233;ment limit&#233;e &#224; certains actes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La personne &#224; l'&#233;gard de qui l'habilitation a &#233;t&#233; d&#233;livr&#233;e conserve l'exercice de ses droits autres que ceux dont l'exercice a &#233;t&#233; confi&#233; &#224; la personne habilit&#233;e en application de la pr&#233;sente section&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre diff&#233;rence int&#233;ressante : on sait que la tutelle &#171; r&#233;duit la personne prot&#233;g&#233;e &#224; l'&#233;tat de mineur &#187;. Ici la personne b&#233;n&#233;ficiant d'une mesure d'habilitation conserve, par exemple, son droit de vote. Reste &#224; savoir comment cette disposition sera appliqu&#233;e en cas d'habilitation g&#233;n&#233;rale &#224; la personne (don d'organes, mariage&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(&#8230;)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite n'a qu'un int&#233;r&#234;t technique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme la grande diff&#233;rence entre l'habilitation et la tutelle, c'est qu'une fois l'habilitation d&#233;cid&#233;e le Juge n'intervient plus, sauf en cas de difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce un avantage ? Je n'en suis pas s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, de ce seul fait l'habilitation familiale est une mesure plus commode que la tutelle. D'autre part elle &#233;limine compl&#232;tement le risque de voir d&#233;signer un tuteur ext&#233;rieur, ce qui constitue une crainte r&#233;currente des familles. Enfin elle est plus respectueuse des droits de la personne en tant que citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais chacun de ces avantages entra&#238;ne des inconv&#233;nients importants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est que le Juge n'intervient plus ; et que s'il ne le fait pas ce n'est nullement pour un meilleur respect de la libert&#233; des personnes, c'est uniquement pour r&#233;duire les co&#251;ts. Cette r&#233;duction n'est pas en soi ill&#233;gitime, et on conna&#238;t bien des situations o&#249; on est tent&#233; de se dire que les choses sont suffisamment claires et simples pour rendre ridicule le recours &#224; la Justice. Mais il ne faudrait pas perdre de vue trop vite que le contr&#244;le du Juge est avant tout une s&#233;curit&#233; pour la personne qui est charg&#233;e des int&#233;r&#234;ts du malade, car l'obligation de valider les comptes de tutelle rend ceux-ci pratiquement inattaquable par les autres personnes int&#233;ress&#233;es. C'est cette s&#233;curit&#233; qui se perd en ca d'habilitation familiale. Il r&#233;sulte de cela que la condition absolue pour proc&#233;der &#224; une telle mesure est que la famille s'entende parfaitement. Encore faudra-t-il en juger avec une extr&#234;me prudence, tant il est banal de voir les familles les plus unies se d&#233;chirer &#224; l'ouverture du testament. Et il importe de comprendre pourquoi. Certes nous avons tous vu de ces charognards qui n'en ont qu'apr&#232;s l'argent de la vieille mais&#8230; c'est beaucoup plus rare qu'on ne le croit ; il ne faut pas m&#233;conna&#238;tre que l'argent est aussi un langage, et que le plus souvent ce qui s'exprime de mani&#232;re apparemment sordide dans des comptes ridicules a plus &#224; voir avec le chagrin du deuil qu'avec l'int&#233;r&#234;t. L'int&#233;r&#234;t du regard du Juge est alors de couper court &#224; des comportements qui sont des impasses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second, c'est que la crainte d'un tuteur ext&#233;rieur est doublement exag&#233;r&#233;e. Elle est exag&#233;r&#233;e parce que d&#232;s &#224; pr&#233;sent la loi sur les tutelles impose au Juge de rechercher pr&#233;f&#233;rentiellement un tuteur dans la famille ; et plut&#244;t que de cr&#233;er cette nouvelle disposition de l'habilitation familiale il aurait mieux valu que cette obligation de rechercher un tuteur dans la famille soit respect&#233;e un peu plus scrupuleusement. Mais elle est exag&#233;r&#233;e aussi parce que contrairement aux rumeurs et aux bruits qui courent, les tuteurs professionnels sont dans leur &#233;crasante majorit&#233; des gens honn&#234;tes et consciencieux, qui font remarquablement leur travail ; le recours &#224; un tuteur ext&#233;rieur est l&#224; aussi un excellent moyen d'&#233;viter les conflits dans la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au meilleur respect des droits citoyens de la personne, j'ai dit plus haut ce que j'en pensais, mais je veux bien le reprendre : &#224; qui va-t-on faire croire, par exemple, que la personne qu'on a d&#251; faire entrer en institution parce qu'elle ne sait plus vivre chez elle va se trouver en mesure d'exercer son droit de vote ? Et quand on insiste pour qu'elle puisse se livrer &#224; ce faux-semblant, quel m&#233;pris montre-t-on de la d&#233;mocratie, et quel m&#233;pris montre-t-on de la personne elle-m&#234;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je serais donc tr&#232;s prudent sur cette affaire d'habilitation familiale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La tutelle des personnes &#226;g&#233;es</title>
		<link>http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article13</link>
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		<dc:date>2012-01-16T16:04:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Longtemps les textes r&#233;gissant la protection juridique des personnes &#226;g&#233;es ont &#233;t&#233; totalement inadapt&#233;s. Qu'en et-il &#224; pr&#233;sent ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Organisation g&#233;riatrique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;AVERTISSEMENT&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le texte pr&#233;sent&#233; ici est augment&#233; d'un post scriptum. Je recommande au lecteur de lire ce dernier tr&#232;s attentivement&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;INTRODUCTION&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tous les g&#233;riatres sont tous les jours confront&#233;s au probl&#232;me de la protection judiciaire des personnes &#226;g&#233;es. De plus en plus souvent cette protection est rendue n&#233;cessaire par les situations de d&#233;mence. Il faut parfois prot&#233;ger la personne d'un entourage mal intentionn&#233; ou peu attentif aux exigences de la droiture ; il faut plus souvent g&#233;rer ses biens &#224; sa place ; mais la situation la plus courante et la plus dramatique est celle de toutes ces vieilles personnes qui ne sont plus en &#233;tat de vivre chez elles, qu'il faut institutionnaliser, et qui s'y refusent. Rien ne nous autorise &#224; prendre une telle d&#233;cision qui attente gravement aux droits de la personne, et la seule solution est de solliciter une d&#233;cision de justice. Dans une telle situation, ce dont nous avons besoin c'est donc clairement d'une mesure de protection de la personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un probl&#232;me de plus en plus important :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question de la tutelle prend une importance quantitative croissante sous l'influence de deux donn&#233;es au moins :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) : Il y a d'abord l'augmentation du nombre de mises sous tutelle : cette augmentation est assez largement reconnue, au point que certains parlementaires s'en sont inqui&#233;t&#233;s Il n'est pas besoin d'une grande lucidit&#233; pour voir se profiler derri&#232;re cette inqui&#233;tude le d&#233;sir de limiter le co&#251;t de ces mises sous tutelle. On peut se demander quel est le sens de cette tendance ; et a priori on est tent&#233; de retenir trois ordres d'explications : &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Il se peut que le nombre de situations n&#233;cessitant une mise sous tutelle ait augment&#233;. C'est notamment ce qui se produit avec la d&#233;mence. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Il se peut que sans avoir augment&#233; en nombre ces situations soient mieux reconnues. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Mais il se peut aussi que l'augmentation du nombre de mises sous tutelle ne fasse que refl&#233;ter la tendance s&#233;curitaire, normalisatrice, de notre civilisation. Il n'est pas indiff&#233;rent de rappeler que le signalement des situations appelant une mesure de tutelle constitue pour les professionnels une obligation dont la m&#233;connaissance peut leur &#234;tre reproch&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) : Mais le probl&#232;me de la tutelle vient aussi interf&#233;rer avec celui du consentement &#233;clair&#233;, de l'information du patient et de ses droits. C'est l&#224; une situation nouvelle, qui vient modifier compl&#232;tement la pratique de la tutelle. Pendant tr&#232;s longtemps la tutelle ne s'est gu&#232;re exerc&#233;e que sur les biens et on ne faisait que se demander ce qu'il en &#233;tait d'une &#233;ventuelle tutelle aux personnes ; ce sont les textes r&#233;cents qui aboutissent &#224; infl&#233;chir les tendances, et on peut dire que la tutelle est d&#233;sormais une tutelle aux personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des textes h&#233;sitants :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne s'est pas fait sans mal, comme en t&#233;moigne par exemple la loi du 4 mars 2002, qui pr&#233;cise en son article 11 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les droits des mineurs ou des majeurs sous tutelle mentionn&#233;s au pr&#233;sent article sont exerc&#233;s, selon les cas, par les titulaires de l'autorit&#233; parentale ou par le tuteur. Ceux-ci re&#231;oivent l'information pr&#233;vue par le pr&#233;sent article, sous r&#233;serve des dispositions de l'article L. 1111-5. (...)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les choses vont plus loin :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Toute personne majeure peut d&#233;signer une personne de confiance (...), et qui sera consult&#233;e au cas o&#249; elle-m&#234;me serait hors d'&#233;tat d'exprimer sa volont&#233; et de recevoir l'information n&#233;cessaire &#224; cette fin (...). Les dispositions du pr&#233;sent article ne s'appliquent pas lorsqu'une mesure de tutelle est ordonn&#233;e (...)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est donc clair, et pour la loi du 4 mars 2002 la tutelle est une tutelle aux personnes ; simplement, ce serait plus clair si cette m&#234;me loi ne portait pas d'&#233;tranges anomalies. Elle vise par exemple &#224; pr&#233;ciser ce qui arrive au majeur sous tutelle, mais aussi au mineur. Du coup elle ne peut pas &#233;luder le fait que certaines difficult&#233;s, notamment la contraception et l'avortement, sont l'apanage du mineur, ce qui fait qu'on trouve :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par d&#233;rogation &#224; l'article 371-2 du code civil, le m&#233;decin peut se dispenser d'obtenir le consentement du ou des titulaires de l'autorit&#233; parentale sur les d&#233;cisions m&#233;dicales &#224; prendre lorsque le traitement ou l'intervention s'impose pour sauvegarder la sant&#233; d'une personne mineure, dans le cas o&#249; cette derni&#232;re s'oppose express&#233;ment &#224; la consultation du ou des titulaires de l'autorit&#233; parentale afin de garder le secret sur son &#233;tat de sant&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre que, tel quel, ce passage donne &#224; l'enfant le droit &#224; un secret vis-&#224;-vis de ses parents dont on peine &#224; se repr&#233;senter comment il pourrait &#234;tre mis en &#339;uvre, il suit de ce texte que le mineur jouit d'un droit qui n'est pas accord&#233; au majeur sous tutelle. On ne saisit pas comment on pourrait le justifier. Ou encore, on lit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans le cas o&#249; le refus d'un traitement par la personne titulaire de l'autorit&#233; parentale ou par le tuteur risque d'entra&#238;ner des cons&#233;quences graves pour la sant&#233; du mineur ou du majeur sous tutelle, le m&#233;decin d&#233;livre les soins indispensables.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifie que le m&#233;decin peut passer outre l'avis du tuteur, qui n'a plus d&#232;s lors qu'un droit &#224; l'information. Il aurait &#233;t&#233; plus prudent de pr&#233;ciser la proc&#233;dure &#224; suivre en cas de d&#233;saccord. Mais il est vrai que le texte de la loi p&#232;che par une certaine na&#239;vet&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le m&#233;decin doit respecter la volont&#233; de la personne apr&#232;s l'avoir inform&#233;e des cons&#233;quences de ses choix. Si la volont&#233; de la personne de refuser ou d'interrompre un traitement met sa vie en danger, le m&#233;decin doit tout mettre en &#339;uvre pour la convaincre d'accepter les soins indispensables.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se demande qui et comment d&#233;finira les limites de ce &#171; tout &#187; qu'il s'agit de mettre en &#339;uvre. Mais laissons cela : le but ici n'est pas d'&#233;tudier la loi sur les droits des malades ; on n'en parle que pour illustrer ce qui se passe lorsqu'on se figure r&#233;gler un probl&#232;me en se contentant d'empl&#226;tres au lieu de proc&#233;der &#224; une r&#233;flexion sur le fond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le flou naissait des textes eux-m&#234;mes, et notamment des circonstances historiques de leur production. Ce flou est il supprim&#233; par la nouvelle loi ? On est tent&#233; de le croire ; reste &#224; savoir comment sur le long terme elle sera appliqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;LA LOI DU 5 MARS 2007&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle loi sur la protection des personnes vuln&#233;rables apporte des innovations importantes, m&#234;me si sur l'architecture g&#233;n&#233;rale elle reprend assez largement l'ancien texte. Nous allons nous borner &#224; relever les donn&#233;es les plus int&#233;ressantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mesures de tutelle font partie du Code Civil. C'est donc &#224; une modification de certains articles que la loi s'est livr&#233;e. Les r&#233;f&#233;rences sont celles des articles du Code Civil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La place de la famille :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 428. - &lt;i&gt;La mesure de protection ne peut &#234;tre ordonn&#233;e par le juge qu'en cas de n&#233;cessit&#233; et lorsqu'il ne peut &#234;tre suffisamment pourvu aux int&#233;r&#234;ts de la personne par l'application des r&#232;gles du droit commun de la repr&#233;sentation, de celles relatives aux droits et devoirs respectifs des &#233;poux et des r&#232;gles des r&#233;gimes matrimoniaux, en particulier celles pr&#233;vues aux articles 217, 219, 1426 et 1429, par une autre mesure de protection judiciaire moins contraignante ou par le mandat de protection future conclu par l'int&#233;ress&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que&lt;i&gt; Les &#233;poux se doivent mutuellement assistance.&lt;/i&gt;( article 212 du Code Civil). Ce devoir d'assistance implique probablement le droit (et le devoir) pour le conjoint d'un sujet d&#233;ment de prendre certaines dispositions &#224; son endroit. Comment va se passer le partage entre les d&#233;cisions que le conjoint peut l&#233;gitimement prendre et celles qui constitueraient un abus ? C'est &#224; voir, et c'est l'un des points sur lesquels la pratique des juges sera int&#233;ressante &#224; observer. En tout cas il est important de noter que l'esprit du nouveau r&#233;gime de tutelle semble d'impliquer l'entourage du mieux possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en ce sens qu'il faut sans doute lire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 399. -&lt;i&gt;Le juge des tutelles d&#233;signe les membres du conseil de famille pour la dur&#233;e de la tutelle.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conseil de famille est une instance qui n'est pas nouvelle, mais il semble que la loi lui donne un r&#244;le important ; en particulier sa constitution semble syst&#233;matique. Cela signifie que l'exercice de la tutelle ne se passe plus, comme on le constatait souvent, entre le tuteur et le juge, et que la famille est impliqu&#233;e de mani&#232;re forte. Elle l'&#233;tait d&#233;j&#224;, &#224; telle enseigne que dans l'ancienne loi il &#233;tait pr&#233;vu que lors de la prise de la mesure le juge recherche d'abord dans la famille si une personne &#233;tait en mesure d'exercer la tutelle et que celle-ci, si elle &#233;tait d&#233;sign&#233;e, ne pouvait pas se d&#233;rober (c'est le m&#234;me type d'obligation que pour le jur&#233; d'assises) ; ce n'est qu'&#224; d&#233;faut qu'un tuteur ext&#233;rieur pouvait &#234;tre d&#233;sign&#233;. Et la nouvelle loi pr&#233;cise m&#234;me :&lt;i&gt; (La tutelle) est un devoir des familles et de la collectivit&#233; publique.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Champ de la protection :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 425. -&lt;i&gt;S'il n'en est dispos&#233; autrement, la mesure est destin&#233;e &#224; la protection tant de la personne que des int&#233;r&#234;ts patrimoniaux de celle-ci. Elle peut toutefois &#234;tre limit&#233;e express&#233;ment &#224; l'une de ces deux missions.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; qui est important : non seulement cela clarifie enfin la question de la tutelle &#224; la personne, mais encore il est d&#233;sormais possible de proposer une mesure dissoci&#233;e ; th&#233;oriquement cela permettrait par exemple de r&#233;soudre le probl&#232;me du domicile de la personne &#226;g&#233;e sans pour autant la priver de la possibilit&#233; de g&#233;rer se biens. C'est ce que pr&#233;cise notamment l'article suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 426. - &lt;i&gt;Le logement de la personne prot&#233;g&#233;e et les meubles dont il est garni, qu'il s'agisse d'une r&#233;sidence principale ou secondaire, sont conserv&#233;s &#224; la disposition de celle-ci aussi longtemps qu'il est possible.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; qui assur&#233;ment n'engage &#224; rien ; d'un autre c&#244;t&#233; on voit bien que l'une des probl&#233;matiques vis&#233;es par le texte est bien celle du lieu de r&#233;sidence de la personne &#224; prot&#233;ger. On note aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art 427. - &lt;i&gt;Dans tous les cas, les souvenirs, les objets &#224; caract&#232;re personnel, ceux indispensables aux personnes handicap&#233;es ou destin&#233;s aux soins des personnes malades sont gard&#233;s &#224; la disposition de l'int&#233;ress&#233;, le cas &#233;ch&#233;ant par les soins de l'&#233;tablissement dans lequel celui-ci est h&#233;berg&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui peut demander une tutelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Art. 430. - La demande d'ouverture de la mesure peut &#234;tre pr&#233;sent&#233;e au juge par la personne qu'il y a lieu de prot&#233;ger ou, selon le cas, par son conjoint, le partenaire avec qui elle a conclu un pacte civil de solidarit&#233; ou son concubin, &#224; moins que la vie commune ait cess&#233; entre eux, ou par un parent ou un alli&#233;, une personne entretenant avec le majeur des liens &#233;troits et stables, ou la personne qui exerce &#224; son &#233;gard une mesure de protection juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Elle peut &#234;tre &#233;galement pr&#233;sent&#233;e par le procureur de la R&#233;publique soit d'office, soit &#224; la demande d'un tiers.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici les choses ne changent gu&#232;re par rapport &#224; l'ancienne loi ; en particulier les professionnels de sant&#233; ne peuvent demander une mesure de tutelle. Ce qu'ils peuvent faire c'est signaler une situation au Procureur de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les trois mesures :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 433. - &lt;i&gt;Le juge peut placer sous sauvegarde de justice la personne qui, pour l'une des causes pr&#233;vues &#224; l'article 425, a besoin d'une protection juridique temporaire ou d'&#234;tre repr&#233;sent&#233;e pour l'accomplissement de certains actes d&#233;termin&#233;s.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette mesure peut aussi &#234;tre prononc&#233;e par le juge, saisi d'une proc&#233;dure de curatelle ou de tutelle, pour la dur&#233;e de l'instance.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 435. - &lt;i&gt;La personne plac&#233;e sous sauvegarde de justice conserve l'exercice de ses droits. Toutefois, elle ne peut, &#224; peine de nullit&#233;, faire un acte pour lequel un mandataire sp&#233;cial a &#233;t&#233; d&#233;sign&#233; en application de l'article 437.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les actes qu'elle a pass&#233;s et les engagements qu'elle a contract&#233;s pendant la dur&#233;e de la mesure peuvent &#234;tre rescind&#233;s pour simple l&#233;sion ou r&#233;duits en cas d'exc&#232;s alors m&#234;me qu'ils pourraient &#234;tre annul&#233;s en vertu de l'article 414-1. Les tribunaux prennent notamment en consid&#233;ration l'utilit&#233; ou l'inutilit&#233; de l'op&#233;ration, l'importance ou la consistance du patrimoine de la personne prot&#233;g&#233;e et la bonne ou mauvaise foi de ceux avec qui elle a contract&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t de la mesure de sauvegarde est sa rapidit&#233; et sa simplicit&#233;. Elle permet de limiter consid&#233;rablement les d&#233;g&#226;ts qui pourraient r&#233;sulter d'acte inconsid&#233;r&#233;s de la part du patient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ceux qui ont qualit&#233; pour demander l'ouverture d'une curatelle ou d'une tutelle sont tenus d'accomplir les actes conservatoires indispensables &#224; la pr&#233;servation du patrimoine de la personne prot&#233;g&#233;e d&#232;s lors qu'ils ont connaissance tant de leur urgence que de l'ouverture de la mesure de sauvegarde. Les m&#234;mes dispositions sont applicables &#224; la personne ou &#224; l'&#233;tablissement qui h&#233;berge la personne plac&#233;e sous sauvegarde.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la contrepartie est qu'ils doivent veiller...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Art. 437. - &lt;i&gt;Le juge peut d&#233;signer un mandataire sp&#233;cial, dans les conditions et selon les modalit&#233;s pr&#233;vues aux articles 445 et 448 &#224; 451, &#224; l'effet d'accomplir un ou plusieurs actes d&#233;termin&#233;s, m&#234;me de disposition, rendus n&#233;cessaires par la gestion du patrimoine de la personne prot&#233;g&#233;e.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette disposition permet par exemple de faire fonctionner une mesure de sauvegarde dans le cas d'un patient trop isol&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 440. - &lt;i&gt;La personne qui, sans &#234;tre hors d'&#233;tat d'agir elle-m&#234;me, a besoin, pour l'une des causes pr&#233;vues &#224; l'article 425, d'&#234;tre assist&#233;e ou contr&#244;l&#233;e d'une mani&#232;re continue dans les actes importants de la vie civile peut &#234;tre plac&#233;e en curatelle.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La curatelle n'est prononc&#233;e que s'il est &#233;tabli que la sauvegarde de justice ne peut assurer une protection suffisante.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La personne qui, pour l'une des causes pr&#233;vues &#224; l'article 425, doit &#234;tre repr&#233;sent&#233;e d'une mani&#232;re continue dans les actes de la vie civile, peut &#234;tre plac&#233;e en tutelle&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La tutelle n'est prononc&#233;e que s'il est &#233;tabli que ni la sauvegarde de justice, ni la curatelle ne peuvent assurer une protection suffisante.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci ne change gu&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les droits de la personne prot&#233;g&#233;e :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 457-1. - &lt;i&gt;La personne prot&#233;g&#233;e re&#231;oit de la personne charg&#233;e de sa protection, selon des modalit&#233;s adapt&#233;es &#224; son &#233;tat et sans pr&#233;judice des informations que les tiers sont tenus de lui dispenser en vertu de la loi, toutes informations sur sa situation personnelle, les actes concern&#233;s, leur utilit&#233;, leur degr&#233; d'urgence, leurs effets et les cons&#233;quences d'un refus de sa part.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 458. -&lt;i&gt; Sous r&#233;serve des dispositions particuli&#232;res pr&#233;vues par la loi, l'accomplissement des actes dont la nature implique un consentement strictement personnel ne peut jamais donner lieu &#224; assistance ou repr&#233;sentation de la personne prot&#233;g&#233;e.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sont r&#233;put&#233;s strictement personnels la d&#233;claration de naissance d'un enfant, sa reconnaissance, les actes de l'autorit&#233; parentale relatifs &#224; la personne d'un enfant, la d&#233;claration du choix ou du changement du nom d'un enfant et le consentement donn&#233; &#224; sa propre adoption ou &#224; celle de son enfant.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 459. - &lt;i&gt;Hors les cas pr&#233;vus &#224; l'article 458, la personne prot&#233;g&#233;e prend seule les d&#233;cisions relatives &#224; sa personne dans la mesure o&#249; son &#233;tat le permet.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; qui est bel et bon, mais il faudra ici &#233;galement que la pratique montre comment le juges vont faire la part des choses...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;LE MANDAT DE PROTECTION FUTURE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'une proc&#233;dure par laquelle toute personne peut organiser sa tutelle &#233;ventuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art. 477. - &lt;i&gt;Toute personne majeure ou mineure &#233;mancip&#233;e ne faisant pas l'objet d'une mesure de tutelle peut charger une ou plusieurs personnes, par un m&#234;me mandat, de la repr&#233;senter pour le cas o&#249;, pour l'une des causes pr&#233;vues &#224; l'article 425, elle ne pourrait plus pourvoir seule &#224; ses int&#233;r&#234;ts.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;videmment une proposition tr&#232;s int&#233;ressante. Mais il faudra voir en d&#233;tail comment les juges vont appliquer le texte : d'un c&#244;t&#233; le sujet est invit&#233; &#224; organiser sa propre tutelle, de l'autre il faudra bien que, le moment venu, le juge en d&#233;cide, et il n'est pas mentionn&#233; qu'il doive suivre les volont&#233;s exprim&#233;es dans un mandat de protection future ; cela n'est pas surprenant : C'est la m&#234;me probl&#233;matique que pour les directives anticip&#233;es, qu'on ne saurait appliquer sans les avoir confront&#233;es &#224; la situation du moment.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;CONCLUSION&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La loi de 2007 apporte des &#233;l&#233;ments qui peuvent &#234;tre tr&#232;s positifs. Mais toute la question est de savoir comment elle sera r&#233;ellement appliqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inqui&#233;tude vient du fait qu'en plusieurs endroits elle juxtapose des donn&#233;es impos&#233;es par le respect des droits de la personne et d'autres impos&#233;es par la n&#233;cessit&#233; de la prot&#233;ger, &#233;ventuellement d'elle-m&#234;me, sans avancer de proposition pour r&#233;soudre les &#233;ventuels conflits. Est-il possible de faire autrement ? Peut-&#234;tre pas. Mais alors tout va d&#233;pendre de la jurisprudence...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div &lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;La loi r&#233;formant la tutelle a &#233;t&#233; promulgu&#233;e en 2007. C'est l'&#233;poque o&#249; j'ai quitt&#233; l'exercice g&#233;riatrique. Autant dire que je n'ai pas eu de pratique directe de ce texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or si le lecteur a la curiosit&#233; de parcourir les messages du forum annex&#233; &#224; cet article, il ne manquera pas d'&#234;tre frapp&#233; de la r&#233;currence de certaines plaintes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissons de c&#244;t&#233; celles qui se rapportent &#224; un mauvais comportement des tuteurs, car on peut difficilement en tirer des conclusions : on peut certainement trouver des tuteurs incomp&#233;tents ou malhonn&#234;tes, mais dans l'&#233;ccrasante majorit&#233; des cas ils resmplissent leur fonction avec conscience et probit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non : le probl&#232;me est ailleurs ; il est dans ces r&#233;cits o&#249; les proches de la personne prot&#233;g&#233;e semblent avoir &#233;t&#233; &#233;vinc&#233;s de la proc&#233;dure, et tenus &#224; distance aussi bien par le Juge que par le tuteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle id&#233;e peut-on se faire de cet &#233;tat de choses ? Il me semble possible de formuler plusieurs hypoth&#232;ses.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Il se peut qu'il n'y ait l&#224; que des choses banales ; par exemple, les juges sont souvent surcharg&#233;s et difficilement accessibles.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Il se peut qu'il ne s'agisse que d'une illusion d'optique : les personnes qui interviennent sur ce type de forum sont tr&#232;s majoritairement celles qui ont lieu de se plaindre ; on m&#233;conna&#238;t ainsi que presque toujours la tutelle se passe bien.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Il se peut que les choses aient une raison : dans telle situation le juge a estim&#233; qu'il valait mieux laisser les proches en dehors de la tutelle ; le manque de diplomatie fait le reste. Il se peut aussi que certains intervenants ne soient pas totalement r&#233;alistes (ou pas totalement sinc&#232;res) sur la r&#233;alit&#233; de la situation.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Il se peut que toutes ces situations correspondent &#224; d'authentiques dysfonctionnements.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Mais il se peut aussi que tout cela soit normal. Et cela me conduit &#224; manifester une grande prudence vis-&#224;-vis de mon propre texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la loi me semble pourtant tr&#232;s claire. Notamment quand elle dispose que la mesure de tutelle ne peut &#234;tre prise que quand la famille ne peut g&#233;rer la situation ; ou quand elle indique que le tuteur doit d'abord &#234;tre recherch&#233; dans la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela se produit avec les lois : il y a des exemples de lois totalement d&#233;natur&#233;es par des d&#233;crets d'application, ou m&#234;me par de simples directives de mise en oeuvre. Mais il est &#233;galement possible que, contrairement &#224; ce que je crois, je n'aie pas compris toutes les subtilit&#233;s du texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'entreprends donc de rechercher quelques avis juridiques, que je publierai.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu'ils cr&#232;vent !</title>
		<link>http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article92</link>
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		<dc:date>2009-08-22T06:04:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es nous avons eu le plan grand &#226;ge, le plan Alzheimer, le plan soins palliatifs, le plan... &lt;br class='autobr' /&gt;
Et l'annonce de millions et de millions d'euros. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais voil&#224; : les temps sont durs. Qui le conteste ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut faire des choix, et j'en suis bien d'accord. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le probl&#232;me est que les choix que nous faisons nous jugent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je relaie ci-dessous deux p&#233;titions. &lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re concerne la r&#233;duction drastique des cr&#233;dits allou&#233;s aux r&#233;seaux de soins palliatifs http://www.petitionduweb.com-. Je me bornerai (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Organisation g&#233;riatrique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es nous avons eu le plan grand &#226;ge, le plan Alzheimer, le plan soins palliatifs, le plan...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'annonce de millions et de millions d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voil&#224; : les temps sont durs. Qui le conteste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut faire des choix, et j'en suis bien d'accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me est que les choix que nous faisons nous jugent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je relaie ci-dessous deux p&#233;titions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re concerne la r&#233;duction drastique des cr&#233;dits allou&#233;s aux r&#233;seaux de soins palliatifs &lt;a href=&#034;http://www.petitionduweb.com/Fermeture_Reseaux_Soins_Palliatifs_en_Bourgogne-4596.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.petitionduweb.com&lt;/a&gt;-. Je me bornerai &#224; souligner que cette r&#233;duction, loin de ne concerner que la Bourgogne, est une d&#233;cision nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde concerne le financement des maisons de retraite. J'en parlais dans mon article &#034;menaces sur la g&#233;riatrie hospitali&#232;re&#034;. Qu'il suffise de dire que le massacre continue. Elle se signe sur &lt;a href=&#034;http://www.mesopinions.com/Personnes-agees---la-coupe-reglee-petition-petitions-b35ed1ff1619dbc5019c28fda4d090d9.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;mesopinions.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Menaces sur la g&#233;riatrie hospitali&#232;re</title>
		<link>http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article70</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article70</guid>
		<dc:date>2007-10-29T10:23:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Malgr&#233; les discours officiels, la prise en charge des personnes &#226;g&#233;es &#224; l'h&#244;pital reste le parent pauvre. Et on sent bien que la tentation est grande pour les d&#233;cideurs de faire sur le dos des vieux des &#233;conomies dramatiques. La casse des services de long s&#233;jour en est un exemple &#233;loquent.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Organisation g&#233;riatrique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;GENERALITES&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La double probl&#233;matique de la g&#233;riatrie :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La g&#233;riatrie est une discipline &#233;trange qui en pratique vise deux types de situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'abord la g&#233;riatrie qui cherche &#224; accompagner le vieillissement : comment en limiter les effets, comment pr&#233;venir les maladies, bref comment optimiser l'avanc&#233;e en &#226;ge. C'est celle qui se pose la question de la pr&#233;vention de l'ost&#233;oporose, de la d&#233;nutrition, des accidents vasculaires c&#233;r&#233;braux, des insuffisances cardiaque ou respiratoire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir sur ce point &#171; Qu'est-ce que vieillir ? &#187;.' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il arrive que ces personnes soient hospitalis&#233;es, par exemple pour faire le point d'une situation complexe, pour &#233;valuer une de ces maladies plus ou moins sp&#233;cifiques du grand &#226;ge, ou mettre en place des traitements d&#233;licats. Ces hospitalisations se font le plus souvent dans des services de m&#233;decine g&#233;n&#233;rale, car il existe encore assez peu de services de m&#233;decine g&#233;riatrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a ce qu'on pourrait appeler l'ultra-g&#233;riatrie. Il s'agit l&#224; de prendre en charge les tr&#232;s vieilles personnes, disons apr&#232;s 80 ans, quand elles tombent malades. Ce genre de situation n&#233;cessite une approche tr&#232;s particuli&#232;re. Car la tr&#232;s vieille personne n&#233;cessite des soins &#224; la fois tr&#232;s actifs, tr&#232;s rapides, et limit&#233;s : beaucoup de situations, m&#234;me graves, peuvent en effet &#234;tre gu&#233;ries, &#224; condition de se donner des moyens &#233;nergiques ; mais il faut tout autant garder &#224; l'esprit que l'esp&#233;rance de vie du malade est limit&#233;e et qu'il ne convient pas de lui imposer des strat&#233;gies dont il pourrait ne tirer qu'un b&#233;n&#233;fice insuffisant. Par exemple il peut &#234;tre tout &#224; fait l&#233;gitime d'envoyer un nonag&#233;naire en r&#233;animation, mais &#224; condition de r&#233;&#233;valuer rapidement la situation : pour un vieux on se bat exactement comme pour un jeune, mais moins longtemps. Les deux ma&#238;tres mots de la g&#233;riatrie sont l'agressivit&#233; et le r&#233;alisme. Autant dire que ces malades demandent une prise en charge extr&#234;mement sp&#233;cifique, qui s'effectue id&#233;alement dans des services sp&#233;cifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est l'importance, num&#233;riquement, de la g&#233;riatrie ? Tout d&#233;pend de la mani&#232;re dont on pose le probl&#232;me. Si on consid&#232;re que d&#232;s qu'on parle de vieillissement il faut au minimum des avis g&#233;riatriques, alors l'importance est colossale : l'&#233;crasante majorit&#233; des malades hospitalis&#233;s sont &#226;g&#233;s de plus de 60 ans, ce qui signifie que la question de l'avance en &#226;ge demande &#224; &#234;tre prise en compte. Mais si l'on consid&#232;re l'ultra-g&#233;riatrie, alors la situation est sans doute plus mauvaise encore, car ces malades sont tr&#232;s largement hospitalis&#233;s en urgence, dans les pires conditions possibles pour eux et pour les professionnels qui les soignent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sanitaire et social :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France la prise en charge des personnes en difficult&#233; d&#233;pend de deux syst&#232;mes : si la difficult&#233; est li&#233;e &#224; une maladie, le sujet est pris en charge par le syst&#232;me de soins ; si elle est li&#233;e &#224; un autre probl&#232;me il est pris en charge par le syst&#232;me social. Naturellement il suffit de dire cela pour prendre conscience d'une &#233;vidence : les probl&#232;mes sociaux engendrent des maladies, et la maladie engendre des probl&#232;mes sociaux. Par exemple le ch&#244;mage est un grand pourvoyeur de d&#233;pressions, et les accidents vasculaires c&#233;r&#233;braux engendrent de multiples probl&#232;mes de vie sociale. Il n'emp&#234;che que le syst&#232;me est ainsi fait : s'agissant des vieux, la maladie est financ&#233;e par l'Assurance-Maladie, la d&#233;pendance par les Conseils G&#233;n&#233;raux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas absurde : car il existe tout de m&#234;me bien une probl&#233;matique de la d&#233;pendance (financement par exemple des aides &#224; la vie quotidienne), distincte de la probl&#233;matique de la maladie ; il est donc compr&#233;hensible qu'on distingue deux organismes payeurs. &#192; condition toutefois de rester conscient des limites de cette distinction. Consid&#233;rons par exemple la d&#233;mence : bien malin qui peut dire ce qui dans le trouble dont souffre le patient m&#233;rite d'&#234;tre appel&#233; sympt&#244;me, et ce qui m&#233;rite d'&#234;tre consid&#233;r&#233; comme une d&#233;pendance. Et dans le domaine de la d&#233;mence, pr&#233;cis&#233;ment, on voit assez vite qu'il existe des d&#233;penses que le Conseil G&#233;n&#233;ral ne paie pas parce qu'il les consid&#232;re comme relevant du sanitaire, mais que l'Assurance-Maladie ne paie pas parce qu'elle les consid&#232;re comme relevant du social&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Soyons juste cependant : les deux organismes ont davantage le souci de (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il qu'il existe deux domaines, et qu'ils se veulent distincts. Beaucoup pensent qu'on &#233;viterait cette situation et ses dysfonctionnements en cr&#233;ant un &#171; cinqui&#232;me risque &#187;. Expliquons cela : la S&#233;curit&#233; Sociale a la charge de g&#233;rer quatre risques : la maladie, l'accident du travail, la vieillesse et la maternit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Ne nous demandons pas ici en quoi la maternit&#233; est un risque, il le faudrait (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cr&#233;er un cinqui&#232;me risque ce serait d&#233;cider que c'est la S&#233;curit&#233; Sociale qui, moyennant les financements ad&#233;quats, prendrait en charge la d&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'organisation des services hospitaliers :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me hospitalier fran&#231;ais comporte trois types de services&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-4' class='spip_note' rel='appendix' title='D&#233;lib&#233;r&#233;ment nous ne parlerons pas ici de la r&#233;forme hospitali&#232;re en cours, qui (...)' id='nh2-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a les services de m&#233;decine, autrefois appel&#233;s &#171; court s&#233;jour &#187;. Ce sont des structures qui prennent en charge les malades les plus lourds, ceux dont la vie est le plus en danger, pour leur prodiguer des soins importants, et r&#233;aliser des examens techniques sophistiqu&#233;s. C'est en somme le lieu du diagnostic et du sauvetage. La dur&#233;e moyenne de s&#233;jour est de l'ordre de 4 &#224; 5 jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le malade est suffisamment am&#233;lior&#233; pour pouvoir quitter le service de m&#233;decine, le mieux est qu'il rentre chez lui. Mais s'il ne peut pas le faire, parce que l'am&#233;lioration n'est pas suffisante, alors il va dans un service de soins de suite et r&#233;adaptation. C'est ce qu'on appelait autrefois les &#171; moyens s&#233;jours &#187;. L&#224; on essaie de lui redonner des forces, de le r&#233;&#233;duquer, bref de le remettre sur pied. La dur&#233;e moyenne de s&#233;jour est de 25 &#224; 30 jours&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-5' class='spip_note' rel='appendix' title='Contrairement &#224; ce qu'on pense souvent elle n'est pas limit&#233;e : le s&#233;jour est (...)' id='nh2-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'issue de son s&#233;jour, le malade retourne chez lui. Mais que se passe-t-il s'il n'est pas suffisamment r&#233;tabli ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas le patient, puisqu'il ne peut rentrer chez lui, n'a plus d'autre ressource que d'aller en maison de retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons d'abord qu'une maison de retraite est un domicile : la personne &#226;g&#233;e habite l&#224;, c'est son lieu de r&#233;sidence, elle est en somme locataire de sa chambre. Elle paie son loyer, elle paie d'autres services, et elle paie ses frais m&#233;dicaux comme n'importe quel assur&#233; social&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-6' class='spip_note' rel='appendix' title='En maison de retraite cependant il existe des d&#233;penses qui sont couvertes (...)' id='nh2-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disons ensuite que lorsqu'elle entre en maison de retraite la personne &#226;g&#233;e sort du syst&#232;me hospitalier pour entrer dans ce qu'on appelle le secteur m&#233;dico-social. En somme, pour reprendre la discussion du paragraphe pr&#233;c&#233;dent, elle n'est plus dans le champ du sanitaire mais dans celui du social. Et il y a trois possibilit&#233;s : &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La premi&#232;re est que la maison de retraite soit une maison classique. Les choses sont simples.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La seconde est que la maison de retraite d&#233;pende d'un h&#244;pital. Cela arrive, mais alors elle fonctionne malgr&#233; tout comme une maison de retraite classique ; le fait qu'elle appartienne &#224; l'h&#244;pital ne change rien.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La troisi&#232;me est qu'il s'agisse d'une unit&#233; de soins de longue dur&#233;e (anciennement appel&#233;e &#171; service de long s&#233;jour &#187;). L&#224;, les choses deviennent un peu plus compliqu&#233;es. Il y a en effet des malades qui ne peuvent pas rentrer chez eux, mais dont en outre l'&#233;tat de sant&#233; est si mauvais qu'ils ne peuvent pas non plus aller en maison de retraite. Ces malades sont maintenus &#224; l'h&#244;pital, mais dans un service particulier qui a un statut mixte : c'est un service hospitalier, mais c'est aussi le domicile du malade, qui paie son h&#233;bergement comme en maison de retraite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-7' class='spip_note' rel='appendix' title='C'est notamment ce qui y rend un peu difficile l'application de la loi contre (...)' id='nh2-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les limites de ces distinctions :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme de la tarification des maisons de retraite aboutit &#224; les transformer en &#201;tablissements d'H&#233;bergement pour Personnes &#194;g&#233;es D&#233;pendantes. Cette d&#233;nomination correspond bien &#224; la r&#233;alit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-8' class='spip_note' rel='appendix' title='&#192; ceci pr&#232;s qu'elle ent&#233;rine un fait de soci&#233;t&#233; : d&#233;sormais on ne choisit plus (...)' id='nh2-8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et le financement des s&#233;jours est coup&#233; en trois sections :
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Une partie h&#244;tellerie, qui est &#224; la charge du r&#233;sident (ou du Conseil G&#233;n&#233;ral si l'aide sociale intervient).
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Une partie d&#233;pendance qui est &#224; la charge du r&#233;sident mais pour laquelle il per&#231;oit l'Allocation Personnalis&#233; d'Autonomie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-9' class='spip_note' rel='appendix' title='Le fait que dans ce cas l'APA est vers&#233;e directement &#224; la maison de retraite (...)' id='nh2-9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Une partie soins, qui fait l'objet d'un forfait attribu&#233; &#224; la maison de retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne pouvait pas &#233;viter cette tripartition du financement, seule mani&#232;re de savoir qui fait quoi, qui paie quoi et comment. Mais il n'est pas n&#233;cessaire de r&#233;fl&#233;chir longtemps pour sentir ce que cette tripartition a d'artificiel : d&#232;s l'instant o&#249; on dit que les personnes &#226;g&#233;es vont en EHPAD on dit qu'elles y vont &lt;i&gt;parce qu'elles sont d&#233;pendantes&lt;/i&gt; ; dans ces conditions c'est toute l'h&#244;tellerie qui est au service de leur d&#233;pendance, et la fronti&#232;re est impossible &#224; tracer. De m&#234;me si on consid&#232;re un probl&#232;me comme l'incontinence, il est impossible de dire ce qui, dans sa prise en charge rel&#232;ve de la maladie et ce qui rel&#232;ve de la d&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d'autre part nous avons dit qu'il existe une diff&#233;rence entre les unit&#233;s de soins de longue dur&#233;e et les maisons de retraite. POurtant cette diff&#233;rence n'est qu'une question de degr&#233; : de la m&#234;me mani&#232;re, on trouve &#224; domicile des malades qui sont &#224; peu pr&#232;s aussi lourdement atteints que des malades hospitalis&#233;s. L&#224; aussi, donc les fronti&#232;res sont impossibles &#224; tracer avec pr&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;LA CRISE ACTUELLE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi les personnes &#226;g&#233;es sont-elles si mal soign&#233;es actuellement &#224; l'h&#244;pital ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La p&#233;nurie de g&#233;riatres :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re raison de cet &#233;tat de choses est facile &#224; trouver : il y a tr&#232;s peu de g&#233;riatres en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons tout d'abord que pendant longtemps la g&#233;riatrie n'a pas &#233;t&#233; une sp&#233;cialit&#233;, et c'&#233;tait une bonne chose : on ne peut pas dire &#224; la fois que le savoir g&#233;riatrique est ce que tout m&#233;decin devrait savoir et que la g&#233;riatrie est une sp&#233;cialit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-10' class='spip_note' rel='appendix' title='La m&#234;me remarque vaut pour les soins palliatifs.' id='nh2-10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est sous la pression des instances europ&#233;ennes que la sp&#233;cialit&#233; de g&#233;riatrie est en cours de cr&#233;ation. Mais du coup il y a actuellement en France entre 500 et 1 000 g&#233;riatres reconnus comme sp&#233;cialistes de g&#233;riatrie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-11' class='spip_note' rel='appendix' title='Les autres sont titulaires d'un Dipl&#244;me Universitaire ou d'une Capacit&#233;, ce (...)' id='nh2-11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;valorisation de la g&#233;riatrie :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme du financement des h&#244;pitaux est bas&#233;e sur un principe &#224; la fois tr&#232;s simple et tr&#232;s sain : on a &#233;valu&#233; le co&#251;t moyen de traitement d'une maladie donn&#233;e. Quand le malade sort de l'h&#244;pital les m&#233;decins disent pour quoi il a &#233;t&#233; soign&#233;. En fonction du diagnostic l'Assurance-Maladie alloue au service un forfait correspondant &#224; ce diagnostic. On ne veut plus savoir ce qui a &#233;t&#233; fait, on ne veut plus savoir combien de temps le malade est rest&#233;. Ce principe est sain en termes macro-&#233;conomiques : il s'agit d'un co&#251;t moyen, et il tient compte du fait que pour une m&#234;me pathologie certains malades resteront plus longtemps, ou consommeront plus de soins. Mais &#233;videmment il est dangereux, car on peut ais&#233;ment le pervertir : l'int&#233;r&#234;t de l'h&#244;pital sera de favoriser les dur&#233;es de s&#233;jour les plus courtes, pour am&#233;liorer la rotation des lits ; la tentation sera grande alors de dire que tout s&#233;jour qui d&#233;passe la dur&#233;e moyenne est un s&#233;jour trop long, transformant ainsi la dur&#233;e moyenne en dur&#233;e maximale... Quant &#224; la g&#233;riatrie, elle a toute chance d'&#234;tre la grande perdante de cette r&#233;forme, car la dur&#233;e de s&#233;jour est n&#233;cessairement tr&#232;s longue. Il faut du temps pour examiner les malades, du temps pour les laisser s'adapter, du temps pour comprendre ; on soigne mieux quand on remplace la d&#233;bauche d'examens compl&#233;mentaires par la patience et l'observation ; le seul outil indispensable pour faire un diagnostic de d&#233;mence est l'observation r&#233;p&#233;t&#233;e, etc. Disons pour faire court que l&#224; o&#249; un bon service de m&#233;decine doit avoir une dur&#233;e moyenne de s&#233;jour de quatre jours, un bon service de m&#233;decine aigu&#235; g&#233;riatrique est &#224; douze jours. Dans ces conditions les responsables hospitaliers n'ont aucun int&#233;r&#234;t &#224; favoriser le travail de la g&#233;riatrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La prise en charge des personnes &#226;g&#233;es :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, qu'arrive-t-il &#224; la personne &#226;g&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne consid&#233;rons ici que les malades relevant de ce qu'on a appel&#233; plus haut &#034;l'ultra-g&#233;riatrie&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils arrivent aux Urgences. Et ils arrivent aux Urgences parce qu'il n'y a pas de structures g&#233;riatriques au domicile ; il faudrait des r&#233;seaux, il faudrait une meilleure formation des m&#233;decins traitants, il faudrait des &#233;quipes mobiles de g&#233;rontologie. Mais pour tout cela il faudrait des g&#233;riatres. Le r&#233;sultat est que les Urgences sont le premier lieu d'accueil de personnes &#226;g&#233;es, qui arrivent en situation de grande d&#233;tresses, avec notamment un grand nombre de d&#233;mences m&#233;connues qui, un jour, s'effondrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l&#224;, les probl&#232;mes commencent. Car la personne &#226;g&#233;e n'a rien &#224; faire aux Urgences, et les urgentistes sont souvent mal pr&#233;par&#233;s &#224; cette t&#226;che ; l&#224; aussi on am&#233;liorerait grandement la situation en organisant une pr&#233;sence g&#233;riatrique aux Urgences ; mais il faudrait pour cela des g&#233;riatres, et il n'y en a pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, l'urgentiste, qui ne peut garder le malade aux Urgences, l'envoie dans un service de m&#233;decine. Et dans le service de m&#233;decine, il se passe deux choses : &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La premi&#232;re est qu'il n'y a pas de place. Donc les m&#233;decins du service vont tout faire pour se d&#233;barrasser du malade, d'autant que le plus souvent le probl&#232;me pour lequel il a &#233;t&#233; hospitalis&#233; ne demandait pas d'examens importants, ni de soins techniques lourds.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La seconde est que le malade s'aggrave. Et il s'aggrave parce que les trois ennemis du vieillard sont la d&#233;nutrition, l'immobilit&#233; et la d&#233;sorientation, et que les services de m&#233;decine ne sont pas structur&#233;s pour limiter ces trois fl&#233;aux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors les m&#233;decins des services de m&#233;decine d&#233;cident d'envoyer le malade en soins de suite. Mais les services de soins de suite sont surcharg&#233;s, et il n'y a pas de place. C'est ainsi que le malade stagne en m&#233;decine, et continue de s'aggraver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le malade finit par arriver en soins de suite. L&#224; on s'aper&#231;oit, car il y a souvent des g&#233;riatres dans les services de soins de suite, que le travail g&#233;riatrique n'a pas &#233;t&#233; fait. Il n'a pas &#233;t&#233; fait, non parce que les confr&#232;res de m&#233;decine ont &#233;t&#233; n&#233;gligents, mais parce qu'ils ne savent pas le faire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-12' class='spip_note' rel='appendix' title='Le cas d'&#233;cole est la fracture du col du f&#233;mur : les chirurgiens l'ont (...)' id='nh2-12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Bref le travail du m&#233;decin de soins de suite sera de remettre le malade sur pied, mais aussi de tenir lieu de service de m&#233;decine aigu&#235; g&#233;riatrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le malade progresse, ou il ne progresse pas, mais il finit par arriver au bout des progr&#232;s qu'il peut faire. Alors si tout va bien il rentre chez lui ; mais si tout ne va pas bien ? Il faut lui trouver une place en maison de retraite, ou alors en Unit&#233; de Soins de Longue Dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et naturellement il n'y a pas de place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des inad&#233;quations :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;s&#233;quilibre permanent entre les besoins et les disponibilit&#233;s induit des cons&#233;quences en cha&#238;ne dont il est difficile de faire la somme.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Il y a des personnes &#226;g&#233;es qui sont &#224; domicile parce qu'elles ne peuvent pas aller, faute de place ou d'argent, en maison de retraite ou en Unit&#233; de Soins de Longue Dur&#233;e.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Il y a des malades qui rel&#232;vent de l'Unit&#233; de Soins de Longue Dur&#233;e et qui ont &#233;t&#233; adress&#233;es, faute de place ailleurs, en maison de retraite.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Inversement il y a en Unit&#233; de Soins de Longue Dur&#233;e des malades qui auraient leur place en maison de retraite, mais qui se sont adapt&#233;s &#224; leur environnement et qui d'ailleurs, ne l'oublions jamais, sont locataires de leur chambre avec un contrat en bonne et due forme.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Il n'y a pas de place en soins de suite parce que des lits sont encombr&#233;s par des malades qui attendent une place en EHPAD ou en USLD.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Il n'y a pas de place en m&#233;decine parce que des lits sont encombr&#233;s par des malades qui attendent une place en soins de suite.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Il n'y a pas de place aux Urgences parce que...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;LA MENACE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La situation est donc difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re condition pour se tirer d'affaire est d'augmenter le nombre de g&#233;riatres. C'est sans doute le point le plus difficile, car la sp&#233;cialit&#233; n'est pas r&#233;put&#233;e attractive, notamment sur le plan de l'image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde condition est de consentir des r&#232;gles du jeu sp&#233;cifiques pour la tarification en m&#233;decine g&#233;riatrique : il faut que la dur&#233;e moyenne de s&#233;jour d'un malade g&#233;riatrique (restera &#224; d&#233;finir ce qu'on entend par l&#224;) soit plus longue que celle d'un malade non g&#233;riatrique ; cela peut s'obtenir en modulant l'application de la tarification &#224; l'activit&#233;, ou alors en cr&#233;ant davantage de services de m&#233;decine aigu&#235; g&#233;riatrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me condition est d'am&#233;liorer la prise en charge en soins de suite, ce qui suppose une meilleure dotation en personnel, une revalorisation des professions (il est devenu quasi impossible de recruter des kin&#233;sith&#233;rapeutes en g&#233;riatrie), une formation sp&#233;cifique ax&#233;e sur un prendre soin de qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La quatri&#232;me condition est d'am&#233;liorer la fili&#232;re post-hospitali&#232;re : &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Augmenter l'offre d'h&#233;bergement.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Mettre en place les structures d'aide &#224; domicile.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Am&#233;liorer la solvabilit&#233; des personnes &#226;g&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela a un co&#251;t. Mais la m&#233;decine g&#233;riatrique, quand elle fait tout ce qui est n&#233;cessaire et rien que cela, n'est pas tr&#232;s dispendieuse. Remarquons d'autre part qu'actuellement le syst&#232;me tel qu'il est g&#233;r&#233; entra&#238;ne des gaspillages importants. Enfin il faut comparer le co&#251;t, indiscutable m&#234;me s'il n'est pas exorbitant, et le b&#233;n&#233;fice en termes d'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les mesures en cours d'application :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me est qu'actuellement les projets en cours visent surtout &#224; soulager l'Assurance-Maladie. Pour cela la solution la plus simple est &#233;videmment de faire sortir les malades du syst&#232;me sanitaire le plus vite possible ; et pour obtenir ce r&#233;sultat le plus simple est de jouer sur la diff&#233;rence entre sanitaire et social dont nous avons parl&#233; plus haut. Car quelle que soit la mani&#232;re dont on proc&#232;de le fait de sortir le malade du syst&#232;me sanitaire aboutit imm&#233;diatement &#224; lui facturer son h&#233;bergement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-13' class='spip_note' rel='appendix' title='Certes le forfait hospitalier conduit le malade &#224; payer une partie de ses (...)' id='nh2-13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Faire payer l'h&#233;bergement d'un malade hospitalis&#233; renvoie &#233;videmment &#224; la situation de ces pays du tiers-monde o&#249; la famille doit nourrir et blanchir leur proche admis &#224; l'h&#244;pital du district.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc les Pouvoirs Publics consentent ici et l&#224; des efforts pour am&#233;liorer l'offre de soins g&#233;riatriques, mais ces efforts sont tr&#232;s limit&#233;s, et la strat&#233;gie globale est nettement plus simpliste. On pourrait la r&#233;sumer comme suit : il faut rentabiliser les services de m&#233;decine, ce qui permettra de d&#233;sengorger les Urgences ; pour cela il faut que les malades en sortent vite. C'est une bonne chose, car un malade dont l'&#233;tat de sant&#233; ne requiert plus d'&#234;tre dans un service de m&#233;decine aigu&#235; doit en sortir. Mais il y a deux conditions : &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Les malades g&#233;riatriques ne peuvent se soigner aussi vite que les autres.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Ce n'est pas la technicit&#233; des soins qui permet de juger si le malade a sa place en m&#233;decine aigu&#235;. Par exemple un sujet &#226;g&#233; a sa place en m&#233;decine m&#234;me s'il ne requiert qu'une surveillance, quand le niveau de surveillance est tr&#232;s &#233;troit, ou quand le danger qu'il court implique les moyens d'une action imm&#233;diate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que les malades sortent rapidement de m&#233;decine, il faut des places en soins de suite. On cr&#233;e des services de soins de suite, mais surtout on essaie d'accro&#238;tre la pression sur les malades qui y sont. L&#224; non plus ce n'est pas en soi une mauvaise chose : rien n'est plus pesant pour un g&#233;riatre que de voir dans son service de soins de suite une forte proportion de malades pour qui il n'y a plus aucune possibilit&#233; d'am&#233;lioration, en songeant &#224; tous ceux qu'il pourrait aider et que faute de place il ne peut accepter. Mais on voit tout de suite que la seule solution est d'augmenter les moyens des services, et surtout d'am&#233;liorer l'offre de soins d'aval&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-14' class='spip_note' rel='appendix' title='Rappelons qu'au d&#233;but des ann&#233;es 2 000 il avait &#233;t&#233; propos&#233; de cr&#233;er une (...)' id='nh2-14'&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'am&#233;lioration de la situation en soins de suite est en cours, mais de deux mani&#232;res : d'une part on cr&#233;e des places de soins de suite, ce qui est probablement une bonne chose&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-15' class='spip_note' rel='appendix' title='On dit &#171; probablement &#187; parce que le plus urgent serait plut&#244;t d'am&#233;liorer les (...)' id='nh2-15'&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; d'autre part on stimule la cr&#233;ation de places d'h&#233;bergement, ce qui ne soul&#232;verait aucune objection si cela ne se faisait pas par le biais d'une forte incitation &#224; la privatisation de l'offre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La casse des longs s&#233;jours :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est l&#224; que le pire arrive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que les services de long s&#233;jour sont des lieux o&#249; on h&#233;berge jusqu'&#224; la fin de leur vie des malades dont l'&#233;tat impose qu'ils vivent dans un environnement hospitalier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des d&#233;cisions ont &#233;t&#233; prises pour transformer une bonne moiti&#233; de l'offre de lits en long s&#233;jour en offre de lits de maison de retraite ; cela signifie que la moiti&#233; de cette offre de lits va passer du secteur sanitaire au secteur m&#233;dico-social, ce qui aboutit &#233;videmment &#224; un changement de payeur. Nous reviendrons sur ce point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La m&#233;thode :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment fait-on pour parvenir &#224; ce r&#233;sultat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On commence par faire remarquer qu'il n'y a pas une diff&#233;rence consid&#233;rable entre l'&#233;tat des r&#233;sidents d'un service de long s&#233;jour et celui des r&#233;sidents d'une maison de retraite. C'est l&#224; un constat ancien, qui pointe une anomalie indiscutable, et &#224; laquelle il faut rem&#233;dier. Les causes de cette situation sont multiples, citons-en trois :
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; L'offre de lits d'h&#233;bergement est si faible que les malades sont volontiers envoy&#233;s l&#224; o&#249; il y a de la place, et non l&#224; o&#249; leur &#233;tat le demande.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Quand un malade de long s&#233;jour s'am&#233;liore il est souvent bien difficile de lui imposer un d&#233;m&#233;nagement.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La dotation en personnel des longs s&#233;jours est si mauvaise que les responsables de ces services sont contraints d'admettre des malades inad&#233;quats &#224; seule fin de soulager leurs &#233;quipes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On cherche &#224; mesurer ces inad&#233;quations. Et cela se fait en cr&#233;ant un outil de mesure nomm&#233; PATHOS, qui entend d&#233;tecter les malades qui ont besoin d'un environnement hospitalier et ceux qui n'en ont pas besoin. Ne nous lan&#231;ons pas ici dans la critique de l'outil, elle serait pourtant instructive ; contentons-nous de pointer qu'actuellement il se trouve dans la m&#234;me situation que la grille AGGIR servant &#224; mesurer la d&#233;pendance, et qui est utilis&#233;e &#224; des fins auxquelles il avait toujours &#233;t&#233; entendu qu'elle ne servirait pas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-16' class='spip_note' rel='appendix' title='Et notons &#224; nouveau la dichotomie : PATHOS pour le sanitaire, AGGIR pour le (...)' id='nh2-16'&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On impose &#224; tous les services de long s&#233;jour de faire une &#233;valuation PATHOS de leur population. Et on trouve que 50 &#224; 70% des malades de long s&#233;jour sont inad&#233;quats et pourraient aller en maison de retraite. Reste donc &#224; imposer le basculement vers les maisons de retraite de 70% des lits de long s&#233;jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CQFD ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les critiques :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la strat&#233;gie appelle quelques remarques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re est &#233;vidente : 50 &#224; 70% d'inad&#233;quations est le r&#233;sultat auquel on s'est toujours attendu. Quand on compare la population des maisons de retraite &#224; celle des services de long s&#233;jour, on sait que 70% des malades de long s&#233;jour ressemblent &#224; ceux des maisons de retraite. L'outil PATHOS aboutit &#224; donc &#224; une conclusion qu'on connaissait d&#233;j&#224;. Et ceci peut s'expliquer de deux mani&#232;res au moins.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; L'outil PATHOS est un bon outil, fiable, qui donne des r&#233;sultats conformes &#224; ce qui &#233;tait attendu.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; L'outil PATHOS n'a &#233;t&#233; con&#231;u que pour confirmer le r&#233;sultat qu'on souhaitait confirmer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-17' class='spip_note' rel='appendix' title='Ceci n'implique aucune malignit&#233; de la part de ses concepteurs : simplement (...)' id='nh2-17'&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dit-on quand on dit que 70% des malades de long s&#233;jour sont similaires &#224; ceux des maisons de retraite ? Deux choses au choix :
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Ou bien on dit qu'il y a des malades de long s&#233;jour qui feraient mieux d'aller en maison de retraite.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Ou bien on dit qu'il y a des malades de maison de retraite qui feraient mieux d'aller en long s&#233;jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et rien ne permet l&#224; de trancher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord parce qu'il s'agit l&#224; d'une position &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;, qui implique un choix &#233;thique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais bien plus encore parce que pour savoir ce qu'il convient de faire il faudrait avoir une vision exacte de ce qui se passe en maison de retraite. L'&#233;vidence est donc qu'il faut aussi r&#233;aliser une coupe PATHOS en maison de retraite : il y a des gens qui sont en long s&#233;jour et qui devraient aller en maison de retraite (quant &#224; dire si c'est 50%, ou plus, ou moins, c'est une autre question) ; mais il y a sans aucun doute des gens qui sont en maison de retraite et dont la s&#233;curit&#233; n'est pas assur&#233;e parce qu'il faudrait les mettre en long s&#233;jour&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-18' class='spip_note' rel='appendix' title='Ne parlons m&#234;me pas de ceux qui sont &#224; domicile en grand danger, simplement (...)' id='nh2-18'&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la coupe PATHOS en maison de retraite n'est pas faite. Deux arguments sont avanc&#233;s pour justifier cette carence :
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Il faut aller vite. Mais vaut-il mieux aller vite dans un mur, ou lentement sur le chemin ?
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Les m&#233;decins de maison de retraite ne sont pas aptes &#224; utiliser PATHOS. Mais s'ils ne sont pas aptes &#224; utiliser PATHOS, est-on vraiment certain qu'ils sont aptes &#224; s'occuper de personnes &#226;g&#233;es d&#233;pendantes ? On retrouve l&#224; le manque criant de g&#233;riatres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref on d&#233;cide de supprimer la moiti&#233; des lits de long s&#233;jour. On se donne pour cela un instrument de mesure &lt;i&gt;ad hoc&lt;/i&gt;. On ne se demande pas quels sont les besoins r&#233;els. On se demande encore moins quels seront les besoins &#224; venir. Bref on d&#233;truit le syst&#232;me en place. Le mot de trag&#233;die n'est pas trop fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les implications financi&#232;res :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, dira-t-on. Mais comment ce basculement est-il financ&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui nous est annonc&#233; est tr&#232;s attractif : on va en effet renforcer les moyens des maisons de retraite pour leur permettre de prendre en charge des malades lourds. Et m&#234;me si on diminue leur capacit&#233;, on va maintenir les moyens des services de long s&#233;jour, de mani&#232;re &#224; renforcer leur aptitude &#224; s'occuper des malades qui leur restent. L'effort financier est l&#224;, il est ind&#233;niable et important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voil&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord pourquoi voudrait-on renforcer les moyens des maisons de retraite ? Le premier pilier de la construction intellectuelle est celui-ci : il y a des malades de long s&#233;jour qui pourraient tout aussi bien &#234;tre en maison de retraite. Mais s'ils ne sont pas si lourds que cela, pourquoi leur faut-il des moyens suppl&#233;mentaires ? L'objection n'est pas mince : car, rappelons-le, l'&#233;norme faille est la p&#233;nurie de g&#233;riatres. Peut-&#234;tre faut-il insinuer ici que le grand b&#233;n&#233;ficiaire de ces reconversions va &#234;tre le secteur priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est le second point. Car, comme nous l'avons dit, la diff&#233;rence entre ce qui rel&#232;ve du sanitaire et ce qui rel&#232;ve du social est tr&#232;s difficile &#224; faire. Il n'y faut pas renoncer, car il y a des imp&#233;ratifs comptables qui imposent un peu de r&#233;alisme. Mais cela ne vise et ne peut viser que les grands &#233;quilibres. Une fois l'enveloppe attribu&#233;e, et m&#234;me si la tutelle a pris des pr&#233;cautions pour garantir la bonne utilisation des fonds, l'&#233;tablissement dispose d'une marge de man&#339;uvre, du simple fait qu'il existe une large zone grise o&#249; personne ne peut dire exactement ce qui sert &#224; quoi &lt;i&gt;parce que c'est ind&#233;cidable&lt;/i&gt;. L'autre pilier de la construction intellectuelle est qu'il faut distinguer ce qui rel&#232;ve du sanitaire (les longs s&#233;jours) et ce qui rel&#232;ve du social (les maisons de retraite) ; mais en d&#233;cidant le basculement on dit que, tout de m&#234;me, le social peut bien faire un peu de sanitaire. C'est vrai, mais c'est l&#224; que s'op&#232;re le transfert de ressources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, &lt;i&gt;last but not least&lt;/i&gt;, les g&#233;riatres ont parfois un peu de m&#233;moire. On sait parfaitement que cette indiscutable incitation financi&#232;re a toute chance de ne pas &#234;tre p&#233;renne. Une fois les malades bascul&#233;s dans le secteur m&#233;dico-social (et marchand), une fois l'Assurance-Maladie d&#233;gag&#233;e de ses responsabilit&#233;s, que peut-on pr&#233;voir ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;h3 spip&#034;&gt;UN CRI D'ALARME&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Esp&#233;rons que le lecteur, ayant parcouru quelques pages de ce site, nous fera cr&#233;dit d'une certaine pond&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement la g&#233;riatrie est en danger dans toutes ses composantes. Elle l'est parce que la crise financi&#232;re de la protection sociale est l&#224;, et que toute crise atteint toujours les plus faibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a dans les organismes de tutelle de nombreux responsables qui essaient de sauver ce qui peut l'&#234;tre. Il y a chez les g&#233;riatres de nombreux m&#233;decins qui essaient de penser un syst&#232;me qui sauverait l'essentiel. Il n'emp&#234;che que les exemples se multiplient de situations o&#249; on menace de supprimer 70% de lits de long s&#233;jour dans des services o&#249;, pourtant, la coupe PATHOS elle-m&#234;me donnait d'autres r&#233;sultats : la volont&#233; politique est l&#224; &#233;vidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela n'est pas raisonnable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lacunes du syst&#232;me actuel sont &#233;videntes, et il faut y rem&#233;dier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais croit-on s&#233;rieusement que l'explosion de la d&#233;mographie des vieux peut &#234;tre envisag&#233;e sans un effort de r&#233;flexion et d'analyse au moins aussi important que celui qu'on vient de consentir sur l'environnement et l'&#233;cologie ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir sur ce point &#171; &lt;a href='http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article56' class='spip_in'&gt;Qu'est-ce que vieillir ?&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Soyons juste cependant : les deux organismes ont davantage le souci de coop&#233;rer que celui de se renvoyer les probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ne nous demandons pas ici en quoi la maternit&#233; est un risque, il le faudrait pourtant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-4' class='spip_note' title='Notes 2-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#233;lib&#233;r&#233;ment nous ne parlerons pas ici de la r&#233;forme hospitali&#232;re en cours, qui programme la disparition des services et leur remplacement par des p&#244;les ; nous n&#233;gligerons &#233;galement les structures d'h&#244;pital de jour, de consultation externe etc....&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-5' class='spip_note' title='Notes 2-5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Contrairement &#224; ce qu'on pense souvent elle n'est pas limit&#233;e : le s&#233;jour est simplement subordonn&#233; &#224; l'accord de la Caisse d'Assurance-Maladie, mais cet accord peut &#234;tre renouvel&#233; autant de fois que n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-6' class='spip_note' title='Notes 2-6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En maison de retraite cependant il existe des d&#233;penses qui sont couvertes par un forfait quotidien, mais laissons cela pour le moment.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-7' class='spip_note' title='Notes 2-7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est notamment ce qui y rend un peu difficile l'application de la loi contre le tabagisme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-8' class='spip_note' title='Notes 2-8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; ceci pr&#232;s qu'elle ent&#233;rine un fait de soci&#233;t&#233; : d&#233;sormais on ne choisit plus d'aller en maison de retraite, on n'y va que contraint par la d&#233;pendance. On ferait bien d'en peser les cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-9' class='spip_note' title='Notes 2-9' rev='appendix'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le fait que dans ce cas l'APA est vers&#233;e directement &#224; la maison de retraite ne change pas la construction.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-10' class='spip_note' title='Notes 2-10' rev='appendix'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La m&#234;me remarque vaut pour les soins palliatifs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-11' class='spip_note' title='Notes 2-11' rev='appendix'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les autres sont titulaires d'un Dipl&#244;me Universitaire ou d'une Capacit&#233;, ce qui est d'ailleurs largement suffisant pour faire de la bonne g&#233;riatrie, mais ce n'est pas le propos ; par ailleurs m&#234;me si on compte tous les capacitaires, le nombre de g&#233;riatres reste encore tr&#232;s insuffisant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-12'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-12' class='spip_note' title='Notes 2-12' rev='appendix'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le cas d'&#233;cole est la fracture du col du f&#233;mur : les chirurgiens l'ont magnifiquement r&#233;par&#233;e, mais ils n'ont pas les connaissances n&#233;cessaires pour se demander ce qui a fait que le malade est tomb&#233; ; question pourtant capitale si on veut &#233;viter la fracture de l'autre col du f&#233;mur...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-13'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-13' class='spip_note' title='Notes 2-13' rev='appendix'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Certes le forfait hospitalier conduit le malade &#224; payer une partie de ses frais d'h&#233;bergement ; mais il y a loin des &#8364;16 du forfait aux &#8364; 50 &#224; 70 d'un h&#233;bergement en maison de retraite.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-14'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-14' class='spip_note' title='Notes 2-14' rev='appendix'&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rappelons qu'au d&#233;but des ann&#233;es 2 000 il avait &#233;t&#233; propos&#233; de cr&#233;er une nouvelle entit&#233; : les soins de suite prolong&#233;s, dans lesquels le sujet serait bascul&#233; quasi automatiquement au bout de deux mois de s&#233;jour ; la diff&#233;rence avec le syst&#232;me actuel aurait &#233;t&#233; que dans les soins de suite prolong&#233;s le malade payait son h&#233;bergement...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-15'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-15' class='spip_note' title='Notes 2-15' rev='appendix'&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On dit &#171; probablement &#187; parce que le plus urgent serait plut&#244;t d'am&#233;liorer les possibilit&#233;s de l'existant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-16'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-16' class='spip_note' title='Notes 2-16' rev='appendix'&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Et notons &#224; nouveau la dichotomie : PATHOS pour le sanitaire, AGGIR pour le social.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-17'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-17' class='spip_note' title='Notes 2-17' rev='appendix'&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ceci n'implique aucune malignit&#233; de la part de ses concepteurs : simplement une fois l'outil cr&#233;&#233; il faut l'&#233;talonner, c'est-&#224;-dire d&#233;finir des crit&#232;res, et c'est l&#224; que la subjectivit&#233; devient incontournable : ce qui dit si j'ai de la fi&#232;vre, ce n'est pas le thermom&#232;tre, c'est le niveau &#224; partir duquel je dis qu'il y a de la fi&#232;vre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-18'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-18' class='spip_note' title='Notes 2-18' rev='appendix'&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ne parlons m&#234;me pas de ceux qui sont &#224; domicile en grand danger, simplement parce qu'ils n'ont pas les moyens de payer le long s&#233;jour.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le lieu de vie du d&#233;ment : quelle utilisation de la couleur ?</title>
		<link>http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article65</link>
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		<dc:date>2007-06-29T18:53:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Quand on essaie de concevoir un lieu de vie adapt&#233; au d&#233;ment, on attache une grande importance &#224; la question de la couleur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais que valent exactement nos r&#233;flexions ? Quels en sont les pr&#233;suppos&#233;s ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce texte ne repose sur aucune &#233;tude physiologique ; il s'agit simplement de quelques remarques a priori.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Organisation g&#233;riatrique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA NOTION DE COULEUR :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes des professionnels du soin. cette simple remarque pose une question fondamentale quant &#224; la prise en charge des personnes &#226;g&#233;es : pourquoi cette prise en charge est-elle confi&#233;e &#224; des soignants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut certes r&#233;pondre que le plus souvent nos r&#233;sidents ne sont pas en bonne sant&#233;. Reste &#224; savoir si c'est par leur &#233;tat de malade qu'on d&#233;finit au mieux ce qu'ils sont. Les r&#233;sidents, ce sont d'abord des gens qui mangent, qui boivent, qui s'ennuient, qui vivent. Que disons-nous quand nous disons que ce sont d'abord des malades ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cons&#233;quence en tout cas est connue : nous avons tous tendance &#224; voir le &lt;i&gt;malade&lt;/i&gt; avant la &lt;i&gt;personne&lt;/i&gt;, et &#224; oublier qu'un d&#233;ment ce n'est pas d'abord un d&#233;ment, c'est d'abord un vieux. Et qu'un vieux ce n'est pas d'abord un vieux, c'est d'abord un humain. L'inconv&#233;nient pour nous c'est que cela n'est pas tr&#232;s confortable, car cela nous force &#224; constater qu'il nous ressemble ; avons-nous vraiment envie de lui ressembler ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant qu'il est vieux, le d&#233;ment a des troubles visuels. C'est la premi&#232;re chose qu'il nous faut consid&#233;rer. Mais le vieillissement normal semble engendrer assez peu de troubles de la vision des couleurs. Il y a des troubles de la reconnaissance des formes (presbytie), il y a des troubles de la vision des contrastes, il y a une moindre r&#233;sistance &#224; l'&#233;blouissement, mais la vision des couleurs reste assez peu perturb&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-1' class='spip_note' rel='appendix' title='La d&#233;g&#233;n&#233;rescence maculaire li&#233;e &#224; l'&#226;ge alt&#232;re la vision des couleurs, mais ce (...)' id='nh3-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; la r&#233;serve pr&#232;s des troubles li&#233;s &#224; la cataracte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai trouv&#233; aucune r&#233;f&#233;rence disant que la d&#233;mence alt&#233;rerait la vision des couleurs ; ce n'est en rien une &#233;vidence, car le d&#233;ment pr&#233;sente des troubles visuels sp&#233;cifiques : on trouve fr&#233;quemment par exemple un trouble de la perception d'un h&#233;michamp visuel, sans qu'on puisse dire s'il s'agit d'une h&#233;min&#233;gligence ou d'une h&#233;mianopsie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Dans l'h&#233;mianopsie, je ne vois pas les objets qui sont dans telle ou telle (...)' id='nh3-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le d&#233;ment mange la moiti&#233; de son assiette, il faut la tourner pour qu'il mange l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref le d&#233;ment voit les couleurs comme nous, et sa probl&#233;matique de la couleur est la m&#234;me que la n&#244;tre. Ceci conduit &#224; d&#233;placer le probl&#232;me pos&#233; : qu'est-ce que la couleur pour nous ? Et d'abord, qu'est-ce que la vision ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que voir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux sens principaux de l'homme sont la vision et l'audition. Ce sont les deux sens qui lui permettent de conna&#238;tre les choses qui sont &#224; distance de lui&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Passons sur l'olfaction ; mais &#224; condition de noter que si nous passons sur (...)' id='nh3-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais il suffit de r&#233;fl&#233;chir pour constater qu'il existe entre les deux sens une diff&#233;rence importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne vois en effet que ce qui passe sous mon regard, en simplifiant je dirais que pour voir il faut regarder. La vision est le sens qui me permet d'observer, de viser, d'&#233;pier, de surveiller, c'est le sens qui me sert &#224; attaquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si je ne peux rien voir de ce qui se d&#233;roule derri&#232;re moi, par contre je peux fort bien entendre. Le bruit s'impose &#224; moi, et le r&#244;le de l'audition est avant tout un sens d'alerte. On a beau dire au guetteur : &#171; Ouvrez l'&#339;il &#187;, ce qu'on attend de lui c'est qu'il tende l'oreille. Bref, si la vision est le sens de l'attaque, l'audition est le sens qui me sert &#224; me d&#233;fendre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-4' class='spip_note' rel='appendix' title='M&#234;me sil est entendu que les carnassiers se servent aussi de leurs oreilles. (...)' id='nh3-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est n&#233;cessaire de regarder pour voir il n'est pas n&#233;cessaire d'&#233;couter pour entendre. C'est la conscience qui vient compliquer ce sch&#233;ma en offrant des filtres : je peux ainsi refuser de voir ce que je regarde, ou d'&#233;couter ce que j'entends. Mais du fait qu'en principe je dois regarder pour voir alors qu'il ne m'est pas n&#233;cessaire d'&#233;couter pour entendre, la vision concerne davantage la conscience et l'audition davantage l'inconscient (quand je dis &#171; &#231;a me parle &#187;, je ne suis pas dans le m&#234;me registre que quand je dis &#171; &#231;a me regarde &#187;) ; en caricaturant on pourrait dire que voir serait plut&#244;t une affaire de n&#233;ocortex, et qu'entendre serait plut&#244;t une affaire de pal&#233;ocortex&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-5' class='spip_note' rel='appendix' title='Cela ne veut pas dire que les choses se passent aussi simplement du point (...)' id='nh3-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenons maintenant notre sujet : la vision. Voir, c'est voir des formes et des couleurs. Et de ce point de vue il y a deux choses &#224; consid&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fonction la plus &#233;vidente de la couleur est d'attirer notre attention. Dans ce qui passe dans notre champ visuel ce que nous remarquons en premier ce sont les objets aux couleurs les plus vives. Il suffit de cette remarque pour concevoir que de ce point de vue la couleur a quelque chose &#224; voir avec le son : une couleur intense s'impose au m&#234;me titre qu'un bruit intense, et c'est bien pourquoi on parle de &#171; couleur &#233;clatante &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-6' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir W. Kandinsky : Du Spirituel dans l'art et dans la peinture en (...)' id='nh3-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et on sait que la couleur est utilis&#233;e diff&#233;remment dans le r&#232;gne animal et dans le r&#232;gne v&#233;g&#233;tal : si les fleurs sont color&#233;es, c'est pour attirer l'attention des insectes dont leur survie d&#233;pend ; les animaux, eux, ambitionnent davantage de passer inaper&#231;us&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-7' class='spip_note' rel='appendix' title='Naturellement cette diff&#233;rence est li&#233;e au fait que les plantes ne bougent (...)' id='nh3-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que la couleur a &#224; voir avec l'audition, elle a &#224; voir avec l'inconscient. La mani&#232;re dont les couleurs nous influencent est souvent tr&#232;s discr&#232;te, au point que bien souvent nous ne savons m&#234;me pas de quelle couleur il s'agit. Ce langage n'en est pas moins tr&#232;s pr&#233;cis. C'est de cette mani&#232;re qu'on cherche les c&#232;pes : on ne peut se guider sur la forme car les c&#232;pes sont souvent cach&#233;s sous la mousse ; pour les trouver il faut renoncer &#224; chercher des formes, il faut se placer dans un &#233;tat d'&#171; attention flottante &#187; superposable &#224; celui dont parlent les psychanalystes, et s'int&#233;resser aux couleurs. C'est alors certains tons de brun, des tons que pourtant on ne saurait m&#234;me pas d&#233;crire, qui permettent de trouver son butin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors si la couleur est enracin&#233;e dans l'inconscient, il est probablement prudent de ne pas trop s'en approcher. De deux choses l'une en effet : ou bien on veut manipuler les couleurs dans un but th&#233;rapeutique et cela implique une formation de type psychanalytique, ou bien on ne dispose pas de cette formation et il importe d'&#233;viter la psychoth&#233;rapie sauvage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d'autre part la forme est aussi ce qui nous sert &#224; identifier les objets. C'est &#224; sa forme que je reconnais une fourchette, et il n'y a aucune couleur sp&#233;cifique affect&#233;e &#224; la cat&#233;gorie &#171; fourchette &#187;. Les choses sont &#224; ce point tranch&#233;es que si dans un film publicitaire nous voyons une vache de couleur bleue o&#249; est &#233;crit &#171; Milka &#187;, nous disons que c'est une vache bleue ; et il ne nous vient pas &#224; l'esprit de dire : puisqu'aucune vache n'est bleue, ce n'est pas une vache. Au reste de nombreux animaux, et notamment des fauves, ne savent pas reconna&#238;tre les couleurs, et le taureau de combat se guide sur les formes et le mouvement. En somme pour attaquer il n'est nullement n&#233;cessaire d'annoncer la couleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors de ce point de vue &#224; quoi sert la couleur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour d&#233;crire un objet, mettons une fourchette, il faut d'abord que je montre en quoi c'est une fourchette semblable &#224; toutes les fourchettes, il faut que je recense ses qualit&#233;s essentielles. Mais quand cela est fait, il faut que je dise en quoi il s'agit de &lt;i&gt;cette&lt;/i&gt; fourchette, il faut que je dise en quoi elle se distingue de toutes les autres fourchettes, il faut que je recense ses qualit&#233;s accessoires. Cette fourchette est correctement d&#233;crite quand j'ai dit &#224; la fois en quoi elle ressemble &#224; toutes les fourchettes et en quoi elle s'en distingue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La couleur est une qualit&#233; accessoire ; c'est ce qui, dans l'exemple que nous avons choisi, nous sert &#224; distinguer deux fourchettes entre elles. C'est &lt;i&gt;ma&lt;/i&gt; fourchette qui est rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or il se trouve que l'op&#233;ration mentale qui sert &#224; identifier un objet est complexe. Ce que j'ai devant les yeux, c'est un objet allong&#233;, ondul&#233;, avec une extr&#233;mit&#233; &#233;paisse et une autre plate pourvue de quatre indentations. Tant que j'en reste l&#224; je ne sais pas qu'il s'agit d'une fourchette, et j'en suis r&#233;duit &#224; imaginer, comme je ferais d'un objet inconnu, &#224; quoi il peut bien me servir. C'est quand je l'ai &lt;i&gt;nomm&#233;e&lt;/i&gt; que je peux l'utiliser&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-8' class='spip_note' rel='appendix' title='Lire &#224; ce sujet M. Heidegger, Etre et temps, &#167; 15.' id='nh3-8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est par le langage que je m'approprie le monde. On sait qu'il existe dans notre cerveau des fonctions de raccourci qui permettent de reconna&#238;tre les objets sans avoir &#224; les analyser &#224; chaque fois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-9' class='spip_note' rel='appendix' title='La fonction de reconnaissance des visages est la plus c&#233;l&#232;bre.' id='nh3-9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; on sait aussi que cette fonction est atteinte dans la d&#233;mence, et que si le patient reste devant son lavabo incapable d'effectuer le moindre geste c'est notamment parce qu'il ne sait plus &lt;i&gt;identifier&lt;/i&gt; le savon (d'ailleurs pendant longtemps il suffit de &lt;i&gt;nommer&lt;/i&gt; le savon pour d&#233;bloquer la situation).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions on est tent&#233; de se demander s'il n'y aurait pas l&#224; un moyen de compenser la faillite des syst&#232;mes habituels de la pens&#233;e par un recours &#224; d'autres proc&#233;d&#233;s : si le d&#233;ment ne sait plus identifier sa fourchette &#224; sa forme, peut-il l'identifier &#224; sa couleur ? C'est possible. Encore faudra-t-il d&#232;s lors se donner les moyens de g&#233;rer un tel syst&#232;me. Par ailleurs si on joue sur les couleurs il faut garder &#224; l'esprit qu'on joue avec des donn&#233;es de l'inconscient, ce qui demande quelques pr&#233;cautions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles applications pratiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat de notre recherche est donc assez maigre : si nous laissons de c&#244;t&#233; ce qui rel&#232;ve de la fantasmagorie il y a de fortes chances que tout travail sur les couleurs ne renvoie en fait &#224; rien de v&#233;rifiable ; dans ces conditions on ne peut les utiliser qu'au hasard, et si on obtient un r&#233;sultat il a toute chance d'&#234;tre incontr&#244;lable et donc dangereux. Si on veut utiliser les couleurs le plus raisonnable est donc de le faire en tenant compte simplement de l'effet qu'elles ont sur nous&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-10' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir W. Kandinsky, ibid.' id='nh3-10'&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ceci nous conduit &#224; une remarque fondamentale : nous nous sommes demand&#233; comment il fallait utiliser les couleurs avec le d&#233;ment. Et la premi&#232;re chose que nous avons d&#233;couverte est qu'&#224; notre connaissance les couleurs sont pour le d&#233;ment ce qu'elles sont pour nous. Une des grandes difficult&#233;s de la prise en charge du d&#233;ment est bien celle-ci : la d&#233;mence ne modifie pas tout ; nous avons souvent tendance &#224; oublier ce point et &#224; croire que tout dans notre approche du d&#233;ment doit &#234;tre sp&#233;cifique. Cette attitude a une fonction protectrice : la d&#233;mence nous fait peur et pour cette raison nous essayons de nous en d&#233;marquer en montrant en toute occasion quele malade est diff&#233;rent de nous. Cela nous conduit souvent &#224; des attitudes inadapt&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La couleur est donc pour lui ce qu'elle est pour nous[Voir sur ce point Goethe, &lt;i&gt;Trait&#233; des couleurs&lt;/i&gt;.]] : pour tout le monde le rouge &#233;voque la chaleur, mais aussi la col&#232;re ; pour tout le monde le vert &#233;voque le repos, et la paix. Il n'y a l&#224; aucun myst&#232;re : le feu est rouge et l'herbe est verte. L'usage des couleurs n'a donc pas de raison d'&#234;tre tr&#232;s diff&#233;rent de celui qui en est fait chez le sujet non malade. On trouvera ci-apr&#232;s quelques conseils&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-11' class='spip_note' rel='appendix' title='On commente ici largement un document trouv&#233; &#224; http://membres.lycos.fr/papidoc/31m' id='nh3-11'&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'on veut obtenir, c'est attirer l'attention du r&#233;sident sur certains points, et la d&#233;tourner d'autres points ; on va donc jouer sur la premi&#232;re fonction de la couleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un couloir, la porte de la chambre doit &#234;tre d'une couleur tranch&#233;e par rapport &#224; la couleur des murs, ce qui permet au r&#233;sident de rep&#233;rer la porte. Reste &#224; l'attirer vers certaines portes et non vers d'autres : les portes des salles communes doivent &#234;tre d'une couleur satur&#233;e pour attirer le regard ; par contre les portes des pi&#232;ces de service doivent se fondre dans le coloris des murs. De m&#234;me il vaut mieux laisser les couloirs de sortie dans l'obscurit&#233;. Ces techniques sont efficaces et simples &#224; utiliser, mais la condition est qu'on se souvienne de ce qu'elles sont : des techniques de manipulation identiques &#224; celles qu'on emploie dans les grades surfaces.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ou encore, pour lutter contre l'incontinence il faut que le sujet identifie ais&#233;ment les toilettes. Il faut donc bien diff&#233;rencier la couleur des portes de celle des murs environnants (mais il faut aussi que la couleur rappelle au sujet que ce sont des toilettes ; le mieux est que la couleur des portes des toilettes soit identique dans tout l'&#233;tablissement. Par exemple portes jaunes, les murs des chambres &#233;tant dans des tons pastels de bleu ou de vert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On facilite la r&#233;orientation en pla&#231;ant des sigles (suffisamment grands, &#233;tant donn&#233; la baisse de l'acuit&#233; visuelle) &#224; des endroits bien visibles. Le jaune sur fond bleu donne les meilleurs r&#233;sultats&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-12' class='spip_note' rel='appendix' title='Du moins est-ce ce qu'on croit, comme ne t&#233;moigne l'usage de ce couple de (...)' id='nh3-12'&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de lire ce qui pr&#233;c&#232;de pour ressentir un malaise : car l'unit&#233; de d&#233;ments est un &lt;i&gt;lieu de vie&lt;/i&gt;. Et cela nous pose question de deux mani&#232;res radicalement antinomiques : &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; 1.Ce lieu de vie doit &#234;tre adapt&#233; aux sp&#233;cificit&#233;s du d&#233;ment : on doit lutter contre l'impression d'enfermement en privil&#233;giant les pi&#232;ces claires, vastes, ouvertes sur l'ext&#233;rieur, favorisant la d&#233;ambulation, avec une pluralit&#233; de centres d'int&#233;r&#234;t diss&#233;min&#233;s en vue de favoriser l'exploration. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; 2.Le d&#233;ment est d'abord un &#234;tre d&#233;sorient&#233;, qui se trouve dans un environnement inconnu et qu'il ne peut conna&#238;tre. Ce dont il a besoin c'est de rep&#232;res, et il importe par-dessus tout que son milieu de vie ressemble &#224; son milieu habituel. Et la question qui se pose ici est redoutable : nous allons jouer sur les couleurs pour orienter son attention. Mais dans la vie normale, dans sa maison, &lt;i&gt;les couleurs ne servent pas &#224; cela&lt;/i&gt;. Et cet &#233;trange jeu de couleurs passerait inaper&#231;u, ne le d&#233;sorientrait pas, n'accro&#238;trait pas son impression d'&#233;tranget&#233; ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb3-13' class='spip_note' rel='appendix' title='On commet la m&#234;me imprudence quand, voulant lutter contre la propension des (...)' id='nh3-13'&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut rappeler que la situation du d&#233;ment en institution est une situation profond&#233;ment &lt;i&gt;anormale&lt;/i&gt; ; dans ces conditions il est futile de vouloir lui construire un lieu de vie qui ressemble &#224; son milieu habituel : il n'est pas dans son milieu habituel. Mais cette simple remarque suffit &#224; montrer dans quelle incertitude nous sommes : le plus p&#233;nible pour le d&#233;ment serait-il l'&#233;tranget&#233; de ne pas pouvoir s'approprier son environnement ou l'&#233;tranget&#233; de s'&#234;tre appropri&#233; un environnement qui en fait n'a rien &#224; voir avec le sien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La lumi&#232;re :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les couleurs sont fortement influenc&#233;es par l'&#233;clairage. Un objet a une couleur parce qu'il r&#233;fl&#233;chit une partie de la lumi&#232;re qu'il re&#231;oit ; ainsi un objet rouge est rouge parce qu'il absorbe toutes les ondes lumineuses qu'il re&#231;oit sauf le rouge ; cela suppose que dans la lumi&#232;re qu'il re&#231;oit il y ait des ondes rouges, et si on l'&#233;claire en lumi&#232;re bleue il para&#238;t noir : tous les habitu&#233;s des bo&#238;tes de nuit connaissent ce ph&#233;nom&#232;ne, et d'ailleurs quand il n'y a pas de lumi&#232;re tout est noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la lumi&#232;re naturelle contient toutes la gamme des ondes. Celle des lumi&#232;res artificielles est toujours plus pauvre. Les couleurs ont besoin de lumi&#232;re naturelle pour &#234;tre belles. La gamme d'ondes des ampoules &#233;lectriques tire sur le jaune, celle des tubes fluorescents est tr&#232;s &#233;troite (c'est la raison pour laquelle ils consomment moins d'&#233;nergie : si un fluo ne chauffe pas, c'est pace qu'il n'&#233;met pas d'infrarouge).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La lumi&#232;re tr&#232;s crue produite par des fluos nombreux, incite &#224; fermer les yeux (d'o&#249; une diminution de la pr&#233;sence &#224; l'entourage) et conduit &#224; l'agitation de certains patients. Par un effet d'optique, ce type d'&#233;clairage rallonge les couloirs : la lumi&#232;re, r&#233;fl&#233;chie par les murs et par le sol, cr&#233;e un effet de tunnel. Par contre, les tubes fluorescents sont utiles dans les armoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs lampes dispos&#233;es dans toute la pi&#232;ce permettent d'obtenir une distribution plus uniforme de la lumi&#232;re qu'une seule source d'&#233;clairage de grande puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me d'&#233;clairage le plus fr&#233;quent est la brillance : soit la lumi&#232;re est trop brillante et provoque l'&#233;blouissement, soit elle n'est pas assez brillante. Le co&#251;t d'un &#233;clairage ad&#233;quat est minime par rapport aux b&#233;n&#233;fices possibles. Les surfaces mates sont conseill&#233;es. &#201;viter les planchers cir&#233;s ou brillants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les couleurs fonc&#233;es absorbent la lumi&#232;re, tandis que les couleurs claires la r&#233;fl&#233;chissent. Si une pi&#232;ce est trop sombre, peindre les murs d'une couleur p&#226;le et poser des rideaux aux couleurs claires. Des rideaux fonc&#233;s ajour&#233;s laissent passer la lumi&#232;re tout en r&#233;duisant l'&#233;blouissement. Un tissu de couleur claire plac&#233; sur le dossier d'une chaise fonc&#233;e la rend beaucoup plus visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut toujours &#233;clairer convenablement les escaliers de fa&#231;on &#224; &#233;liminer les ombres qui pourraient g&#234;ner la vue. Ceci n'est pas propre au d&#233;ment, mais concerne toutes les personnes &#226;g&#233;es. Ce qui par contre est sp&#233;cifique au d&#233;ment c'est que l'ombre est propice aux ph&#233;nom&#232;nes hallucinatoires. Pour les escaliers, la rampe et le bord de chaque marche doivent &#234;tre d'une couleur contrastante qui en facilitera le rep&#233;rage. De plus, des paliers de couleurs diff&#233;rentes en bas et en haut de l'escalier sont un autre moyen qui aide au rep&#233;rage, et ce de deux mani&#232;res : &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Cela permet au malade, pendant longtemps, de m&#233;moriser un peu d'information. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Mais aussi cela met en jeu des processus archa&#239;ques, &#233;motionnels, dont la m&#233;moire se conserve plus longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que conclure ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de chose, assur&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui importe c'est de se souvenir que l'utilisation des couleurs doit ob&#233;ir &#224; des r&#232;gles simples, et qu'il s'agit d'une utilisation purement fonctionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La couleur n'est pour le d&#233;ment rien d'autre que ce qu'elle est pour nous. Il est donc capital de ne pas chercher midi &#224; quatorze heures, et plus encore peut-&#234;tre de garder &#224; l'esprit les &#233;troites limites de l'exercice...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb3-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-1' class='spip_note' title='Notes 3-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La d&#233;g&#233;n&#233;rescence maculaire li&#233;e &#224; l'&#226;ge alt&#232;re la vision des couleurs, mais ce n'est pas ce qui fait sa gravit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-2' class='spip_note' title='Notes 3-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans l'h&#233;mianopsie, je ne vois pas les objets qui sont dans telle ou telle position ; dans l'h&#233;min&#233;gligence je nes vois mais je ne sais pas en tenir compte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-3' class='spip_note' title='Notes 3-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Passons sur l'olfaction ; mais &#224; condition de noter que si nous passons sur ce point c'est parce que le sens olfactif est totalement m&#233;connu et sous-utilis&#233;, alors que nous avons suffisamment d'&#233;l&#233;ments pour savoir qu'il est capital. On peut m&#234;me se demander s'il ne l'est pas d'autant plus que le n&#233;ocortex est en panne ; l'olfaction pourrait bien &#234;tre chez le d&#233;ment un enjeu bien plus capital que ce dont nous allons d&#233;battre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-4' class='spip_note' title='Notes 3-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M&#234;me sil est entendu que les carnassiers se servent aussi de leurs oreilles. Mais on voit bien que si un simple bruit suffit &#224; d&#233;clencher valablement le comportement de fuite il faut des informations plus pr&#233;cises pour d&#233;clencher le comportement d'attaque.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-5' class='spip_note' title='Notes 3-5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cela ne veut pas dire que les choses se passent aussi simplement du point de vue neurophysiologique : le n&#233;ocortex est impliqu&#233; d'une mani&#232;re probablement similaire dans les deux perceptions. Mais les choses sont-elles parfaitement identiques ? Cela resterait &#224; voir.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-6' class='spip_note' title='Notes 3-6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir W. Kandinsky : &lt;i&gt;Du Spirituel dans l'art et dans la peinture en particulier&lt;/i&gt;, ch. V et VI.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-7' class='spip_note' title='Notes 3-7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Naturellement cette diff&#233;rence est li&#233;e au fait que les plantes ne bougent pas ; leur seul espoir d'interaction avec d'autres vivants est qu'on vienne &#224; elles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-8' class='spip_note' title='Notes 3-8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#224; ce sujet M. Heidegger, &lt;i&gt;Etre et temps&lt;/i&gt;, &#167; 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-9' class='spip_note' title='Notes 3-9' rev='appendix'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La fonction de reconnaissance des visages est la plus c&#233;l&#232;bre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-10'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-10' class='spip_note' title='Notes 3-10' rev='appendix'&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir W. Kandinsky, &lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-11'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-11' class='spip_note' title='Notes 3-11' rev='appendix'&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On commente ici largement un document trouv&#233; &#224; &lt;a href=&#034;http://membres.lycos.fr/papidoc/31memoirecouleurs.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;http://membres.lycos.fr/papidoc/31memoirecouleurs.html&lt;/a&gt; Reste &#224; se demander comment ils ont &#233;t&#233; valid&#233;s : il se peut qu'ils ne correspondent en fait qu'&#224; nos fantasmes de soignants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-12'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-12' class='spip_note' title='Notes 3-12' rev='appendix'&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Du moins est-ce ce qu'on croit, comme ne t&#233;moigne l'usage de ce couple de couleurs pour confectionner les transparents. Sur ce point on ne r&#233;siste pas au plaisir de conseiller Christian Morel : Les D&#233;cisions absurdes, Gallimard &#233;d.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb3-13'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh3-13' class='spip_note' title='Notes 3-13' rev='appendix'&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On commet la m&#234;me imprudence quand, voulant lutter contre la propension des malades &#224; vouloir sortir de l'unit&#233;, on dissimule les portes. Le r&#233;sultat est certes que le malade est moins attir&#233; par les portes. mais on ne se demande pas comment il vit le fait de se trouver dans un lieu sans portes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La r&#233;forme de la protection judiciaire des personnes &#226;g&#233;es</title>
		<link>http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article53</link>
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		<dc:date>2006-09-30T12:48:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Cet article est largement obsol&#232;te. Je l'avais &#233;crit en 2006, &#224; l'occasion du discours sur la r&#233;forme des tutelles prononc&#233; par P. Cl&#233;ment, Ministre de la Justice de l'&#233;poque, devant le Conseil &#233;conomique et Social. Depuis les choses ont &#233;volu&#233; puisque la nouvelle loi a &#233;t&#233; promulgu&#233;e et est en application. Cependant, &#224; relire cet article, je me dis qu'il vaut mieux le laisser en ligne : si les craintes qui y sont exprim&#233;es ne se sont pas toutes r&#233;alis&#233;es, le flou qui persiste dans l'application de la loi, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Organisation g&#233;riatrique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article est largement obsol&#232;te. Je l'avais &#233;crit en 2006, &#224; l'occasion du discours sur la r&#233;forme des tutelles prononc&#233; par P. Cl&#233;ment, Ministre de la Justice de l'&#233;poque, devant le Conseil &#233;conomique et Social. Depuis les choses ont &#233;volu&#233; puisque la nouvelle loi a &#233;t&#233; promulgu&#233;e et est en application. Cependant, &#224; relire cet article, je me dis qu'il vaut mieux le laisser en ligne : si les craintes qui y sont exprim&#233;es ne se sont pas toutes r&#233;alis&#233;es, le flou qui persiste dans l'application de la loi, et dont les forums de ce site t&#233;moignent assez abondamment, incitent &#224; penser que le d&#233;bat n'est pas clos.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous attendions une r&#233;forme avec impatience, tant le syst&#232;me actuel de protection judiciaire nous semble totalement inadapt&#233; &#224; la probl&#233;matique des personnes &#226;g&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, que dit le Ministre ? :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte s'ouvre sur un surprenant expos&#233; des motifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A l'origine, ces textes ne devaient concerner que quelques milliers de personnes : soit dans le cadre de la tutelle, les personnes particuli&#232;rement fragilis&#233;es par un lourd handicap mental ; soit celles n&#233;cessitant un accompagnement social et &#233;ducatif individualis&#233;, relevant alors de la tutelle aux prestations sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, les diverses &#233;tudes men&#233;es au cours des ann&#233;es 1990 ont montr&#233; les d&#233;rives progressives du r&#233;gime de protection des majeurs et son incapacit&#233; &#224; r&#233;pondre aux besoins croissants des personnes vuln&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, plus de 600.000 personnes, soit 1% de la population fran&#231;aise, sont plac&#233;es sous un r&#233;gime de protection juridique, auxquelles il faut ajouter les 67.000 adultes relevant d'une mesure de tutelle aux prestations sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous l'avez-vous-m&#234;me relev&#233;, selon les projections de l'institut national d'&#233;tudes d&#233;mographiques, le nombre des personnes prot&#233;g&#233;es devrait &#234;tre de 800.000 en 2010 et pourrait m&#234;me avoisiner, si la fr&#233;quence des placements se maintient, un million de personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette croissance s'explique pour partie par l'allongement de l'esp&#233;rance de vie ainsi que par l'attention plus importante port&#233;e par notre soci&#233;t&#233; au handicap et &#224; la maladie mentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; n&#233;anmoins de ces explications d&#233;mographiques et soci&#233;tales, force est de constater que la protection judiciaire des majeurs s'est &#233;cart&#233;e de sa finalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, face &#224; l'augmentation de la pr&#233;carisation et &#224; l'exclusion qui en r&#233;sulte, nombre de mesures de protection juridique sont prononc&#233;es &#224; des fins d'accompagnement social, ind&#233;pendamment de toute alt&#233;ration des facult&#233;s.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surprenant, cet expos&#233; des motifs, parce qu'il traite de deux points entre lesquels on peine &#224; trouver un lien. La protection judiciaire des personnes vuln&#233;rables pose en effet &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; deux questions :
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La premi&#232;re est de savoir s'il n'y a pas trop de personnes prot&#233;g&#233;es.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La seconde est de savoir si les personnes prot&#233;g&#233;es sont les bonnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce que le Ministre nous dit, c'est d'abord qu'il y a beaucoup de personnes sous protection, et que cela est li&#233; &#224; la d&#233;mographie. Il nous parle clairement ici des personnes &#226;g&#233;es. Mais il ajoute qu'il y a une d&#233;rive du syst&#232;me, qui vise &#224; compenser la pr&#233;carisation des plus faibles, et il parle &#224; ce sujet de d&#233;rive ; cela existe peut-&#234;tre, mais n'a aucun rapport avec les questions de d&#233;mographie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors, quel va &#234;tre le but de la r&#233;forme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici que le Ministre poursuit son expos&#233; de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il s'agit l&#224; tr&#232;s souvent d'un palliatif des insuffisances des dispositifs sociaux. Or, non seulement ces mesures entra&#238;nent une restriction de droits injustifi&#233;e, mais le plus souvent elles ne permettent pas de r&#233;gler les difficult&#233;s des personnes concern&#233;es. La tutelle ou la curatelle les d&#233;responsabilisent dans l'organisation &#233;conomique et sociale de leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inflation de ces mesures li&#233;e au non-respect ou au contournement des principes &#233;dict&#233;s par la loi de 1968 compromet le suivi r&#233;el des dossiers. Elle hypoth&#232;que le retour &#224; l'autonomie sociale de nombreuses personnes et rend la protection judiciaire de ceux qui en ont r&#233;ellement besoin parfois illusoire, voire source d'abus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin le co&#251;t de cette protection, toujours croissant, est &#224; la charge de la collectivit&#233; publique, qui n&#233;anmoins ne dispose pas des moyens juridiques pour assurer un contr&#244;le efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci doit changer.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite du propos est donc claire : il y a des gens qui utilisent la protection judiciaire pour &#233;chapper &#224; leurs responsabilit&#233;s, et il s'agit de mettre un terme &#224; ces abus, tout en r&#233;duisant le co&#251;t de fonctionnement des services de protection judiciaire. Voil&#224; qui ne peut qu'accro&#238;tre notre inqui&#233;tude : ce que nous esp&#233;rions, nous, c'est une refonte du syst&#232;me de protection judiciaire capable de proposer des r&#233;gimes plus adapt&#233;s aux besoins des personnes &#226;g&#233;es ; et le Ministre nous parle, si on comprend bien, de ces mauvais citoyens qui, avec la complicit&#233; de travailleurs sociaux plus ou moins d&#233;voy&#233;s, d&#233;tournent le syst&#232;me de protection pour &#233;chapper &#224; leurs dettes ; et il ajoute, ce dont pour ma part je ne me doutais pas, qu'il y en a beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La r&#233;forme globale engag&#233;e par le gouvernement a ainsi pour objectif de tracer une ligne de partage claire entre les mesures de protection juridique et les syst&#232;mes d'aide et d'action sociale, de rendre efficace chaque dispositif, et d'apporter &#224; chaque personne la protection ou l'aide qui lui est n&#233;cessaire et adapt&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit en un mot de mieux articuler le dispositif civil, qui rel&#232;ve de l'autorit&#233; judiciaire, et les mesures sociales d'accompagnement essentiellement, men&#233;es par les d&#233;partements.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne saurait, h&#233;las, &#234;tre plus clair. Notons en passant que le r&#233;sultat, sinon le but, est bel et bien de transf&#233;rer une charge nouvelle sur le budget des collectivit&#233;s locales, selon un processus d&#233;sormais classique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Je voudrais maintenant vous pr&#233;ciser le contenu m&#234;me de cette r&#233;forme, vous pr&#233;senter les principes directeurs du dispositif de droit civil, et essayer de r&#233;pondre par l&#224;-m&#234;me aux nombreux points soulev&#233;s dans votre projet d'avis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme repose sur une nouvelle approche plus respectueuse des droits des personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, trois axes essentiels peuvent &#234;tre d&#233;gag&#233;s :
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Recentrer la protection juridique sur les personnes atteintes d'une r&#233;elle alt&#233;ration de leurs facult&#233;s, (A),
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Renforcer et mieux d&#233;finir les droits et la protection de ces personnes (B),
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Professionnaliser les intervenants ext&#233;rieurs &#224; la famille qui exercent la protection juridique (C).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Le premier objectif de la r&#233;forme est de garantir que la mise en &#339;uvre d'une mesure de protection juridique sera strictement limit&#233;e aux personnes qui en ont besoin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'est-ce pas une r&#233;affirmation bienvenue des droits du citoyen ? Ce le serait si on avait ici en vue ceux qu'on prot&#232;ge contre leur gr&#233;. Mais le Ministre vient de nous dire que son objectif est autre : il s'agit d'exclure de la protection ceux qui la demandent ind&#251;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les principes de n&#233;cessit&#233;, de subsidiarit&#233; et de proportionnalit&#233; de la protection juridique, affirm&#233;s par la loi de 1968 doivent retrouver toute leur efficience.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Comme je l'ai &#233;voqu&#233; tout &#224; l'heure, nombre des personnes plac&#233;es sous curatelle ou sous tutelle ne pr&#233;sentent pas de d&#233;ficience mais sont en situation de d&#233;tresse sociale et &#233;conomique.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; est le vrai scandale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Avec la r&#233;forme, le placement sous un r&#233;gime de protection juridique, en ce qu'il porte atteinte aux libert&#233;s et restreint les droits, sera r&#233;serv&#233; aux seuls cas suivants :
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; D'une part, lorsque l'alt&#233;ration des facult&#233;s personnelles de l'int&#233;ress&#233; sera m&#233;dicalement av&#233;r&#233;e ; &#224; cet &#233;gard le certificat du m&#233;decin expert devra &#234;tre explicite et motiv&#233;, selon une nomenclature bien d&#233;finie ;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; D'autre part, lorsqu'aucun autre m&#233;canisme plus l&#233;ger et moins attentatoire ne pourra &#234;tre mis en &#339;uvre.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci ne concerne pas la question des personnes &#226;g&#233;es. Il s'agit uniquement des mesures qui &#233;taient prononc&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;pour prodigalit&#233;, intemp&#233;rance ou oisivet&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en penser ? C'est difficile &#224; dire. Les mesures prises pour ces motifs mettaient le corps m&#233;dical un peu mal &#224; l'aise : on sentait bien qu'il s'agissait d'une survivance du pass&#233;, et que bien souvent elles se prenaient sur des arguments bien litigieux. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, le Ministre a-t-il bien pes&#233; les cons&#233;quences de ce qu'il &#233;crit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est arriv&#233; &#224; tout g&#233;riatre de recevoir un coup de t&#233;l&#233;phone du maire de sa commune, ou du capitaine de gendarmerie, le sommant d'hospitaliser et d'envoyer en maison de retraite le vieux c&#233;libataire qui vit depuis cinquante ans dans une cabane sans chauffage au bord de la rivi&#232;re. Et le g&#233;riatre a eu beau faire valoir que les gens sont libres et que le vieux c&#233;libataire en question ne pr&#233;sente aucun signe de d&#233;mence, il est bien rare qu'il ne se fasse pas d'une mani&#232;re ou d'une autre placer devant le fait accompli. En ce sens la suppression de ces motifs de protection ne peut que le r&#233;jouir. Mais d'un autre c&#244;t&#233; on avait cru comprendre que l'alcoolisme est une maladie, et que parmi les vieux c&#233;libataires dont j'ai parl&#233; plus haut il y en a un certain nombre dont l'incurie est pathologique ; tout comme il y a des vieilles dames qui sans pathologie psychiatrique ou d&#233;g&#233;n&#233;rative se cramponnent contre l'&#233;vidence &#224; des conditions de vie qui les mettent en danger. Bref, si on supprime la prodigalit&#233;-intemp&#233;rance-oisivet&#233;, il faut savoir par quoi on va la remplacer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(...)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Ministre d&#233;crit ensuite le m&#233;canisme administrativo-judiciaire qu'il entend, justement, mettre &#224; la place. Je n'ai pas eu le sentiment que ce m&#233;canisme permettrait de r&#233;pondre &#224; ma question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans la m&#234;me logique de limitation du champ de la protection juridique, le juge ne pourra plus se saisir d'office, sur le simple signalement d'un tiers, intervenant social ou professionnel m&#233;dical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pratique, qui repr&#233;sente plus des deux tiers des ouvertures de dossiers, est &#224; l'origine de nombreuses d&#233;rives. A l'issue de la r&#233;forme, seuls pourront saisir le juge, les membres de la famille, une personne r&#233;sidant avec le majeur, ou le procureur, apr&#232;s avoir &#233;ventuellement ordonn&#233; une &#233;valuation m&#233;dico-sociale de l'int&#233;ress&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici j'ai le sentiment de trouver un amalgame surprenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tout &#224; fait vrai que le Juge des Tutelles se saisit souvent d'office. Mais pourquoi en va-t-il ainsi ? C'est ce qu'il faudrait voir. Rappelons par exemple que le m&#233;decin n'est pas autoris&#233; &#224; demander une mesure de tutelle. Pour ma part je n'en ai donc jamais demand&#233;. Les certificats que je r&#233;digeais &#233;taient de simples signalements avec demande de sauvegarde de justice. Il appartenait au Juge de d&#233;cider s'il en restait l&#224; ou s'il voulait v&#233;rifier qu'il ne valait pas mieux prononcer une autre mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a donc aucun rapport entre cette auto-saisine du Juge des tutelles et les abus que le Ministre d&#233;nonce. Et la suppression de cette facult&#233; pourrait bien pr&#233;senter un inconv&#233;nient terrible : car le g&#233;riatre conna&#238;t bien le cas de ces personnes &#226;g&#233;es d&#233;mentes qui n'accepteront jamais de demander leur mise sous tutelle et qui sont entour&#233;es d'une famille d&#233;sunie ou n&#233;gligente, quand elle n'est pas cupide. Sa seule ressource sera alors de signaler le cas, non plus au Juge comme il le faisait, mais au Procureur. On fr&#233;mit &#224; l'id&#233;e des d&#233;lais que cela risque d'impliquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par ailleurs, les mesures feront l'objet de r&#233;vision p&#233;riodique, le juge des tutelles devant revoir la situation au moins tous les cinq ans, ou avant sur demande de l'int&#233;ress&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la subsidiarit&#233;, c'est aussi se tourner vers la famille. Parce qu'en ce domaine, si la solidarit&#233; envers les plus fragiles est nationale et si la collectivit&#233; publique doit offrir un cadre juridique protecteur et un soutien concret, la solidarit&#233; est d'abord la question des familles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont en effet les familles qui, les premi&#232;res, sont confront&#233;es &#224; la vuln&#233;rabilit&#233; d'un de leurs membres et ce sont elles qui, le plus souvent assument et organisent sa protection. La famille est le premier lieu d'expression des valeurs de solidarit&#233; et d'humanisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et dans nombre de cas, les r&#232;gles de la repr&#233;sentation ou celles r&#233;sultant des r&#233;gimes matrimoniaux peuvent suffire &#224; pr&#233;server les int&#233;r&#234;ts de la personne vuln&#233;rable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le juge devra donc examiner si des techniques juridiques moins contraignantes, comme la procuration ou la d&#233;signation d'un &#233;poux pour repr&#233;senter son conjoint, lorsque celui-ci est hors d'&#233;tat de manifester sa volont&#233;, permettent de r&#233;soudre les difficult&#233;s de la personne vuln&#233;rable.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; qui pourrait &#234;tre int&#233;ressant. En toute premi&#232;re analyse, c'est tout de m&#234;me lourd de dangers, quand on songe &#224; certaines situations concr&#232;tes que, l&#224; aussi, tout g&#233;riatre a en m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(...)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;B. Ce qui m'am&#232;ne au c&#339;ur de la r&#233;forme : l'affirmation des droits de la personne vuln&#233;rable&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prot&#233;ger la personne du majeur vuln&#233;rable et non plus seulement ses biens constitue une innovation capitale qui participe du respect des libert&#233;s fondamentales ainsi que des droits et de la dignit&#233; de l'homme.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, contrairement &#224; ce qu'on a pu lire ici ou l&#224;, cette question n'avait absolument pas re&#231;u de r&#233;ponse d&#233;finitive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(...)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette nouvelle orientation se traduira au cours de la proc&#233;dure judiciaire (1), mais aussi par la cr&#233;ation de mesures conventionnelles de protection (2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Le respect de la personne vuln&#233;rable n&#233;cessite d'abord qu'on lui donne la parole et que l'on associe sa famille au cours de la proc&#233;dure&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mesure de protection juridique ne pourra &#234;tre ordonn&#233;e par le juge qu'apr&#232;s l'audition de la personne concern&#233;e, qui pourra, je le rappelle, &#234;tre assist&#233;e d'un avocat.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas le sentiment qu'il s'agisse l&#224; d'une innovation. &#192; moins que le Ministre n'entende ici que la pr&#233;sence du majeur &#224; prot&#233;ger deviendra obligatoire ; dans ce cas il serait utile de lui expliquer, d'une part que cette pr&#233;sence risque de n'&#234;tre pas toujours une partie de plaisir, d'autre part qu'il lui appartiendra de d&#233;gager les budgets adapt&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'audience sera le temps fort de la proc&#233;dure en permettant &#224; la personne d'&#234;tre dans toute la mesure de ses facult&#233;s, actrice des d&#233;cisions qui seront prises. Ainsi, le juge devra l'informer, sous une forme appropri&#233;e &#224; son &#233;tat, des d&#233;cisions envisag&#233;es, afin qu'elle puisse exprimer ses sentiments, notamment sur le choix de la personne charg&#233;e de prot&#233;ger ses int&#233;r&#234;ts, l'organisation de son mode de vie ou sa prise en charge m&#233;dicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Respecter les droits fondamentaux de la personne vuln&#233;rable, c'est &#233;galement, dans la mesure o&#249; son &#233;tat le permet, recueillir son consentement pr&#233;alable, voire la laisser prendre elle-m&#234;me les d&#233;cisions personnelles qui la concernent, en particulier en mati&#232;re de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, il devra lui &#234;tre rendu compte des actes faits en son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, toute personne pourra choisir pr&#233;alablement celui ou celle qui serait nomm&#233; tuteur ou curateur, au cas o&#249; elle ne serait plus en mesure d'exercer ses droits et de d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts. Cette facult&#233; sera &#233;galement ouverte, par acte notari&#233;, aux parents d'un enfant handicap&#233; majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et lorsque le majeur n'aura pas pris de dispositions sp&#233;cifiques, la famille et les proches seront privil&#233;gi&#233;s. Ainsi, le juge devra en principe d&#233;signer la personne vivant avec lui, ou &#224; d&#233;faut, un membre de la famille ou un proche entretenant avec le majeur des liens &#233;troits et stables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nomination d'un intervenant ext&#233;rieur, mandataire judiciaire de protection des majeurs, dont je vous reparlerai tout &#224; l'heure, ne se fera donc qu'en dernier recours. Enfin, m&#234;me lorsqu'un tiers sera ainsi d&#233;sign&#233; curateur ou tuteur, la famille pourra &#234;tre associ&#233;e &#224; la mesure, soit par la d&#233;signation en son sein d'un subrog&#233;-curateur ou subrog&#233;-tuteur, soit ayant acc&#232;s, avec l'autorisation du juge, au comptes de gestion de la tutelle. Cette disposition r&#233;pond, je le crois, aux pr&#233;occupations l&#233;gitimes de votre Assembl&#233;e en ce domaine.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais cru comprendre que c'&#233;tait d&#233;j&#224; le cas : on trouve en &lt;a href=&#034;http://www.justice.gouv.fr/discours/d260906b.htm&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.justice.gouv.fr/publicat/protectmajeurs.pdf&lt;/a&gt; page 8 : &lt;i&gt;La tutelle comme la curatelle sont des charges publiques et obligatoires de sorte que, pour &#233;chapper &#224; l'exercice de leur charge lors du jugement d'ouverture, le conjoint et les descendants du majeur prot&#233;g&#233; doivent justifier d'excuses fond&#233;es sur leur &#226;ge, leur maladie, leur &#233;loignement, des occupations familiales ou professionnelles exceptionnellement absorbantes ou l'existence d'une autre tutelle.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;2. Le respect de la personne vuln&#233;rable se traduit &#233;galement par l'introduction dans notre droit de nouvelles mesures respectueuses de la volont&#233; individuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense en particulier au &#171; mandat de protection future &#187;. La r&#233;forme introduit dans le code civil ce nouveau dispositif, directement inspir&#233; des exp&#233;riences conduites avec succ&#232;s au Qu&#233;bec et en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de r&#233;pondre &#224; l'inqui&#233;tude des personnes soucieuses de pr&#233;voir l'organisation de leur protection pour le jour o&#249; elles seraient d&#233;pendantes et ne pourraient plus pourvoir seules &#224; leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles d&#233;termineront ainsi l'&#233;tendue et le contenu de la protection, qui pourra &#234;tre aussi bien patrimoniale que personnelle. Ce mandat prendra effet lorsque l'incapacit&#233; aura &#233;t&#233; m&#233;dicalement constat&#233;e. Le greffier en chef le rendra opposable aux tiers et son ex&#233;cution sera contr&#244;l&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux formes seront possibles, qui n'auront pas les m&#234;mes effets en mati&#232;re patrimoniale :
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; le mandat notari&#233; permettra une protection juridique tr&#232;s &#233;tendue et pourra couvrir les actes de disposition du patrimoine, sous contr&#244;le du notaire.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; le mandat sous seing priv&#233; donnera au mandataire les pouvoirs d'un administrateur l&#233;gal sous contr&#244;le judiciaire et sera limit&#233; aux actes conservatoires ou de gestion courante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En aucun cas et quelle que soit la forme du mandat, les dispositions relatives &#224; la protection personnelle ne pourront d&#233;roger aux r&#232;gles de la protection judiciaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette facult&#233; sera &#233;galement ouverte aux parents d'un enfant handicap&#233; majeur. Le mandat, pr&#233;vu par acte notari&#233;, prendra effet &#224; leur d&#233;c&#232;s ou si les parents ne sont plus en mesure d'assumer la charge de leur enfant.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici une bonne id&#233;e, en effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;C. J'en arrive ainsi au troisi&#232;me axe de la r&#233;forme : la professionnalisation des tuteurs et curateurs ext&#233;rieurs &#224; la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne d&#233;taillerai pas ce point, qui est int&#233;ressant mais n'a aucune chance de r&#233;pondre &#224; nos attentes quant &#224; la protection des personnes &#226;g&#233;es. Et le ministre conclut :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce projet, vous l'avez compris, entend proc&#233;der &#224; une r&#233;forme globale. En effet, l'efficience de la protection des majeurs vuln&#233;rables implique une v&#233;ritable synergie entre le dispositif civil et l'accompagnement social, sans lequel toute r&#233;forme serait vou&#233;e &#224; l'&#233;chec parce qu'incompl&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'ensemble des acteurs de cette r&#233;forme le comprend et le veut, alors nous serons pr&#234;ts &#224; affronter dignement le d&#233;fi majeur que pose le vieillissement de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, comme vous le souligniez, le niveau de civilisation et d'humanit&#233; d'une soci&#233;t&#233; se juge &#224; la mani&#232;re dont elle respecte et apporte son soutien aux plus vuln&#233;rables parmi les siens.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne comprends absolument pas en quoi le projet r&#233;pond &#224; cet objectif. J'ai d&#251; mal lire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La formation des aidants &#224; domicile</title>
		<link>http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article18</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article18</guid>
		<dc:date>2005-09-11T15:49:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Les m&#233;tiers du prendre soin &#233;voluent. Comment adapter la formation des personnels non-soignants aux mutations qui se profilent ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;Organisation g&#233;riatrique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Insidieusement les m&#233;tiers du prendre soin &#233;voluent, et les fronti&#232;res se redessinent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une mutation discutable mais irr&#233;sistible :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des exemples les plus triviaux de cette red&#233;finition est le d&#233;bat r&#233;current sur la distribution des m&#233;dicaments : on voit bien que les textes qui r&#233;servaient cette fonction aux seules infirmi&#232;res sont inappliqu&#233;s et inapplicables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes ceci est d&#251; essentiellement &#224; la p&#233;nurie d'infirmi&#232;res ; et il n'&#233;chappe &#224; personne que si la r&#233;glementation est en train de changer c'est parce que les intervenants &#224; qui par ce biais on d&#233;l&#232;gue une partie de la t&#226;che ne sont pas pay&#233;s au m&#234;me niveau (sans doute est-il superflu d'ajouter qu'il s'agit l&#224; d'un mouvement g&#233;n&#233;ral de glissement : par exemple, on s'avise brusquement ces temps-ci qu'on avait un peu sous-&#233;valu&#233; la comp&#233;tence, pourtant indiscutable, des infirmi&#232;res relativement &#224; certains actes techniques qu'on r&#233;servait aux m&#233;decins ; mais c'est avant tout parce qu'une infirmi&#232;re co&#251;te moins cher qu'on m&#233;decin). Il y a donc l&#224; quelque chose de tr&#232;s d&#233;plaisant, et cela ne donne gu&#232;re envie de cautionner les glissements en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233; il faut remarquer au moins trois choses :
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La vigueur avec laquelle, en son temps, les infirmi&#232;res se sont crisp&#233;es sur le sujet de la dispensation des m&#233;dicaments avait un fort relent corporatiste, d'autant moins opportun qu'elles auraient &#233;t&#233; bien en peine, num&#233;riquement, de l'assumer.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Il y avait quelque chose de difficile &#224; comprendre dans le fait que si les aides-soignantes n'&#233;taient pas autoris&#233;es &#224; distribuer les m&#233;dicaments, la voisine de palier l'&#233;tait sans probl&#232;me.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Les choses &#233;tant devenues ce qu'elles sont, il semble difficile de continuer &#224; les ignorer ; force est plut&#244;t de chercher &#224; s'adapter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les aides m&#233;nag&#232;res sont des soignantes :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les mutations les plus spectaculaires, il y a celle du m&#233;tier d'aide m&#233;nag&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que statutairement les aides m&#233;nag&#232;res sont l&#224; pour s'occuper de la maison, non de la personne. Disons pour faire court que la comp&#233;tence de l'aide m&#233;nag&#232;re s'arr&#234;te l&#224; o&#249; commence le corps de la personne, et que la premi&#232;re n'est pas autoris&#233;e &#224; toucher la seconde (en cela elle se trouve dans la m&#234;me situation que les auxiliaires de vie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a beau temps que cette fronti&#232;re a vol&#233; en &#233;clats. Le niveau de d&#233;pendance des personnes, notamment &#226;g&#233;es, augmente, et les services de soins infirmiers &#224; domicile sont devenus hors d'&#233;tat de satisfaire la demande. Si donc on persistait &#224; dire que seules les aides-soignantes peuvent proc&#233;der &#224; une toilette, on aboutirait tr&#232;s vite &#224; une situation catastrophique. Et l'on sait que de plus en plus les aides m&#233;nag&#232;res sont amen&#233;es &#224; prendre en charge des toilettes, m&#234;me si c'est plus ou moins en catimini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi la toilette ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre mani&#232;re de poser la question serait de demander pourquoi le syst&#232;me de maintien &#224; domicile est aussi largement aimant&#233; par la question de la toilette. Il serait int&#233;ressant de refaire l'historique de la notion de toilette, et d'hygi&#232;ne en g&#233;n&#233;ral&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Voir sur ce sujet A. Corbin, Le miasme et la jonquille, Flammarion (...)' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Certes il est important d'&#234;tre propre, mais tout de m&#234;me pas d'une mani&#232;re aussi cruciale qu'on semble le croire ; certes l'instant de la toilette est un moment relationnel privil&#233;gi&#233;, mais il ne serait pas difficile, et certainement plus appropri&#233;, d'en inventer d'autres. Quand on consid&#232;re la mis&#232;re d'effectifs dans laquelle se d&#233;bat le monde hospitalier on se demande un peu pourquoi il consacre un bon tiers du temps de soin &#224; laver de la peau ; et ce que peut bien signifier le fait que malade, famille et soignant s'accorde ainsi &#224; valoriser un acte aussi peu central dans la vie de l'&lt;i&gt;homo sapiens&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci rev&#234;t une importance particuli&#232;re en ce qui concerne l'organisation des soins. Car si les services de soins infirmiers &#224; domicile sont des outils merveilleux, il est tout de m&#234;me un peu dommage de les voir se consacrer prioritairement &#224; des toilettes. Cela se comprendrait sans peine en situation d'abondance ; mais dans le contexte actuel on a tr&#232;s fortement envie de proposer que, hors certains cas particuliers, les actes de toilette soient d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; d'autres personnels, permettant ainsi aux services de soins infirmiers &#224; domicile (moyennant, il est vrai, une refonte de leur mode de tarification) d'assumer des situations plus lourdes, et les positionnant ainsi sur un niveau interm&#233;diaire entre les SSIAD actuels et les services d'hospitalisation &#224; domicile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref la question que je veux poser ici est de savoir s'il ne faut pas, m&#234;me de mauvaise gr&#226;ce, acquiescer au glissement qui est d&#233;j&#224; en marche : de plus en plus les aides m&#233;nag&#232;res mordent sur le r&#244;le des aides-soignantes, et de plus en plus les SSIAD &#233;voluent vers le r&#244;le des services d'HAD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Former les aides m&#233;nag&#232;res :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors si les aides m&#233;nag&#232;res deviennent des soignantes, il y a au moins quatre points &#224; consid&#233;rer :
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Le premier est d'en prendre acte de mani&#232;re officielle : ce qu'elles font est hors de leur champ de comp&#233;tence, et elles sont en danger du point de vue de leur responsabilit&#233;. Il faut assainir cette situation (on l'a bien assainie pour le dispensation des m&#233;dicaments...).
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Le second est de lutter pour que leur r&#233;mun&#233;ration soit adapt&#233;e &#224; leurs nouvelles fonctions.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Le troisi&#232;me est que la validation des acquis et la formation permanente leur permette d'arriver dans un d&#233;lai raisonnable &#224; un dipl&#244;me de niveau CAFAS.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Le quatri&#232;me est d'envisager le plus rapidement possible de les former &#224; cette nouvelle responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait d&#233;j&#224; longtemps que je r&#233;fl&#233;chis &#224; cette question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me suis demand&#233; ce que le m&#233;decin que je suis aimerait que les aides m&#233;nag&#232;res qui s'occupent de mes malades soient capables de faire, de savoir, de conna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai donc &#233;crit un manuel de formation des aides m&#233;nag&#232;res. Ce manuel est purement th&#233;orique, et toutes les m&#233;thodes p&#233;dagogiques notamment sont &#224; &#233;crire. Mais enfin, il existe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chapitres sont :
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; L'alimentation du sujet &#226;g&#233; &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Les chutes
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La d&#233;mence : g&#233;n&#233;ralit&#233;s &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La d&#233;mence : accompagnement
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La d&#233;mence : communication
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La douleur
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Les relations avec la famille
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Le grabataire
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; L'hydratation
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; L'incontinence
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La psychologie du sujet &#226;g&#233;
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Les soins palliatifs
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; La toilette
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Les transferts et les d&#233;placement
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif?1640882328' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; Les troubles du transit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne le mets pas en ligne, car il p&#232;se tout de m&#234;me 704 Ko. Mais je me ferai un devoir de l'envoyer &#224; qui voudra. Et je serais plus heureux encore de le partager pour en faire &#233;voluer le contenu jusqu'&#224; ce que nous obtenions un outil coll&#233;gial et utilisable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une version est progressivement mise en ligne &#224; l'adresse &lt;a href=&#034;http://www.famidac.net/rubrique197.html&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.famidac.net/rubrique197.html&lt;/a&gt; : la probl&#233;matique de la formation des accueillants familiaux n'est pas si diff&#233;rente. Naturellement cette version sera r&#233;guli&#232;rement mise &#224; jour en fonction des corrections issues du d&#233;bat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb4-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir sur ce sujet A. Corbin, &lt;i&gt;Le miasme et la jonquille&lt;/i&gt;, Flammarion &#233;d.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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