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	<title>Malice, ruse, mensonge - commentaires</title>
	<link>http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article152</link>
	<description>Que faire quand un patient refuse les soins ?
Parmi les armes dont les soignants disposent, il y a la ruse, le mensonge, la malice. Mais ces stratag&#232;mes sont-ils l&#233;gitimes ? Et si oui, &#224; quelles conditions ?
J'ai re&#231;u sur le forum un message d'une jeune infirmi&#232;re. Nous nous sommes mis d'accord pour que je lui r&#233;ponde sous forme d'un article.</description>
	<language>fr</language>
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    <item>
        <title>Malice, ruse, mensonge</title>
        <link>http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article152#comment16757</link>
        <dc:date>2020-08-02T05:36:02Z</dc:date>
        <description>&lt;p&gt;Dit comme &#231;a les choses me semblent plus simples : c'est en effet la mesure de tutelle qui r&#233;sout ce genre de difficult&#233;, et le juge n'est pas n&#233;cessaire. La seule anomalie, mais elle est &#233;norme, c'est que si la mesure de tutelle donne au tuteur le droit, le devoir, de prendre des mesures concernant la sant&#233; et l'hygi&#232;ne elle s'obstine &#224; vaticiner que la personne prot&#233;g&#233;e choisit son lieu de r&#233;sidence, voire qu'elle peut se marier (mais, tout de m&#234;me, pas voter).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#224; vous,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.C.&lt;/p&gt;</description>
        <dc:creator>Michel</dc:creator>
    </item>

    <item>
        <title>Malice, ruse, mensonge</title>
        <link>http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article152#comment16755</link>
        <dc:date>2020-08-01T20:23:00Z</dc:date>
        <description>&lt;p&gt;Effectivement, le droit ne parle heureusement pas de tout, et il doit absolument r&#233;gler la question de toutes les contraintes. Alors, qu'il ne dise rien des choix individuels relatifs &#224; l'hygi&#232;ne et des cons&#233;quences de ces choix, sauf peut-&#234;tre lorsque cela r&#233;sulte indirectement d'une autre contrainte. Si le choix de la r&#233;sidence est impos&#233; par les circonstances, et qu'il est alors normal qu'un juge se prononce, alors n'est-il pas normal qu'il se prononce aussi sur le niveau de capacit&#233; de la personne contrainte sans en laisser l'initiative aux soignants ?&lt;/p&gt;</description>
        
    </item>

    <item>
        <title>Malice, ruse, mensonge</title>
        <link>http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article152#comment16754</link>
        <dc:date>2020-08-01T19:45:29Z</dc:date>
        <description>&lt;p&gt;Le droit ne parle pas de tout. C'est pourquoi il y a des d&#233;bats &#233;thiques (enfin, comme je vous le disais plus t&#244;t, ce n'est pas si simple).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il que le droit se saisisse de cette question ? Peut-&#234;tre. Mais je ne crois pas, sauf &#224; le voir r&#233;glementer des choses qui ne le regardent pas ; j'ai suffisamment dit ce qui se passe quand le droit met ses pattes sales dans les questions de fin de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les admissions en maison de retraite, par contre, je suis formel : car &lt;i&gt;Le fait, sans ordre des autorit&#233;s constitu&#233;es et hors les cas pr&#233;vus par la loi, d'arr&#234;ter, d'enlever, de d&#233;tenir ou de s&#233;questrer une personne, est puni de vingt ans de r&#233;clusion criminelle&lt;/i&gt; (Code P&#233;nal 224-1). Ce n'est donc pas trop demander &#224; la loi que de pr&#233;ciser ce qu'il en est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#224; vous,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.C.&lt;/p&gt;</description>
        <dc:creator>Michel</dc:creator>
    </item>

    <item>
        <title>Malice, ruse, mensonge</title>
        <link>http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article152#comment16753</link>
        <dc:date>2020-08-01T18:33:12Z</dc:date>
        <description>&lt;p&gt;Bonjour Dom,&lt;br class=&#034;autobr&#034; /&gt;
la question sous-jacente que j'ai &#224; l'esprit est : peut-on qualifier d'&#233;thique une question que le droit est susceptible de r&#233;gler d'une fa&#231;on &#233;thiquement satisfaisante, ce qu'il ne ferait pas, pour une raison ou une autre. Est-ce aux soignants d&#233; d&#233;velopper une r&#233;flexion &#233;thique par d&#233;faut du droit ou de son application ?&lt;/p&gt;</description>
        <dc:creator>unautre</dc:creator>
    </item>

    <item>
        <title>Malice, ruse, mensonge</title>
        <link>http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article152#comment16752</link>
        <dc:date>2020-08-01T13:44:49Z</dc:date>
        <description>&lt;p&gt;Non seulement il n'y aurait aucune raison de limiter les &#233;changes &#224; la question pos&#233;e par St&#233;phanie, mais la question soulev&#233;e par Un Autre ne s'en &#233;loigne nullement, elle est au contraire centrale : ce que St&#233;phanie cherchait, c'&#233;tait une r&#232;gle applicable ; or son probl&#232;me est dans sa nature celui &#233;voqu&#233; par l'article 4 de la D&#233;claration des droits de l'Homme et u Citoyen : &#171; La libert&#233; consiste &#224; pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas &#224; autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Soci&#233;t&#233; la jouissance de ces m&#234;mes droits. &lt;i&gt;Ces bornes ne peuvent &#234;tre d&#233;termin&#233;es que par la Loi&lt;/i&gt;. &#187; ; et ici la loi ne dit rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc indispensable de se demander quelles sont les cons&#233;quences de ce silence de la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au bon sens ordinaire, s'il suffisait, &#231;a se saurait ; c'est le bon sens ordinaire qui conduit les soignantes &#224; adopter des strat&#233;gies qui heurtent St&#233;phanie ; et s'il en va ainsi c'est parce que le &lt;i&gt;common sense&lt;/i&gt; est &#224; g&#233;om&#233;trie au moins aussi variable que le bien ou le beau. Dans cette discussion la seule place que je reconnaisse au bon sens est de rappeler que nous parlons de choses qui sont objectivement de peu de cons&#233;quence (avec une r&#233;serve toutefois s'agissant de ce que cela peut induire dans le psychisme d'un d&#233;ment), et que pour cette raison il n'y a pas lieu d'en faire une affaire. M'importe beaucoup plus le conseil que je donne &#224; St&#233;phanie de ne pas perdre de vue la n&#233;cessit&#233;, &#233;thique, elle, de discuter ces questions en &#233;quipe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#224; vous,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.C.&lt;/p&gt;</description>
        <dc:creator>Michel</dc:creator>
    </item>

    <item>
        <title>Malice, ruse, mensonge</title>
        <link>http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article152#comment16751</link>
        <dc:date>2020-08-01T12:52:21Z</dc:date>
        <description>&lt;p&gt;Excusez-moi, Messieurs, mais je me demande si nous ne sommes pas en train de nous &#233;loigner tr&#232;s fort du questionnement de St&#233;phanie. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son souci est d'abord et avant tout d'&#234;tre &#034;une bonne infirmi&#232;re&#034;, et elle pose la question en termes d' &#034;&#233;thique&#034;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre qu'un d&#233;but de r&#233;ponse &#224; ce questionnement pourrait &#234;tre de rappeler que pour &#234;tre un &#034;bon professionnel&#034; (dans n'importe quel domaine), il faut r&#233;unir quatre conditions (dont l'&#233;thique n'est que l'une d'entre elles) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; conna&#238;tre et ma&#238;triser son domaine de comp&#233;tence technique ; concernant ce premier point, nous pouvons admettre que les &#233;tudes et l' &#034;apprentissage&#034; de St&#233;phanie l'ont normalement arm&#233;e pour &#034;savoir ce qu'elle doit faire quand, o&#249; et comment. (Mais nous ne devons pas oublier que sa &#034;ma&#238;trise technique&#034; ne repose &#034;que&#034; sur les connaissances scientifiques officielles commun&#233;ment dispens&#233;es dans les &#233;coles d'infirmi&#232;res, &#224; l'exclusion de toute contestation de la v&#233;rit&#233; acad&#233;mique.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; respecter la loi ; les choses se compliquent, indiscutablement, quand la loi est absurde ou inapplicable (votre d&#233;bat sur &#034;le droit pour les personnes sont tutelle de choisir leur lieu de r&#233;sidence&#034;. J'y ajouterais toute la l&#233;gislation sur &#034;les directives anticip&#233;es&#034;). Toutefois, dans la plupart des cas, la loi pose des interdits et des limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; se conformer aux normes &#034;&#233;thiques&#034; (et non forc&#233;ment &#034;inscrites dans la loi&#034;) admises et/ou recommand&#233;es par la profession ; ici, c'est plus ambigu. Une norme &#034;&#233;thique&#034; qui s'applique &#224; telle profession ne s'applique pas &#224; telle autre. Un &#034;trader&#034; ne pense pas comme un membre de L214 (pour forcer le trait), leur vision de l'&#233;thique est forc&#233;ment divergente, voire oppos&#233;e, puisqu'elle se fonde sur &#034;le plus grand bien possible pour le plus grand nombre&#034;. Chacun, bien s&#251;r, peut &#234;tre convaincu, in fine, d'&#339;uvrer pour un optimum, qu'il soit &#233;conomique ou soci&#233;tal. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; &#234;tre capable de bon sens ordinaire, de bonne volont&#233;, d'improvisation et d'absence de dogmatisme dans tous les cas non couverts par les trois points pr&#233;c&#233;dents. Je redonne ici cette citation de la r&#232;gle de Saint Beno&#238;t que j'aime beaucoup (quoique je ne l'ai pas retrouv&#233;e telle quelle dans ladite R&#232;gle) : &#034;En cas de difficult&#233;, les moines feront ce qu'ils peuvent&#034;. Ma compr&#233;hension de cette r&#232;gle apocryphe est que si les moines b&#233;n&#233;dictins ont suffisemment &#034;int&#233;rioris&#233;&#034;, pendant des ann&#233;es, tous les imp&#233;ratifs de comportement pos&#233;s par LA R&#232;gle, ils ne seront pas pris au d&#233;pourvu dans une circonstance impr&#233;vue et sauront, quasi-instinctivement, ce qu'ils DOIVENT faire pour faire bien. &#201;videmment, ce n'est pas une approche tr&#232;s satisfaisante dans une &#233;poque qui pr&#244;ne &#224; la fois &#034;le libre-arbitre&#034; et, &#224; l'oppos&#233;, une &#034;judiciarisation&#034; syst&#233;matique (y compris dans des cas manifestement outranciers). &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais j'aime &#224; penser qu'elle doit pouvoir guider une jeune femme qui a envie d'&#234;tre &#034;une bonne infirmi&#232;re&#034;. &lt;/p&gt;</description>
        <dc:creator>Dom</dc:creator>
    </item>

    <item>
        <title>Malice, ruse, mensonge</title>
        <link>http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article152#comment16750</link>
        <dc:date>2020-08-01T10:33:14Z</dc:date>
        <description>&lt;p&gt;Globalement, oui : le respect de la loi est un principe qui rend non avenu le d&#233;bat &#233;thique. Resterait &#224; d&#233;battre des &#233;ventuelles situations o&#249; le droit contreviendrait &#224; des principes tenus pour &#233;thiques (par exemple dans le cas du &#034;d&#233;lit de solidarit&#233;&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#224; vous,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.C.&lt;/p&gt;</description>
        <dc:creator>Michel</dc:creator>
    </item>

    <item>
        <title>Malice, ruse, mensonge</title>
        <link>http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article152#comment16749</link>
        <dc:date>2020-08-01T09:24:27Z</dc:date>
        <description>&lt;p&gt;D'accord. Mais ne dites-vous pas que la loi est mal &#233;crite et mal appliqu&#233;e ? Et qu'en cons&#233;quence, c'est un probl&#232;me de droit qui ne se transforme en question &#233;thique pour le soignant qu'en raison d'un d&#233;faut du droit.&lt;/p&gt;</description>
        <dc:creator>unautre</dc:creator>
    </item>

    <item>
        <title>Malice, ruse, mensonge</title>
        <link>http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article152#comment16748</link>
        <dc:date>2020-08-01T07:13:06Z</dc:date>
        <description>&lt;p&gt;Bien s&#251;r, c'est r&#233;gl&#233;. Mais c'est r&#233;gl&#233; &#224; la fran&#231;aise. Article 1 : on a un droit. Article 2 : on ne l'a pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici quelle est la question ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe des cas o&#249; la vieille personne est exp&#233;di&#233;e par ses enfants en maison de retraite, alors que ce n'&#233;tait pas sa volont&#233;. Et je distinguerais quatre situations :
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Le sujet qui ne veut pas aller en maison de retraite alors qu'il cr&#232;ve les yeux qu'il ne peut pas rester chez lui.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Le sujet qui a renonc&#233; : &#171; Oh, Docteur, maintenant ce sont les enfants qui d&#233;cident &#187;.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Le sujet victime d'abus de la part d'enfants qui veulent faire main basse sur la maison ; situation rare, et bien plus nuanc&#233;e qu'on ne pense, si je n'ai pas &#233;crit l&#224;-dessus il faudra que je le fasse.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Les situations qui se discutent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'est trouv&#233; de belles &#226;mes parlementaires pour s'&#233;mouvoir des risques d'abus. D'o&#249; la formulation retenue, qui satisfait la bonne conscience, au moins autant que quand on donne la personnalit&#233; juridique &#224; un fleuve. Alors que la question est de savoir ce qu'on fait des personnes qui ne peuvent pas effectuer ce choix. Ici il n'y a pas de place pour l'h&#233;sitation : la personne prot&#233;g&#233;e choisit, et d&#232;s lors on se demande bien quelle pourrait &#234;tre la difficult&#233;. On est en pleine stupidit&#233; : si la personne prot&#233;g&#233;e est en mesure de prendre une d&#233;cision aussi complexe que de choisir son lieu de r&#233;sidence on se demande pourquoi on la prot&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je supporte tr&#232;s mal cette hypocrisie, tout comme je ne supporte pas qu'on cr&#233;e dans les maisons de retraite des unit&#233;s ferm&#233;es dont j'attends toujours qu'on me d&#233;finisse le statut juridique. &#192; ma connaissance il existe deux, et deux seulement, lieux de privation de libert&#233; : les h&#244;pitaux psychiatriques et les prisons. Dans les deux cas le contr&#244;le du Juge est syst&#233;matique ; ce n'est pas pour rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences sont multiples. Par exemple :
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Dans les faits, je n'ai jamais vu un juge statuer sur cette question. Tout simplement parce que si le texte mentionne : &lt;i&gt;En cas de difficult&#233;&lt;/i&gt;, il se garde bien de dire qui constate la difficult&#233;. &lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Le texte concerne les seules personnes sous tutelle. Or la r&#233;alit&#233; de terrain, c'est celle de ces personnes dont les fonctions sup&#233;rieures ne sont pas alt&#233;r&#233;es au point qu'on puisse parler de d&#233;mence, mais qui sont si attach&#233;es &#224; leur maison qu'elles s'accrochent d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#224; un projet irr&#233;aliste.&lt;br class=&#034;autobr&#034; /&gt;
Etc. Et comme le texte n'est d'aucun secours on est bien forc&#233; de poursuivre le &lt;i&gt;business as usual&lt;/i&gt; en s'asseyant sur la volont&#233; de la personne et en passant de petits arrangements avec l'&#201;tablissement. Ce qui n'est pas forc&#233;ment choquant : on peut dire que ces d&#233;cisions sont par nature individuelles, et que la seule solution est le cas par cas, ce qui fait qu'elles &#233;chappent par nature &#224; la loi. Mais alors il ne fallait pas &#233;crire de loi, il ne fallait pas proclamer un droit qui se trouve inexer&#231;able. Vous &#233;crivez : &lt;i&gt;Ce qui voudrait dire qu'une personne prot&#233;g&#233;e devrait r&#233;fl&#233;chir avant de cr&#233;er des probl&#232;mes li&#233;s &#224; sa r&#233;sidence&lt;/i&gt;, et c'est tr&#232;s r&#233;v&#233;lateur, car vous pensez bien que si elle &#233;tait capable de se poser ce type de question elle ne serait pas sous tutelle. Et vous vous demandez : &lt;i&gt;Est-ce que cela signifie qu'en cas de difficult&#233;, le juge statue sur des questions qui d&#233;passent le choix du lieu de r&#233;sidence, mais concernent les conditions m&#234;me de r&#233;sidence ?&lt;/i&gt; Le Juge a en dernier ressort un pouvoir discr&#233;tionnaire sur toutes les questions. Ce pouvoir est limit&#233; par :
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Le fait qu'il a du bon sens.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Le fait qu'il n'a pas le temps de faire son boulot.
&lt;br /&gt;&lt;img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width=&#034;8&#034; height=&#034;11&#034; class=&#034;puce&#034; alt=&#034;-&#034; /&gt; Le fait que ses d&#233;cisions sont des jugements, donc susceptibles d'appel et de cassation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout de m&#234;me, il &#233;tait simple de faire plus clair. Et je le redis : quand on cis&#232;le ce type de d&#233;cision alors qu'on n'a m&#234;me pas pr&#233;cis&#233; le statut juridique des lieux d'enfermement, on se moque du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#224; vous,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.C.&lt;/p&gt;</description>
        <dc:creator>Michel</dc:creator>
    </item>

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        <title>Malice, ruse, mensonge</title>
        <link>http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article152#comment16747</link>
        <dc:date>2020-07-31T14:58:49Z</dc:date>
        <description>&lt;p&gt;Je ne suis pas all&#233; au del&#224; de cette simple recherche. La question n'est-elle pas r&#233;gl&#233;e par l'article 459-2 du code civil : &#034;La personne prot&#233;g&#233;e choisit le lieu de sa r&#233;sidence. (...) En cas de difficult&#233;, le juge ou le conseil de famille s'il a &#233;t&#233; constitu&#233; statue.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que cela signifie qu'en cas de difficult&#233;, le juge statue sur des questions qui d&#233;passent le choix du lieu de r&#233;sidence, mais concernent les conditions m&#234;me de r&#233;sidence ? Ce qui voudrait dire qu'une personne prot&#233;g&#233;e devrait r&#233;fl&#233;chir avant de cr&#233;er des probl&#232;mes li&#233;s &#224; sa r&#233;sidence, sous peine de voir limiter toutes ses libert&#233;s qui n'aurait peut-&#234;tre pas &#233;t&#233; concern&#233;es par cet article en l'absence de difficult&#233;s strictement li&#233;es &#224; sa r&#233;sidence.&lt;/p&gt;</description>
        <dc:creator>unautre</dc:creator>
    </item>

    <item>
        <title>Malice, ruse, mensonge</title>
        <link>http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article152#comment16746</link>
        <dc:date>2020-07-30T17:20:04Z</dc:date>
        <description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mais dans l'exemple que vous donnez d'une personne qui ne veut pas se laver, la question n'est-elle pas tout simplement celle du droit de la personne &#224; d&#233;cider de se laver ou pas ? Qu'en serait-il d'un enfant ? N'est-ce pas au droit de dire si le soignant peut et quand d&#233;cider pour la personne ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonjour, Un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai et faux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai dans l'absolu. C'est bien pour cette raison que je plaide pour que soit institu&#233;e une proc&#233;dure qui permette au m&#233;decin qui veut faire entrer en maison de retraite une personne qui s'y refuse de saisir le Juge sur ce seul point. Mais vous voyez bien que la loi fait tout le contraire en disposant que m&#234;me sous tutelle la personne choisit son lieu de r&#233;sidence, ce qui est totalement irr&#233;aliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est faux dans la mesure o&#249; la personne qui refuse de se laver pose d'abord un probl&#232;me de soin. Redisons-le : si elle est libre de ses choix, et si notamment ses fonctions sup&#233;rieures lui permettent cette libert&#233;, alors la solution est simple : ou bien elle accepte les r&#232;gles de la vie en collectivit&#233; ou bien elle quitte la collectivit&#233;. Mais en g&#233;n&#233;ral la personne qui refuse de se laver souffre de probl&#232;mes psychiatriques ou cognitifs. La loi a fait ce qu'elle pouvait (et vous savez ce que j'en pense), en d&#233;cidant que &lt;i&gt;lorsque le patient est hors d'&#233;tat d'exprimer sa volont&#233;&lt;/i&gt;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#224; vous,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.C.&lt;/p&gt;</description>
        <dc:creator>Michel</dc:creator>
    </item>

    <item>
        <title>Malice, ruse, mensonge</title>
        <link>http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article152#comment16745</link>
        <dc:date>2020-07-30T09:12:57Z</dc:date>
        <description>&lt;p&gt;Bonjour Michel, &lt;br class=&#034;autobr&#034; /&gt;
l'&#233;thique fonde le droit tout en restant partiellement inaccessible : identifier les principes en jeu, identifier les principes qu'il faudrait ne pas appliquer, identifier les principes qu'il ne faudrait absolument pas &#233;carter, tout cela selon un objectif, des valeurs ou d'autres principes plus ou moins explicit&#233;s par les r&#232;gles de droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans l'exemple que vous donnez d'une personne qui ne veut pas se laver, la question n'est-elle pas tout simplement celle du droit de la personne &#224; d&#233;cider de se laver ou pas ? Qu'en serait-il d'un enfant ? N'est-ce pas au droit de dire si le soignant peut et quand d&#233;cider pour la personne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#224; vous,&lt;/p&gt;</description>
        <dc:creator>unautre</dc:creator>
    </item>

    <item>
        <title>Malice, ruse, mensonge</title>
        <link>http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article152#comment16744</link>
        <dc:date>2020-07-30T06:30:51Z</dc:date>
        <description>&lt;p&gt;Bonjour, Dom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;j&#224; parl&#233; de cet exemple, et vous savez combien je partage votre point de vue. Quand on veut reconstituer autour du d&#233;ment un monde qui serait &#171; comme chez lui &#187;, on ne fait que manifester sa m&#233;connaissance crasse de ce qu'il vit r&#233;ellement, et qu'un peu d'observation permettrait pourtant de d&#233;couvrir (ah, l'anosognosie&#8230;). Pire : comme vous le soulignez, on le place dans un monde qu'on pourrait &#224; bon droit qualifier de kafka&#239;en, monde qui est &lt;i&gt;comme chez lui&lt;/i&gt; alors que la seule chose qu'il n'a pas oubli&#233;e c'est qu'il n'est &lt;i&gt;pas chez lui&lt;/i&gt;. Le monde du &lt;a href=&#034;https://www.dailymotion.com/video/x77hsl&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel='nofollow external'&gt;&lt;i&gt;Prisonnier&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, en somme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais j'apporterais deux r&#233;serves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re est, bien s&#251;r, qu'il ne faut pas &#234;tre cat&#233;gorique : ma belle-m&#232;re a voulu des meubles qui lui rappellent sa maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde est beaucoup plus importante : ce dont je parle &#224; propos de la variabilit&#233; du bien ne rel&#232;ve d'une ignorance mais d'un questionnement philosophique majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment fait-on pour d&#233;finir le beau ? Nous savons tous que c'est un probl&#232;me infernal, et que dans le mus&#233;e nous n'avons pas plus de ressources que Monsieur Jourdain. Nous admirons la Joconde parce qu'il y a un surmoi culturel qui nous interdit de la trouver moche ; pour avoir lu, relu et approfondi je suis devenu (relativement) capable d'admirer le travail du peintre, de saisir son id&#233;e, de ressentir une certaine &#233;motion devant l'&#339;uvre. Mais je n'en voudrais pas chez moi. N'allons pas plus loin, ce n'est pas le lieu ; ne dissertons pas de la diff&#233;rence entre le joli et le beau. Je crois savoir que Kant sert toujours de r&#233;f&#233;rence dans ce domaine, mais quand il &#233;crit : &lt;i&gt;le beau est ce qui pla&#238;t universellement sans concept&lt;/i&gt;, je veux bien un exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va de m&#234;me pour le bien ; je crois m&#234;me que cette question pourrait &#224; elle seule r&#233;sumer toute l'histoire de la philosophie. Les conceptions changent pour des raisons somme toute l&#233;gitimes : par exemple pour un philosophe grec l'homme digne de ce nom garde son autonomie de d&#233;cision quelles que soient les circonstances ext&#233;rieures et les adversit&#233;s qui l'assaillent ; pour un marxiste il y a les libert&#233;s fondamentales et les libert&#233;s formelles. Mais elles changent aussi pour des raisons beaucoup plus glauques d'opportunit&#233;, comme on le voit tous les jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour moi la principale critique &#224; adresser &#224; l'&#233;thique t&#233;l&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne m&#233;connais pas que ma formation chr&#233;tienne me fait plus proche de l'&#233;thique d&#233;ontologique : je n'aime pas l'id&#233;e qu'on pourrait se passer de principes (ce qui ne m'emp&#234;che nullement de choisir le principe qui m'arrange, et m&#234;me, en tant que de besoin, d'en inventer). Mais il demeure que je ne saisis pas comment on peut fonder une &#233;thique sur une notion aussi mouvante que le bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#224; vous,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M.C.&lt;/p&gt;</description>
        <dc:creator>Michel</dc:creator>
    </item>

    <item>
        <title>Malice, ruse, mensonge</title>
        <link>http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article152#comment16743</link>
        <dc:date>2020-07-29T22:09:00Z</dc:date>
        <description>&lt;p&gt;&#034;Une chose est bonne si elle fait le plus de bien possible au plus de monde possible. Soit. Encore faudrait-il d&#233;finir un peu plus pr&#233;cis&#233;ment ce qu'est le bien.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et plus pr&#233;cis&#233;ment encore, quel est le bien qui fait &#034;le plus de bien possible&#034; &#224; la personne &#224; qui l'on veut du bien. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai un exemple pr&#233;cis en t&#234;te : il s'est produit, je crois, dans les derni&#232;res d&#233;cennies, une assez grande r&#233;volution dans la prise en charge des personnes &#226;g&#233;es d&#233;pendantes, lorsque l'on s'est avis&#233; que toutes d&#233;mentes qu'elles soient, elles avaient juste envie de vivre &#034;comme avant&#034;. Il s'en est suivi un certain nombre d'initiatives visant &#224; &#034;humaniser&#034;, &#224; &#034;personnaliser&#034; l'environnement collectif qui devient, par la force des choses, leur dernier lieu de vie. Cela va de la (forte) suggestion aux familles de &#034;meubler&#034; la chambre (individuelle) de leur proche avec un maximum de photos, de bibelots, de meubles, d'objets familiers ou de linge de toilette personnel, jusqu'&#224; la cr&#233;ation de v&#233;ritables &#034;villages factices&#034; qui miment la vie &#034;normale&#034;, avec &#034;sup&#233;rette&#034;, salon de coiffure vintage et wagon de train derri&#232;re les vitres duquel d&#233;filent des paysages. Il semble aujourd'hui qu'il existe un consensus sur l'excellence de cette approche. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ma part, je n'y ai jamais cru. J'ai d&#251; &#034;placer&#034; ma m&#232;re en EHPAD quand il lui est devenu impossible de rester chez elle, quelle que soit l'armada d'assistance d&#233;ploy&#233;e pour la maintenir &#224; domicile. Et comme d'innombrables proches d&#233;vor&#233;s par la culpabilit&#233;, j'ai d&#251; affronter, &#224; chaque visite, la redoutable question : &#034;Quand est-ce que tu me ram&#232;nes chez moi ?&#034; (avec toutes ses variantes). Comme d'innombrables proches, j'ai menti &#224; moiti&#233; : &#034;Pour le moment il faut d'abord que tu te retapes un peu&#034;. Autrement dit, j'ai jou&#233; la carte du &#034;provisoire&#034;, parce que d&#233;j&#224; aussi &#034;loin&#034; qu'ait &#233;t&#233; ma m&#232;re, si il y a bien une chose dont je suis s&#251;re qu'elle &#233;tait clairement et parfaitement consciente, c'est que l'EHPAD, c'&#233;tait pas &#034;son chez elle&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai donc refus&#233; de &#034;personnaliser&#034; sa chambre, j'ai pos&#233; sa valise en &#233;vidence, et je l'ai pourvue d'une large quantit&#233; de serviettes de toilette d'h&#244;tel, uniform&#233;ment blanches. Fiction pour fiction (ou mensonge pour mensonge), celui-ci m'a sembl&#233; moins &#034;malhonn&#234;te&#034; que l'autre. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai donc, personnellement, choisi pour ma m&#232;re ce que je pensais lui &#234;tre &#034;le plus grand bien possible&#034; - c'est-&#224;-dire lui laisser l'espoir d'un retour en arri&#232;re. Je ne pr&#233;tends certainement pas que mon choix &#233;tait plus juste ou mieux avis&#233; que celui de la science g&#233;riatrique moderne, je veux juste montrer qu'il n'existe probablement pas, dans ce domaine, de &#034;bien absolu&#034; qui balayerait toutes les objections et r&#233;glerait toutes les questions &#233;thiques que l'on peut se poser lorsqu'on veut &#034;faire au mieux&#034;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;</description>
        <dc:creator>Dom</dc:creator>
    </item>


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