Bénévolat et accompagnement spirituel - commentairesBénévolat et accompagnement spirituel - Née sous X2014-09-16T20:42:57Zhttp://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article17#comment102162014-09-16T20:42:57Z<p>Bonsoir Isabelle.</p>
<p>Je ne sais comment vous remercier de votre message, qui me touche profondément.</p>
<p>Ne parlons que de l'accouchement sous X. Je crois l'avoir écrit, en tout cas je le redis ici, il s'agit d'un problème dont je n'ai pas d'expérience. En fait, chaque fois que j'évoque cette question, ce qui me vient à l'esprit c'est un agacement qui n'est adressé qu'aux médecins. Car pendant l'essentiel de ma carrière on m'a répété comme une évidence qu'il ne fallait surtout pas que les enfants nés de parents inconnus recherchent leurs origines, que c'était très mauvais pour eux, etc. Et c'est pratiquement du jour au lendemain que les mêmes se sont mis à me répéter comme une évidence qu'il faut surtout que les enfants nés de parents inconnus puissent rechercher leurs origines.</p>
<p>Moi, je n'en sais rien. Mais ça m'agace ; comme m'a profondément agacé en son temps le fait de passer pour un pitre parce que je ne voulais pas coucher mon bébé sur le ventre, alors qu'on me clamait comme une évidence que j'étais un irresponsable peu soucieux de la sécurité de mon enfant. Et ce sont les mêmes qui, quinze ans après, sont venus nous dire que surtout il ne fallait pas coucher les bébés sur le ventre ; et pas un mot d'excuse ou de regret pour les quinze mille morts subites ; à côté de ça, le sang contaminé, ça fait un peu petit bras, non ?</p>
<p>Bon ; revenons aux enfants nés sous X. Je le répète, je ne connais pas, et je suis heureux de vous lire. Mais le comportement de ceuxquisavent a été tellement aberrant dans cette affaire, et on m'aura fait le coup tant de fois que j'ai appris la prudence. Et provisoirement je me dis ceci, mais c'est avec reconnaissance que j'accueillerai votre critique :
<br /><img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Quand on me racontait péremptoirement qu'il fallait tout faire pour que les enfants nés sous X ne connaissent pas leurs parents, on me racontait des histoires ; d'accord. <br /><img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Mais j'ai suffisamment traîné dans ce métier pour savoir que rien n'est jamais tout blanc et tout noir. <br /><img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Or j'ai une question théorique. Elle est théorique, mais c'est par là que commence toute investigation : quand on recherche, on commence par faire une hypothèse, sinon on ne peut pas seulement commencer à chercher. Et cette question c'est que l'origine, la vôtre <i>mais aussi la mienne</i> est par nature un mystère ; je veux dire que si mes enfants me demandent un jour pourquoi je les ai engendrés, je serai bien en peine de leur donner une réponse un peu consistante. C'est spirituellement que l'origine est un mystère. <br /><img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Alors je sais bien que ce n'est pas ça que vous cherchiez quand vous cherchiez ceux qui vous ont engendrée. Et je n'ai pas de peine à imaginer le parcours, les souffrances mais aussi la joie que vous avez pu vivre. Mais autant je peste contre ceux qui ont prétendu me faire avaler que le secret devait à tout prix le rester, autant je m'inquiète de savoir si, levant ce secret, on résout autant de choses qu'on le pense. Cela me fait penser à la question du deuil : on répète à longueur de journal télévisé que lorsqu'il survient une catastrophe quelconque il est important qu'il y ait un procès parce que cela permet aux survivants de faire leur deuil. Moi, je veux bien ; mais quand je pense au poids dont pèse la colère et la culpabilité dans le mécanisme même du deuil, je suis un peu sceptique quant aux bienfaits de cet enkystement du deuil dans un processus de revendication (vous êtes-vous déjà demandé ce que vous feriez des indemnités que la compagnie aérienne vous aura versées pour la perte de votre proche ? Pour une bonne part elles passent en frais d'avocats, soit ; mais le reste ? Vous refaites la cuisine ? Vous achetez une BM ?). Certes, cela lui donne une forme sociale ; mais qu'en est-il sur le fond même du processus ? C'est ce genre de fausse piste, de fausse résolution du problème, qui me préoccupe. Mais les psychologues spécialisés dans ces domaines en savent plus : psychologues des catastrophes, psychologues des enfants nés sous X ; et je me rangerai à leur avis ; et en attendant je me range au vôtre.</p>
<p>Mais je plaide peu coupable : vous jugez mon approche incomplète ; mais je n'envisageais nullement de faire quelque chose de complet ; je voulais seulement souligner, et ça je le maintiens, que dans le cas de l'enfant né sous X la question des origines n'est pas seulement psychologique, mais qu'elle est essentiellement spirituelle.</p>
<p>Un grand merci encore.</p>
<p>Bien à vous,</p>
<p>M.C.</p>Bénévolat et accompagnement spirituel - Née sous X2014-09-16T08:42:09Zhttp://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article17#comment102132014-09-16T08:42:09Z<p>Bonjour,</p>
<p>Tout d'abord, je vous adresse mes plus grands remerciements pour votre site sur lequel je suis tombée par hasard, alors que j'étais dans la détresse lors de l'accompagnement de ma mère en fin de vie. J'ai retrouvé nombre de mes questions dans les témoignages d'autres internautes et les différentes réponses apportées, pleines de sensibilité, m'ont apporté un reel soutien.</p>
<p>Si j'interviens aujourd'hui, c'est en réponse au passage que vous avez écrit sur les „nés sous X“. Je suis une „née sous X“, j'ai été adopté à l'âge de 8 ans et suis parvenue à retrouver mes parents biologiques à 40 ans. Je souhaite réagir car , comment dire ?, l'approche me paraît incomplète ou j'irais même jusqu'á dire elle occulte les principales questions du drame intérieur que ressent le “né sous X”. D'abord il y a la question du pourquoi de l'abandon, cette question est centrale. Pourquoi ? Cette question hante l'enfant, l'adolescent, l'adulte.</p>
<p>Donc pour reprendre votre phrase “Le problème est de savoir ce que fait le sujet lorsqu'il recherche ainsi ses origines”, il cherche avant tout à comprendre. Pourquoi cet abandon ?<br class="autobr" />
Puis il veut savoir d'où il vient. A quoi ressemblent ses parents ? Leur ressemble t-íl ? Il veut mettre un nom sur l'espace qui théoriquement pourrait lui appartenir, se sentir à la maison, quelque part, dans le monde. <br class="autobr" />
Ces deux éléments ont été au coeur de ma recherche, durant des années et des années. S'y ajoute ensuite le souhait de donner à ses propres enfants une histoire, un fil à remonter l'histoire.</p>
<p>Tout cela ne remet aucunement en question la relation filiale que l'on peut avoir bâtie avec ses parents adoptifs. Mais la question de l'origine est viscérale, elle fait partie, selon moi, des questions incontournables de l'existence.</p>
<p>Après bien sûr, on peut se leurrer, croire que le fait de retrouver ses origines permettra de résoudre tous ses problèmes, en fait, dans un premier temps, il ne fera qu'en rajouter. C'est très douloureux et je doute que cela puisse véritablement en être autrement. Je prends souvent cette image du train qui vient de partir et je cours, dans l'espoir, vain, de pouvoir le rattraper. Et pourtant, je referai ce chemin, ne serait-ce que pour voir à quoi ressemblait ce train.</p>
<p>Merci</p>> Bénévolat et accompagnement spirituel2008-01-24T20:29:24Zhttp://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article17#comment3202008-01-24T20:29:24Z<p>Bonsoir, de ce côté-ci de la grande mare.</p>
<p>Je crains que votre question ne reste sans réponse.</p>
<p>Si on considère qu'il n'existe pas d'expérience mystique, que toutes ces histoires de mysticisme ne sont que des manifestations pathologiques, alors il n'y a pas de problème : votre sujet est malade, il faut le soigner.</p>
<p>Si maintenant on croit qu'il existe réellement des expériences mystiques qui se rapportent à un Dieu réel et vivant, alors cela devient beaucoup plus compliqué. Vous savez comme moi que les directeurs de conscience chrétiens sont très sensibles à cette question, et qu'ils n'hésitent pas, quand un fidèle s'aventure sur les chemins de l'expérience mystique, à conseiller des avis psychiatriques.</p>
<p>Mais comment se fait la distinction entre le normal et le pathologique ? Et d'ailleurs pourquoi Dieu interdirait-il à un schizophrène d'avoir une expérience mystique ?</p>
<p>Et sommes-nous si certains que cela de connaître la différence entre l'erreur et le délire ? Dans la pratique médicale on s'appuie non sur ce que le sujet nous dit mais sur sa personnalité : tout le monde ne délire pas. Je me souviens de cette patiente qui me parlait d'une possession démoniaque. Elle était d'une culture où ces choses-là sont considérées comme habituelles. Je n'ai pas su dire si elle délirait ou si elle était simplement en phase avec sa culture. C'est le psychiatre qui m'a tiré d'affaire.</p>
<p>Bref, comment vous répondre ?</p>
<p>Sans doute en vous disant qu'il est plus prudent de considérer que tout de même un schizophrène qui parle d'expérience mystique est, jusqu'à preuve du contraire, en phase d'aggravation de sa maladie. Il vaut donc mieux s'inquiéter.</p>
<p>D'ailleurs si on pense que les expériences mystiques sont possibles et que la sienne est une vraie expérience mystique, ça m'étonnerait que le Saint-Esprit se laisse dominer par un psychiatre.</p>
<p>Bien à vous,<br class="autobr" />
M.C.</p>> Bénévolat et accompagnement spirituel2008-01-23T23:01:02Zhttp://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article17#comment3192008-01-23T23:01:02Z<p>Bonjour ?</p>
<p>Est-il convenu de craindre un sujet souffrant de schyzophrénie ? Surtout s'il présente des symptômes amnésique suite à une crise apparente à une expérience mystique aigüe ?</p>