L'acharnement thérapeutique - commentaires L'acharnement thérapeutique 2018-07-06T16:39:30Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article78#comment15782 2018-07-06T16:39:30Z <p>Bonjour, Fabrice.</p> <p>Je ne comprends pas de quoi vous voulez parler.</p> <p>Si vous vous référez à une expérience personnelle, je crois qu'il faudrait en débattre plus longuement : les soins palliatifs n'ont jamais pour objectif de prolonger la vie, et si cela a été le cas c'est que les professionnels en charge de cette situation n'ont pas appliqué les principes. Ce qui par contre arrive de manière non rare, c'est qu'une fois soulagés les symptômes les plus pénibles la situation d'une personne qu'on avait jugée à tort catastrophique s'améliore spectaculairement ; mais c'est un autre débat. Tout comme il est relativement fréquent de constater que des familles, une fois le malade entré en unité de soins palliatifs, s'attendent à une mort sous quinzaine, alors que personne n'en sait rien.</p> <p>Si vous vous référez à une opinion, à une position théorique, alors je crois que vous n'êtes pas très bien informé. En tout cas l'idée même d'un "acharnement palliatif" n'a pas de sens.</p> <p>Bien à vous,</p> <p>M.C.</p> L'acharnement thérapeutique 2018-07-06T13:03:39Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article78#comment15781 2018-07-06T13:03:39Z <p>ET SI ON DEFINISSAIT L EXISTENCE DE L ACHARNEMENT PALLIATIF QUI SUPPLANTE L ACHARNEMENT THE RAPEUTIQUE. A SAVOIR UNE OBSTINATION DERAISONNABLE DE MAINTENIR EN VIE AVEC TOUTES LES INUTILITES DES SOINS PALLIATIFS AU DELA DE 2 MOIS.</p> L'acharnement thérapeutique 2018-05-28T20:12:56Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article78#comment15685 2018-05-28T20:12:56Z <p>Bonsoir, Géraldine, et merci de ces nouvelles.</p> <p>Sur le cancer, il n'y a pas de mystère : votre mère a déjà eu des problèmes digestifs, vu la prothèse, et il n'y avait aucune raison de chercher ailleurs la raison de son état. Le cancer a donc été une surprise. Mais il est très fréquent que, par divers mécanismes, ces cancers digestifs s'infectent et donnent ce type d'évolution.</p> <p>Il est bien qu'elle soit transférée en soins palliatifs. On peut cependant regretter, mais malheureusement il est fréquent que les circonstances ne permettent pas de faire autrement, que les choses soient aussi tranchées : l'idéal aurait été que l'hôpital soit organisé de manière à favoriser l'intervention de l'équipe de soins palliatifs au sein même du service de chirurgie. À la limite je dirais que ce séjour en soins palliatifs n'a de sens que s'il dure assez longtemps : la spécificité des unités de soins palliatifs est qu'elles peuvent établir une relation de soins profonde et suivie ; quand un malade reste deux jours en unité de soins palliatifs on se dit (rétrospectivement, bien sûr) qu'il y avait sans doute moyen de s'en dispenser. Mais laissons cela : les décisions nécessaires vont être prises, et ce sera bien.</p> <p>Pou l'hypersalivation, c'est un peu difficile. Il y a des moyens, mais leur emploi n'est pas toujours simple ; notamment on peut avoir du mal à éviter de créer une bouche sèche remplaçant un inconfort par un autre.</p> <p>Attendons.</p> <p>Bien à vous,</p> <p>M.C.</p> L'acharnement thérapeutique 2018-05-28T17:33:20Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article78#comment15683 2018-05-28T17:33:20Z <p>Bonjour et merci infiniment pour votre réponse rapide et efficace ...</p> <p>J'ai pu rencontrer le chirurgien qui m'a informé qu' une biopsie venait de révéler un cancer généralisé alors qu'au départ cette piste avait été écartée , j'ai un peu de mal à comprendre et lui même semblait ne pas avoir de réponse lorsque je lui ai posé la question à savoir si une septicémie pouvait déclencher ou dégénerer en cancer....?? Concernant l'alimentation et l 'hydratation artificielle, il me renvoie vers le médecin du service en soins palliatifs ou ma mère sera transférée demain (si elle est encore en vie d'ici là) , son état s'étant nettement dégradé , elle n 'est plus en état de s'exprimer , j'espère juste qu'il me croira quand je lui dirai qu'elle ne souhaite pas être nourrie artificiellement...par ailleurs, elle a commencé à recevoir des injections de morphine qui la soulage bien par contre aucun traitement n 'est venu à bout de l 'hyper-salivation dont elle souffre depuis + de 2 mois..</p> <p>Bref, j'ai eu la faiblesse de croire que ma mère active et complètement autonome jusqu'à il y a 2 mois ferait une centenaire au moins^^, comme son père parti à 103 ans ou comme sa mère 96 ans.. dommage, j 'aurais aimé ...</p> <p>Encore merci infiniment pour votre aide ainsi que pour la création de ce site qui répond à la plupart des questions que l 'on peut se poser lorsqu'on est confronté à la vieillesse et à son cortège de soucis.</p> L'acharnement thérapeutique 2018-05-23T16:59:27Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article78#comment15677 2018-05-23T16:59:27Z <p>Bonjour, Géraldine.</p> <p>Vous me demandez de donner un avis sur une situation que je n'ai pas vue. C'est évidemment très dangereux, et il vous faut tenir compte de cela avant de lire ma réponse. Je ne peux vous offrir qu'une opinion théorique.</p> <p>Ce que vous décrivez, c'est une situation catastrophique. Et votre description est malheureusement très vraisemblable : elle correspond à ce qu'on observe dans ces infections profondes d'origine digestive. D'autre part dans votre exposé il y a effectivement une contradiction : si le chirurgien a eu raison de vous dire qu'on ne pourrait pas la sauver il aurait été logique de ne pas insister et de limiter les soins à ce qui est strictement nécessaire au confort de la malade. Et s'il vous dit qu'il n'a pas trouvé de place en soins palliatifs, c'est qu'il n'a pas changé d'avis. Bref votre questionnement est légitime.</p> <p>Mais cela suffit-il à épuiser le sujet ? Je ne crois pas. Il faut en effet considérer plusieurs points.</p> <p>Le premier est que le temps a passé. Si la septicémie était au-dessus de toute ressource, les choses n'auraient pas duré deux mois. Le pronostic vital reste sans doute engagé, mais il est difficile d'affirmer que le décès est inéluctable (même si, tout de même, il vaudrait mieux ne pas rêver).</p> <p>Le second est que nous n'avons pas d'élément supplémentaire de gravité ; je veux dire que votre mère est âgée, mais pas tellement ; vous parlez de dénutrition, mais il faudrait pouvoir la quantifier. On n'a pas la notion d'une pathologie préexistante qui viendrait noircir encore le tableau.</p> <p>Le troisième est que je ne vois pas de soins qui viseraient à prolonger inconsidérément cette situation. Je comprends qu'on soigne la plaie opératoire, qui pourrait, non traitée, devenir source de grands inconforts ; il faudrait simplement (!) qu'on se donne les moyens de faire que ces soins ne soient pas douloureux ; d'autre part ces soins n'ont aucune influence sur la durée de vie. J'ai dit sur ce site mon scepticisme sur l'alimentation artificielle ; mais cette alimentation est, au pire, inutile : elle n'a pas d'influence sur l'évolution. Bref, sur les éléments que vous apportez j'hésiterais à parler d'acharnement thérapeutique. Tout au plus je me demande, un peu comme vous sans doute, si l'équipe soignante sait sur quel pied danser. Mais je ne crois pas que son action aboutisse, ou même vise, à prolonger la situation.</p> <p>L'anesthésiste refuse de donner de la morphine. Tout peut se voir ; mais enfin, c'est un anesthésiste. S'il ne prescrit pas de morphine, ce n'est pas parce qu'il la juge dangereuse, il sait parfaitement qu'elle ne l'est pas ; la seule explication est qu'il ne la juge pas nécessaire. A-t-il raison ? Je ne peux pas le savoir ; je sais seulement que les anesthésistes sont les mieux placés pour évaluer la douleur, et que cette évaluation de la douleur est un acte technique complexe, sur lequel il arrive souvent que les proches se trompent. Mais je ne pourrais en dire plus que si j'étais sur place.</p> <p>En tout cas votre mère, si j'ai bien compris, n'est pas d'accord avec les soins. Et c'est elle qui décide. Si donc l'équipe soignante a choisi de passer outre la volonté de la malade, il faut qu'elle justifie son choix. Je ne vois donc pas comment, dans une telle situation, on peut se passer d'une discussion loyale et approfondie entre les médecins, la malade, et sa famille (si du moins la malade le souhaite). C'est à cela qu'il faut œuvrer ; vous demandez comment faire pour persuader le médecin de cesser les soins, mais la question est plutôt de savoir comment faire pour obtenir qu'il justifie sa stratégie : il est très possible qu'elle soit justifiée, mais il faut qu'il l'explique.</p> <p>Bien à vous,</p> <p>M.C.</p> L'acharnement thérapeutique 2018-05-23T12:13:40Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article78#comment15676 2018-05-23T12:13:40Z <p>Bonjour,</p> <p>Ma mère , 83ans, est actuellement hospitalisée pour une sépticémie survenue suite à une infection due à une prothèse abdominale laquelle avait été littéralement absorbée par l 'intestin...Malgré l 'état de dénutrition extrême dans lequel elle se trouvait le chirurgien l 'a opéré , a du lui couper un grand morceau de l 'intestin et a tenté une antibiothérapie qui n 'a pas fonctionné l 'infection s'étant trop propagée, son ventre était plein de pus m 'at-il dit, ajoutant qu'il ne serait pas possible de la sauver..Voilà maintenant 2 mois qu'elle est alimentée par perfusion, alitée H24,souffre en permanence d'hypersalivation, a perdu le sommeil et malgré cela je constate un certain acharnement à vouloir à tout prix faire cicatriser la plaie qu'elle a au ventre(opération), alors qu'elle manifeste d'elle même le désir de cesser tout ces soins douloureux et à priori inutiles...lorsque je m 'adresse au personnel soignant il me répond que tant qu'elle est en vie les soins doivent lui être prodigués et le chirurgien m 'a récemment informée qu'ils n'a pour l 'instant pas trouvé de place en soins palliatifs, par ailleurs,j 'ignore pour quelle raison , l 'aneshésiste refuse de lui administrer de la morphine pour la soulager. J'ai vraiment l 'impression que tout est fait pour lui prolonger la vie et que si les soins cessaient elle partirait rapidement,qu'en pensez vous et comment faire pour convaincre le médecin ?<br class="autobr" /> Merci</p> L'acharnement thérapeutique 2015-11-16T21:36:57Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article78#comment13658 2015-11-16T21:36:57Z <p>Bonsoir, Élise, et merci de ce soutien.</p> <p>Oui, je crois qu'on fait grand tort aux malades et à tout le monde en se figurant que les choses sont simples. Je suis heureux d'avoir pu vous en persuader. Mais n'oubliez pas que de tels propos ne sont pas dans l'air du temps...</p> <p>Bien à vous,</p> <p>M.C.</p> L'acharnement thérapeutique 2015-11-16T18:38:38Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article78#comment13656 2015-11-16T18:38:38Z <p>Bonsoir,<br class="autobr" /> Je suis étudiante en biologie et je tiens à vous remercier pour cet article. Je l'ai trouvé lors de mes recherches sur l'acharnement thérapeutique dan le but d'écrire un dossier. Je trouve votre article plein de réflexion et de bon sens, ce qui à mon avis manque trop sur les autres sites spécialisée, qui se contentent pour définir l'acharnement thérapeutique de faire une liste de lois.<br class="autobr" /> Alors encore merci et bonne continuation.<br class="autobr" /> Cordialement, <br class="autobr" /> Elise</p> L'acharnement thérapeutique 2015-10-29T21:39:31Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article78#comment13585 2015-10-29T21:39:31Z <p>Bonsoir, Claudie.</p> <p>Il est facile de comprendre votre sentiment. Et j'irais jusqu'à dire que vous avez probablement raison.</p> <p>Mais j'attire votre attention sur la nécessité d'être très prudente dans votre jugement. Si vous vous promenez un peu sur ce site, vous n'aurez aucune peine à trouver des témoignages de situations dont je n'aurais pas donné cher et qui, pourtant ont évolué d'une manière très surprenante. On ne peut donc rien dire sans une analyse approfondie du cas lui-même.</p> <p>Par ailleurs, nous sommes bien obligés de prendre en compte le fait que votre père, lui, est demandeur de cet acharnement thérapeutique : comment pourrait-il accepter l'idée que tout, absolument tout, n'aurait pas été tenté ?</p> <p>Enfin, il faut considérer les conséquences pour votre mère : certes, il s'agit probablement d'une obstination déraisonnable à prolonger sa vie. Mais il se peut, c'est même le plus probable, que cette survie déraisonnable ne soit pas très inconfortable ; cela permet de réduire la gravité des conséquences.</p> <p>Mais je vous le redis : je comprends sans peine votre malaise.</p> <p>Bien à vous,</p> <p>M.C.</p> L'acharnement thérapeutique 2015-10-27T15:34:50Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article78#comment13572 2015-10-27T15:34:50Z <p>Mamicococlaudie gm.com ma mère est âgée de88 ans cela fait 1 mois et demi quelle ne mange plus ne ,lève plus à quelques escarres elle tient grace aux perfusions tous les jours ouvre a peine la bouche pour les soins est ce de l ,acharnement ou pas mon père est d ' accord pour continuer car pour lui elle est toujours la moi je suis outrée de la voir dans cet etat</p> L'acharnement thérapeutique 2015-07-21T16:03:10Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article78#comment13306 2015-07-21T16:03:10Z <p>Bonsoir.</p> <p>J'ai envie de vous répondre de manière très laconique : il vous suffit de recopier ce que vous venez d'écrire, et de le cosigner en famille.</p> <p>Mais en réalité votre question est autrement plus complexe (et autrement passionnante). Je vais donc prendre le temps de rédiger un article plus complet.</p> <p>Reste que dans la pratique, si vous établissez un document comme je viens de vous le suggérer, cela devrait largement suffire.</p> <p>Bien à vous,</p> <p>M.C.</p> L'acharnement thérapeutique 2015-07-20T16:10:06Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article78#comment13303 2015-07-20T16:10:06Z <p>Pouvez-vous nous dire qu'elle lettre nous pouvons rédiger pour qu'il n'y ai pas d'acharnement thérapeutique ni d'alimentation artificielle pour notre mère atteinte de la maladie d'alzheimer a un stade avancé et lorsqu'elle ne pourra plus déglutir . elle est actuellement en ephad . <br class="autobr" /> Nous sommes 7 enfants et tous d'accord pour ne pas prolonger sa vie inutilement</p> L'acharnement thérapeutique 2012-04-16T16:56:53Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article78#comment8471 2012-04-16T16:56:53Z <p>Bonjour, Mag.</p> <p>Ce que vous racontez est très dur, et il me semble difficile de vous donner une réponse rassurante.</p> <p>Voyons d'abord le pronostic. Et voyons-le alors même qu'il est très dangereux d'en poser un quand on se trouve en présence du malade ; alors vous pensez bien que quand on ne l'a pas vu, comme c'est mon cas, c'est une folie. Mais enfin nous sommes en présence d'une dame très âgée, probablement grabataire, qui présente des escarres et qui ne mange plus. Dans ces conditions, il est tout de même bien difficile d'imaginer qu'elle se rétablisse, et on est plus près de penser que la fin est proche.</p> <p>Dans ces conditions, il est inenvisageable de la laisser souffrir. Si elle a un traitement morphinique et qu'elle a encore mal, alors il faut augmenter le traitement ; même si elle doit avoir des troubles de la conscience ; même si cela peut parfois impliquer une prise de risque. Mais le problème est que cela pourrait être difficile à la maison : quand on arrive à des doses importantes de morphine il faut un peu de technique et une compétence particulière. Je comprends parfaitement votre désir de respecter la volonté de votre mère, mais il se peut que ce ne soit pas compatible avec son confort. J'espère que ce sera possible, notamment avec l'aide d'un réseau de soins palliatifs s'il en existe un.</p> <p>Se pose aussi le problème des perfusions. Tout peut se voir et il y a, même à l'extrême fin de vie, des perfusions indispensables. Je dirais simplement : <br /><img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Que l'argument le plus souvent invoqué est le risque d'escarre lié à la dénutrition. Mais elle a déjà des escarres. <br /><img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Qu'un autre argument est le risque de souffrance. Franchement je n'y crois pas : mourir de faim, c'est terrible quand on a faim, mais ces malades n'ont pas faim ; mourir de soif, c'est terrible quand on a soif, mais l'expérience de la canicule de 2003 nous a montré que 15 000 personnes sont mortes <i>parce qu'elles ne savaient pas qu'elles avaient soif</i>. <br /><img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Qu'il faut donc se demander quelle est la raison de ces perfusions, et si on ne risque pas, en les maintenant, de prolonger une situation dans laquelle il n'est pas certain qu'il y ait un espoir, et dans laquelle le confort semble problématique.</p> <p>Mais si les raisons existent, alors il faut maintenir les perfusions.</p> <p>Je dirais la même chose des soins. Ont-ils une chance d'être efficaces ? Si non il faut les limiter. Et s'ils sont douloureux, alors il faut envisager de les effectuer sous traitement (et cela peut imposer l'hospitalisation).</p> <p>La seule chose qui me semble évidente, c'est la question de la dignité. Car sa dignité n'est nulle part ailleurs que dans <i>votre regard</i>. Je vous renvoie simplement à l'article <i>Éthique et dignité : deux mots difficiles</i> ; mais je suppose que je n'aurai aucun mal à vous persuader que si la dignité se trouve quelque part, ce n'est certainement pas dans la vessie ou dans la peau. Heureusement. C'est pourquoi votre mère ne perdra jamais sa dignité. Je ne peux même pas écrire qu'elle ne la perdra que quand vous détournerez votre regard : même les nazis n'ont pas réussi à enlever aux déportés leur dignité.</p> <p>Permettez-moi de rester à votre écoute.</p> <p>Bien à vous,</p> <p>M.C.</p> L'acharnement thérapeutique 2012-04-16T10:44:19Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article78#comment8469 2012-04-16T10:44:19Z <p>Bonjour Michel, <br class="autobr" /> ma mère (97ans) atteinte de démence sénile vivait en maison de retraite depuis un an (à la mort de mon père à 97 ans), après une fracture du col du fémur il y a plus d'un mois, est rentrée chez elle, son souhait étant de mourir à la maison. Ma soeur et moi nous en occupons entourées des infirmières et du docteur. Va t-elle mourir dans la dignité ? alors qu'elle souffre d'escarres, perfusée car elle ne mange ni ne boit, porte une sonde pour uriner, a 3 artères bouchées à une jambe, est sous morphine pour atténuer la souffrance, et qui, au moindre mouvement pour les soins et la toilette gémit de douleur. A t-elle une chance de guérir ? non ! ce qui lui reste de vie mérite t-elle d'être vécue jusqu'au bout ? non ! la seule chose que je souhaite c'est qu'elle parte "rejoindre" mon père le plus tôt.</p> L'acharnement thérapeutique 2011-04-29T17:41:31Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article78#comment5499 2011-04-29T17:41:31Z <p>Bonjour, Gil.</p> <p>Ce que vous dites est très vrai : il y une véritable escroquerie intellectuelle à prétendre que ceux qui veulent maîtriser leur mort ont besoin des autres pour le faire. Si on ne veut pas vivre la fin, il faut l'anticiper, et le suicide n'a besoin de personne, tout le nécessaire, j'entends pour un suicide simple et indolore, se trouve très facilement. J'ajoute qu'il est sans doute très prudent de ne pas trop faciliter les choses, si on considère que l'écrasante majorité des tentatives de suicide correspondent à des appels qu'il faut entendre et traiter au lieu de se précipiter dessus.</p> <p>Là où je partage moins votre point de vue, c'est quand vous dépeignez une fin de vie catastrophique, qui ne serait que déchéance. Je ne connais personne qui soit mort autrement que dans la dignité, et il ne faut pas méconnaître toute l'incroyable richesse de ce qui peut se passer, même à la toute fin de vie ; je ne sais pas ce que signifie le mot "déchéance".</p> <p>Mais je comprends très bien qu'il y ait des personnes qui ne veulent pas vivre cela. Et ces personnes sont libres. Moi, mon travail, c'est d'essayer de leur faire sentir que la vie vaut d'être vécue jusqu'au bout, et de leur donner les moyens de le faire dans le confort et la dignité. Mais si elles ne veulent pas de cela, alors, comme vous dites, il leur appartient de s'organiser en conséquence. Il n'y a même pas besoin d'"associations préventives"</p> <p>Bien à vous,</p> <p>M.C.</p> L'acharnement thérapeutique 2011-04-29T15:38:27Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article78#comment5496 2011-04-29T15:38:27Z <p>au lieu de demander l'aide <br class="autobr" /> c'est à chacun de connaitre les moyens et de les appliquer sur lui même sans jamais mettre les autres en cause</p> <p>Faut il attendre le dernier moment pour se décider ?</p> <p>Ceux qui sont dans un état de déchéance avancée et incapable d'exprimer une volonté consciente<br class="autobr" /> ont trop attendu<br class="autobr" /> et ne peuvent plus rien pour eux mêmes<br class="autobr" /> et les autres non plus</p> <p>il existe donc des associations préventives avant d'arriver à la déchéance complète</p> <p>mais si ca vous plait de patauger dans un mouroir<br class="autobr" /> en fin de vie</p> <p>GIL</p> L'acharnement thérapeutique 2011-03-21T21:20:32Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article78#comment5128 2011-03-21T21:20:32Z <p>Bonsoir.</p> <p>Malheureusement non. Aucun document ne peut contraindre un médecin.</p> <p>Mais je ne suis pas sûr que ce soit une mauvaise chose.</p> <p>Car vous êtes tout à fait dans votre rôle, et j'ajouterais : dans votre droit, en rédigeant des directives anticipées comme vous venez de le faire, et en leur accordant la plus grade valeur. En ce qui me concerne je crois qu'elles en ont une énorme, et j'ai toujours eu à cœur de considérer de telles directives comme ma loi.</p> <p>Cependant il y a un problème : la loi, c'est très efficace pour organiser la vie, ce l'est beaucoup moins pour organiser la <i>fin</i> de vie ou, pire, pour organiser la mort. Et il faut absolument considérer le fait que les situations de fin de vie sont très mouvantes, incertaines, hésitantes, de sorte qu'il est totalement illusoire d'espérer les fixer sur du papier.</p> <p>C'est la raison pour laquelle elles ne sauraient dispenser de la relation. de l'échange, de la négociation.</p> <p>Ce que vous pouvez faire, c'est : <br /><img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Porter un exemplaire, ou un résumé, de ces directives sur vous, pour le cas d'urgence. <br /><img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Entrer en contact avec une équipe (un réseau de soins palliatifs peut vous aider) et discuter avec les professionnels sur vos directives et la manière dont ils s'engageraient à les respecter.</p> <p>Mais, je vous le répète, même si je devais me trouver en face de vous, je vous dirais à la fois que pour moi ces directives auraient une immense valeur, au point que je me ferais un devoir de les respecter, et que je revendiquerais tout de même une marge d'appréciation, parce que les choses ne se présentent jamais exactement comme on l'avait prévu. J'ajouterais que si vous me faites confiance pour vous soigner il faut aussi me faire confiance pour, le cas échéant, prendre la décision la plus droite possible.</p> <p>Bien à vous,</p> <p>M.C.</p> L'acharnement thérapeutique 2011-03-21T19:44:36Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article78#comment5126 2011-03-21T19:44:36Z <p>J'ai un cancer du larynx, à mon age (65 ans), je ne veux plus aucune thérapie, qu'elle soit chimique, radiologique. ou chirugicale, sauf une aide à mourir dignement et sans souffrance. J'ai fait établir un acte stipulant mon choix par un notaire. Est-ce-que ce papier, dans quel hôpital que ce soit, contraindra les médecins à le respecter. Merci de votre réponse.</p>