Douleur et souffrance III - commentaires Douleur et souffrance III 2017-06-08T10:57:12Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article33#comment15231 2017-06-08T10:57:12Z <p>Je me doute bien que vous ne partagez pas cette voie ; je la dis vôtre simplement parce que vous l'évoquez.</p> <p>Mai il ne vous a pas échappé non plus que je n'ai précisément pas voulu m'attarder sur ce point : ce qui m'intéressait c'était seulement de rappeler que la souffrance ne sert à rien, non de faire un exposé complet. Au demeurant, si les médecins (les professionnels de santé en général) n'en pensent pas moins, ils se gardent bien le plus souvent de porter un jugement moral en termes de souffrance, se bornant à pointer le caractère bien mérité des inconforts. Ajoutons qu' il me semble que depuis quelque temps ça leur passe un peu.</p> <p>Bien à vous,</p> <p>M.C.</p> Douleur et souffrance III 2017-06-07T23:18:09Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article33#comment15229 2017-06-07T23:18:09Z <p>Mais ce n'est pas "ma" voie !</p> <p>Je trouvais juste utile de vous pousser à expliciter, dans le cadre d'une réflexion sur la souffrance, pourquoi vous pensez qu'elle ne sert à rien au lieu de balayer simplement l'idée, en effet encore fort répandue dans le corps médical et bien au-delà, qu'elle pourrait tenir lieu de châtiment d'une conduite moralement répréhensible aux yeux de certains, en la résumant sous l'étiquette "doloriste".</p> <p>En particulier, je trouve intéressante la distinction que vous faites, d'un point de vue médical, entre "explication" et "sens" - ce qui est une nuance encore différente des deux signifiés du signifiant "sens" que vous retenez dans votre texte. Il me semble qu'on entend rarement cela, et c'est dommage.</p> Douleur et souffrance III 2017-06-07T17:22:30Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article33#comment15228 2017-06-07T17:22:30Z <p>Bonsoir, Dom.</p> <p>Je ne peux pas aller dans votre voie.</p> <p>D'abord parce que le dolorisme entend bien que la souffrance a quelque rapport avec le châtiment.</p> <p>Ensuite parce que dire que la souffrance a un sens, c'est dire qu'elle sert à quelque chose. Je crois que cela ne se passe pas comme ça, et que la souffrance ne sert à rien. Tout ce qu'on peut dire c'est qu'elle fait partie de ce qu'on expérimente dans la vie, et qu'il est possible, quand on y est affronté, d'en faire quelque chose qui ne soit pas totalement vain. Mais si à quelque chose malheur est bon, cela ne conduit nullement à valoriser le malheur.</p> <p>Mais surtout parce que je craindrais de confondre sens et explication. La souffrance liée au cancer du poumon d'un fumeur s'explique ; elle n'est ni plus ni moins acceptable ni signifiante que celle de quiconque.</p> <p>Maintenant, si vous voulez dire que ma profession conserve une forte tendance à confondre médecine et morale, je vous suis tout à fait. Et je ne vous cacherai pas mon agacement devant certaines campagnes anti-tabac qui sont construites sur un modèle somme toute identique aux discours racistes.</p> <p>Je crois qu'en ce qui concerne ma capacité à pratiquer l'addictologie mon malaise vient plutôt de la personnalité de ces malades, que je trouve difficile. C'est encore un autre problème.</p> <p>Bien à vous,</p> <p>M.C.</p> Douleur et souffrance III 2017-06-07T11:12:29Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article33#comment15227 2017-06-07T11:12:29Z <p>"dire que la souffrance a un sens, c'est tout à la fois dire qu'il s'agit d'une devinette, d'un rébus (et on tombe là dans le dolorisme)..."</p> <p>Non, pas seulement, et je suis étonnée que vous fassiez aussi rapidement l'impasse sur un des "sens" possibles de la souffrance : un châtiment.</p> <p>Non pas un châtiment aveugle et abstrait, qui renverrait à l'idée (judéo-chrétienne, comme chacun sait... ) de rachat du péché originel (et donc, indistinctement, des péchés du monde, de tout le monde), mais un châtiment ciblé, taillé sur mesure pour le pécheur, quelque chose de l'ordre d'une loi du Talion appliquée par le Destin, ou de l'adage "celui qui a vécu par l'épée périra par l'épée" : cirrhose pour l'alcoolique, cancer du poumon pour le fumeur, apoplexie et goutte pour les gloutons, syphilis pour les lubriques (voire SIDA pour les homosexuels), polytraumatisme pour les adeptes des sports extrêmes, œdème cérébral pour les alpinistes et les plongeurs, etc.</p> <p>Je pense me souvenir avoir lu quelque part dans vos écrits (citation de mémoire, et sans doute réductrice) que "vous n'auriez jamais pu être addictologue, parce que vous n'avez pas la patience nécessaire avec les alcooliques". Peut-on extrapoler en disant que de votre point de vue, si les alcooliques finissent leur vie de façon si misérable, ils ne l'ont pas volé ? Et puis, le temps n'est pas si loin où on avortait à vif les femmes enceintes qui ne voulaient pas de l'enfant...</p> <p>(Je vous taquine - ou plutôt, je pousse le débat, avec un rien de provoc : il me semble que cette idée du "sens" de la souffrance est essentielle).</p> Douleur et souffrance III 2017-06-04T06:57:51Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article33#comment15217 2017-06-04T06:57:51Z <p>Bonjour, Mohammed.</p> <p>Votre question est très importante ; et la réponse dépend de ce qu'on veut expliquer.</p> <p>D'un point de vue pratique la douleur et la souffrance sont si intimement liées qu'il est toujours un peu vain de chercher à les dissocier. C'est ce qui fait l'intérêt de la définition de l'IASP : <i>la douleur est une expérience sensorielle désagréable</i>, car c'est bien ainsi que les choses se passent.</p> <p>Mais du point de vue théorique il est fondamental de faire l'effort de cette dissociation : songez par exemple aux douleurs mixtes, aux douleurs psychogènes, aux douleurs totales. Quand on a affaire à un sujet qui dit : 'J'ai mal", la question est tout de même bien de savoir comment on va traiter ; et pour cela il faut bien distinguer : <br /><img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Une part nociceptive, qui se traitera par les antalgiques classiques. <br /><img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Une part neurogène, qui répondra à d'autres traitements. <br /><img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Une part psychogène, toujours présente, qui me semble traduire la souffrance.</p> <p>La douleur psychogène est une douleur à part entière, simplement elle ne se traite pas par la morphine, parce que dans la douleur psychogène la composante de souffrance est pratiquement pure. On a beau me répéter que douleur et souffrance sont intimement liées, si on ne distingue pas l'une de l'autre je me demande comment on compte traiter la douleur psychogène. Et on voit chaque jour les errements de cette prise en charge.</p> <p>Bien à vous,</p> <p>M.C.</p> Douleur et souffrance III 2017-06-03T18:08:41Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article33#comment15216 2017-06-03T18:08:41Z <p>finalement il y a un lien entre douleur et souffrance ,on ne peut pas les dissocier ?</p>