L'affaire Michèle de Somer - commentaires L'affaire Michèle de Somer 2012-05-21T16:26:19Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article100#comment8565 2012-05-21T16:26:19Z <p>Bonjour, et merci de ce message.</p> <p>Pour vous répondre correctement, il faudrait avoir été sur place. Je ne peux donc le faire que sous réserves.</p> <p>Le cas d'Hervé Pierra a fait l'objet d'une mission d'investigation composée notamment de médecins de soins palliatifs. Pour autant que je sois bien informé, les résultats avaient été que la prise en charge médicale avait présenté des lacunes. Je crois me souvenir que l'équipe avait déclaré avoir procédé à une sédation. Mais je rectifierais ce point immédiatement s'il s'avérait que mes données sont fausses.</p> <p>Simplement ce n'est pas binaire : supposez un malade dans un coma profond : il n'y a nul besoin de lui donner des sédatifs. Quand on a affaire à un malade dont la conscience est altérée de manière plus légère, il est souvent très difficile de trouver la bonne dose. Personnellement j'avais compris que les médecins lui avaient donné des sédatifs, mais pas suffisamment. Dans ces conditions il est possible de dire à la fois qu'il a eu une sédation et... qu'il ne l'a pas eue.</p> <p>Laissons cela, qui n'est pas le plus important pour ce que j'essayais de dire. Ce cas me semble emblématique d'autre chose : il est impossible à l'entourage d'évaluer la souffrance du malade, non seulement parce que c'est un métier, mais surtout parce qu'on ne voit pas comment il serait possible de faire la part de la souffrance du malade et de la souffrance de celui qui le regarde. Je me souviens d'avoir entendu les parents d'Hervé Pierra à la télévision. Ce qu'ils disaient avoir été le pire pour eux était le spectacle de ces crises convulsives incessantes ; et certes il n'est pas difficile de comprendre pourquoi. Reste ce que tous les épileptiques vous diront : ils n'assistent <i>jamais </i> à leur propre crise, parce qu'elle se déroule dans un coma profond. La souffrance de l'épileptique vient précisément de cela : de ces épisodes de sa vie qui lui échappent complètement.</p> <p>Je ne dis pas davantage qu'il n'y avait pas d'autres sources de souffrance. Je ne dis rien, d'ailleurs, parce que je n'y étais pas. Tout ce que je crois c'est que ce cas est le type même de situation qui ne peut être brandie à l'appui d'une légalisation de l'euthanasie.</p> <p>Bien à vous.</p> <p>M.C.</p> L'affaire Michèle de Somer 2012-05-21T15:36:35Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article100#comment8564 2012-05-21T15:36:35Z <p>Bonjour, je pense qu'une erreur s'est glissée dans cette phrase : <br class="autobr" /> <i>"On se souvient de l'affaire Hervé Pierra, pour qui cette technique avait été mise en place, et dont les parents ont rapporté qu'elle avait abouti à un cauchemar."</i></p> <p>Sur le blog des Parents d'Hervé on peut lire :</p> <p>"Notre fils Hervé Pierra est resté plongé dans un coma végétatif chronique irréversible pendant 8 ans 1/2. Il est décédé après application de la loi Léonetti sans sédation en 6 jours cauchemardesques. "</p> <p>C'est donc le contraire, sauf mauvaise interprétation de ma part.<br class="autobr" /> Cordialement.<br class="autobr" /> M. FRERE</p> L'affaire Michèle de Somer 2012-04-01T14:14:33Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article100#comment8452 2012-04-01T14:14:33Z <p>Bonjour, Camille.</p> <p>C'est effarant, en effet. Il y a donc des gens qui se figurent que de telles décisions se prennent comme ça...</p> <p>Auriez-vous encore les références de ce forum ?</p> <p>Bien à vous,</p> <p>M.C.</p> L'affaire Michèle de Somer 2012-04-01T11:03:36Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article100#comment8451 2012-04-01T11:03:36Z <p>Bonjour,à propos de cette affaire,l'été dernier,j'ai lu noir sur blanc dans un forum catholique que la mère de cet handicapé aurait pu elle-même résoudre le problème en débranchant les tuyaux utiles aux fonctions vitales..au lieu de tout médiatiser..Alors que ce soit du côté de l'ADMD ou du côté des pro-vie,il y a vraiment des positions plutôt choquantes.Je tenais à vous le signaler.Bien à vous.</p> L'affaire Michèle de Somer 2011-07-17T18:00:38Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article100#comment6469 2011-07-17T18:00:38Z <p>C'est vrai, la loi contraint. Mais il faut se souvenir, me semble-t-il, de trois points. <br /><img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Comme je l'ai dit, la loi vise à organiser la vie en société ; elle n'a rien à dire sur ceux qui veulent la quitter. <br /><img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> La loi n'est pas tenue de faciliter toutes les pratiques. Elle ferait d'ailleurs courir, si elle le faisait, un danger majeur à la société. Un exemple, bien inadapté certes car il ne s'agit pas de comparer les deux problématiques, est celui des accidents de montagne : on ne peut en aucun cas interdire aux promeneurs inconscients de prendre des risques, mais comment la loi pourrait-elle réglementer une telle pratique ? De même on ne voit pas qu'elle puisse organiser le suicide, surtout quand on sait que l'écrasante majorité des tentatives ne correspond pas réellement à un désir de mort. <br /><img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Il faut se souvenir que dans les faits la justice ne prononce pas de véritable sanction pénale de l'aide au suicide : la seule exception que je connaisse est celle de l'affaire de Saint-Astier, et je garde le sentiment que le médecin y aurait échappé à toute condamnation si elle n'avait pas persisté dans la revendication de son geste.</p> <p>Je continue donc à penser que le plus prudent, le plus logique, et finalement le plus honnête est le <i>statu quo</i>...</p> <p>Bien à vous,</p> <p>M.C.</p> L'affaire Michèle de Somer 2011-07-17T12:04:33Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article100#comment6468 2011-07-17T12:04:33Z <p>Mais c'est aussi un principe juridique que l'impossibilité pour la loi que de tout prévoir ainsi que les questions d'ordre personnel.</p> <p>Cependant, la loi contraint de plusieurs façons. Ne pas assouplir l'administration de traitements ayant pour effets secondaires d'abréger la vie, c'est maintenir les sanctions probables pour homicide, et c'est limiter la personne dans des choix qu'elle aurait été libre et digne de faire dans d'autres circonstances.</p> <p>Je ne suis pas spécialiste de la question, mais je vois bien les amalgames que vous dénoncez, et la nécessité impérieuse de distinguer finement l'euthanasie, le non-acharnement thérapeutique, et le refus de soin de la part du patient, à analyser systématiquement dans un contexte en particulier juridique.</p> <p>Je suis d'accord sur la nécessité d'une loi souple, partielle, discrète et non obligatoire pour ce qui relève des effets secondaires principalement recherchés. Mais je n'ai pas l'impression que la loi actuelle soit parfaite. Bien qu'elle soit plutôt efficace concernant les exemples que vous donniez dans un autre billet, exploités à tort par les partisans de l'euthanasie.</p> <p>D'autre part, je pense que toute disposition doit être compatible avec la mission du médecin. Car même si le cas implique un choix exceptionnel, cela ne devrait pas réduire ou pervertir ses obligations normales et générales.</p> <p>Je prends le temps de me documenter, en particulier sur les textes légaux qui semblent éparses. Si j'ai une idée lumineuse, je vous en fais part.</p> <p>Bien à vous.</p> L'affaire Michèle de Somer 2011-07-16T17:46:41Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article100#comment6448 2011-07-16T17:46:41Z <p>Bonsoir.</p> <p>Je crois que vous posez les bons problèmes. C'est effectivement une question de société mais qui est totalement personnelle.</p> <p>Et comme vous l'avez sans doute compris, ma réponse est qu'on ne peut pas légiférer sur des questions personnelles. C'est tout, simplement tout.</p> <p>Le législateur commettrait une grave imprudence en facilitant l'exercice du suicide. D'autant que, contrairement aux âneries qu'on colporte, les techniques du suicide propre sont à la portée de quiconque cherche. C'est déjà bien assez.</p> <p>Ajoutons que les partisans de l'euthanasie ne perdent pas une occasion de dire qu'il faut une loi pour réduire les 50 000 euthanasies clandestines qui se pratiquent en France tous les ans ; je ne vais pas leur demander comment ils comptent les euthanasies qu'on ne connaît pas, mais j'aimerais qu'ils m'expliquent comment la légalisation d'une pratique en réduit le nombre...</p> <p>Bien à vous,</p> <p>M.C.</p> L'affaire Michèle de Somer 2011-07-15T19:17:58Z http://www.michel.cavey-lemoine.net/spip.php?article100#comment6428 2011-07-15T19:17:58Z <p>La question, bien que de société, est personnelle à un moment donné et dans une situation donnée. Et il faudrait une réponse personnalisable.</p> <p><img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Comment inscrire légalement un droit de mourir sans légiférer sur le suicide ? <br /><img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Comment éviter de donner le droit de tuer ? <br /><img src='http://www.michel.cavey-lemoine.net/squelettes-dist/puce.gif' width="8" height="11" class="puce" alt="-" /> Comment éviter que cela ne se transforme en obligation dans certains cas de figure ?</p> <p>En laissant effectivement une souplesse d'appréciation au cas par cas. Cependant, il semble que la loi n'ait pas cette souplesse dans deux cas : celui où le patient ne peut s'exprimer clairement, et celui où le patient n'est pas en phase terminale.</p> <p>Cependant, quelle que soit la souplesse de la loi, on peut imaginer que le patient puisse s'obstiner à vivre et à rendre infernale la vie de son entourage. La question serait alors celle de la prise en charge plutôt que celle du droit de mourir.</p>