La notion de client - commentaires La notion de client 2017-10-24T15:31:07Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article27#comment15382 2017-10-24T15:31:07Z <p>Bonjour, Rémy, et merci de votre appréciation.</p> <p>Oui, je crois comme vous qu'il est difficile d'éviter le dogmatisme. Et qu'il y a quelque chose d'irritant dans la manière dont on a tendance ces dernières années à se payer de mots en s'imaginant qu'il suffit de changer la manière dont on nomme les choses pour en changer le contenu. C'est ainsi que, moi qui ai toujours été favorable au mariage des homosexuels (raison pour laquelle j'étais hostile au PACS), la dénomination de "mariage pour tous" a le don de m'horripiler. C'est aussi la raison pour laquelle, moi qui ai conseillé, favorisé, pratiqué des avortements (et c'était une époque où le Code Pénal les sanctionnait encore), je ne supporte pas les interruptions volontaires de grossesse.</p> <p>Mais au fait, en ce qui concerne la notion de client, j'ai l'impression que la mode est passée... Pas trop tôt.</p> <p>Bien à vous,</p> <p>M.C.</p> La notion de client 2017-10-24T10:12:32Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article27#comment15380 2017-10-24T10:12:32Z <p>Bonjour,</p> <p>J'ai eu un grand plaisir à lire ce texte qui m'a enfin permis de mettre des mots sur le malaise que je ressentais vis à vis de ce terme de client appliqué à des usagers de services publics.</p> <p>Ce que je trouve tout à fait pertinent c'est votre façon de soulever la question/problème en terme de paradoxe, sans avoir la prétention d'en faire un socle dogmatique en vu d'imposer une solution.</p> <p>D'ailleurs la bonne pratique ultime respectueuse de l'éthique (basée sur un respect idéal de la notion de sujet), n'existe certainement pas et je prends le texte final, non pas comme une indication d'une solution à mettre en œuvre mais bien plus comme l'invitation à adopter une posture, se lancer sur un chemin qui n'a que la prétention d'aller dans le bon sens.</p> <p>Le doute et la modestie sont des valeurs qui ont été bien trop souvent oubliées au profit d'une quête illusoire de technicité, qui ne fait que marquer l'insupportable des professionnels du social d'être confrontés à leur subjectivité face à des situations qui ne peuvent se résumer à des données quantifiables ou mécaniques.</p> La notion de client 2010-05-08T07:29:38Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article27#comment2774 2010-05-08T07:29:38Z <p>Comme vous avez raison !</p> <p>C'est bien, je crois, ce qui est le plus signifiant : on repousse du pied le mot "usager", alors qu'il est parfait, et ce rejet dit pour une bonne part la mutation intellectuelle, philosophique, spirituelle, de notre temps : l'usager est celui à qui on a donné le droit d'utiliser un service qui est considéré comme son bien, dont on lui facilite l'utilisation, et dont il est à son tour responsable, de sorte qu'il ne lui viendrait pas à l'esprit d'en abuser. Il est pour moi significatif de constater que l'explosion des dépenses de santé est contemporaine de l'introduction de cette notion de client. Naturellement il y a la poule et l'œuf. Mais je prends le pari.</p> <p>Allez, nous sommes de vieilles bêtes soixante-dixardes.</p> <p>Bien à vous,</p> <p>M.C.</p> La notion de client 2010-05-07T11:56:11Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article27#comment2772 2010-05-07T11:56:11Z <p>Bonjour, M. Cavey. Traducteur professionnel, je suis moi-même confronté aux exigences de certains ministères francophones qui s'approprient le mot « client » au sens que lui donnent les Américains, ce qui constitue un dévoiement du service public et une assimilation inquiétante avec le pur « consommateur ». À vrai dire, comment s'en étonner, à l'heure de la privatisation ?</p> <p>Il est savoureux de lire que tel organisme gouvernemental entend protéger le bien commun (donc les contribuables honnêtes) contre ceux qui abusent du système, tout en érodant le sens civique en délaissant un vocabulaire qui avait pour vertu de nous faire acquérir le sens des responsabilités. Je ne suis pas certain qu'on rend les citoyens plus conscients de leurs devoirs envers la collectivité en les appelant « clients »...</p> <p>Pour ma part, j'ai tendance à privilégier le terme traditionnel d'« usager », qui n'a rien de dépréciateur selon moi.</p> <p>Votre argumentation apporte de l'eau à mon moulin. Merci !</p>